Région des forêts. C'est le centre de la Serbie actuelle
ô. Karageorge fut assassiné à l'instigalion de Miloch Obrenovitcb,
Wl ' I. E Md.NDK SI, AVK.
Que gaguerons-nous ù cela? nous tomberons du joug des pachas sous celui du vizir. — Patience ! réplique Novko dans une langue imagée qui rappelle celle des pesmés populaires, tout vient avec le temps ; le jour ne vient pas sans l'aurore, ni l'aurore sans l'aube. Le jeune aiglon veut atteindre les hauts sommets; il aie désir, mais il n'a pas la force; il s'enfuit du nid, il s'envole, il tombe... et se brise sur les rochers... Les Bosniaques ne sont encore que des aiglons. — ■■ Et ils décident le soulèvement de la Bosnie.
La scène cliange : Alipacha a reçu des nouvelles de l'insurrection (]ui se prépare, mais il ne se sent pas assez fort pour la comprimer par la force; il veut la prévenir par la douceur. Meirima, tout occupée de sou amour trompé, s'abandonne à ses désirs de vengeance. Chérifa a, pour le soir, ménagé une entrevue entre Jivan et elle, dans le jardiu de son père. Elle l'accepte et s'y rend avec l'idée bien arrêtée de tuer l'infidèle. Jivan est venu lui dire un dernier adieu; il la suppliede l'oublier, il lui reproche d'avoir fait enlever Loubitsa.
MEIRIMA.
Oui, j'ai promis ma main à Osman sil enlevait Loubitsa: car je veux me venger de loi. Je ne veux pas te donner un moment de repos, je veux empoisonner tout le bonheur que tu peux goûter auprès de cette femme. Je le veux... me comprends-tu?... Tu as violé tes promesses. Tu as rejeté celle que lu poursuivais naguère; lu as flétri ce que tu aimais! Oh! puissé-je l'infliger les tortures les plus affreuses : ce que lu souffrirais ne serait rien eu comparaison de ce que je souffre ! Et lu viens m'insulter ici ?
LE DRAME MODERNE EX SERBIE. l;).)
JIVAX.
Tu me juges d'après les apparences. Mais tu ne connais pas mon cœur...
MEIRIMA.
Je te juge d'après tes actions. Que peuvent des paroles quand les faits parlent?... Aucune violence ne t'a contraint, tu as agi librement.
JIVAX.
J'ai cédé à une violence plus terrible que celle du sabre... à ma conscience.
MEIBIMA.
Et c'est ta conscience qui t'a obligé de te jeter contre les Turcs, de leur arracher Loubitsa? Oh ! infidèle, que ne me dis-tu simplement : Meirima, je ne t'aime plus: Loubitsa a pris mon cœur.
JIVAX.
Tu m'obliges à dire ce que j'aurais voulu taire. Cette Loubitsa dont tu me fais un reproche, sache que je lui ai cent fois souhaité la mort, que je l'ai souhaitée à moimême. Cent fois j'ai pensé à m'enfuir chez les heydouks pour échappera cet affreux mariage, et, quand j'ai appris que les Turcs l'avaient enlevée, je te le jure, je m'en suis réjoui. Mais mon père me soupçonnait d'avoir, en secret, provoqué cet enlèvement. La crainte de la honte m'a jeté à la poursuite d'Osman. Plût à Dieu qu'en le poursuivant, j'eusse perdu ma vie dans la montagne!
MElRlMA.
Je ne survivrai pas à mon malheur ; le jour de ton mariage sera celui de ma mort. Il ne me reste plus qu'à mourir.
JIVAX, avec jmssion.
Ah ! je mourrai avec toi : et ma mort retombera sur l'âme de mon père qui m'a forcé à ce mariage.
Ini I. E MONDE SLAVE,
MEIRIMA.
Par Allali ! dis-tu la vérité ? Est-il possible que tu m'aimes encore?
JIVAX.
Pauvre enfant ! et quand donc ai-je cessé de t'aimer?
MEIRIMA.
Jivan. si tu ne me trompes pas. nous pouvons encore tout réparer. Je sais comment gagner mon père : dis seulement une parole, et nous serons heureux pour toujours. Avec le nom et la fortune de mon père, avec la bravoure et ton génie, tu seras le premier seigneur de la Bosnie. Et, si tu es las de la Bosnie, Alipaclia est assez aimé à Stamboul pour (|ue les portes brillantes du Divan s'ouvrent aisément à son gendre. Tu siégeras à côté du sultan. Amour, fortune et puissance, je t'apporte tout, ô mon Jivan! Peux-tu me refuser ?
JIVAX.
Ta voix, tes discours, les baisers, feraient descendre un ange du ciel... laisse-moi, je ne puis sacrilier ma foi... je ne le puis.
MEIRIMA.
Garde en ton âme la foi que lu voudras '. Prends seulement un nom turc ! Oh! tu peux le faire sans rien sacrifier !... ^'e me réponds pas non ! La foi est-elle donc si forte chez vous? Vous lui sacriliez loul. Moi aussi je lui immolerais tout, mais non pas mon amour. Devant lui je ne vois plus rien dans le ciel, plus rien sur la terre. lardonne-moi?