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de l'émigration, Langiewicz en tête, vont se mettre au service de la Porte. Contre qui? Contre les Russes? Non pas; mais contre les Bulgares, contre les Serbes, c’est-à-dire, contre leurs frères Slaves, contre des peuples qui, comme la Pologne, réclament la vie et l’indépendance! C’est une chose étrange que l’aveugle enthousiasme de certains Polonais pour la nouvelle Autriche; il leur a fait oublier et le partage de la Pologne et les massacres de la Galicie en 1846, etl'annexion brutale de Cracovie, et l’odieuse conduite du Gouvernement autrichien lors de la dernière insurrection. Certes, le cabinet de Vienne n’avait à son service ni Kalmouks, ni Sibérie; mais l’état de siège proclamé en Galicie,. la suppression des journaux, la mise en jugement de dix mille jeunes gens, femmes et enfants condamnés à la prison ou à l’amende, pour cause de patriotisme, témoignent assez des sentiments que l’Autriche portait naguère aux Polonais. Ils avaient cependant trouvé chez les Slaves, notamment chez les Tchèques, d’ardentes sympathies dont ils auraient pu être plus reconnaissants. Pour ne citer qu’un exemple, la Gazelle nationale de Prague, à qui son zèle pour la Pologne avait valu plus d’une condamnation, est devenue russophile après s’être convaincue qu’il n’y avait plus à compter sur les Polonais.
Telles sont les explications que des hommes graves, des publicistes éminents m’ont données à Agram et ailleurs, sur ce prétendu panslavisme dont l’Europe est menacée. Quelques-uns d’entre eux revenaient de ce fameux voyage de Moscou qui a tant ému l’Europe
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l’an dernier U J’en avais suivi les diverses étapes dans les journaux slaves ; j’ai pu vérifier leurs assertions par celles de témoins oculaires, et je me suis convaincu qu’on avait singulièrement chez nous exagéré l’importance de cette expédition. Ainsi, on croit généralement que l’exposition, ethnographique de Moscou a été improviséepar les hommes d’État russes au lendemain du désastre de Sadowa, dans le but évident d’attirer en Russie tous les Slaves et d’affaiblir encore l’Empire déjà si profondément ébranlé. Mais le projet d’Exposition avait été émis, dès l’automne de 1 864, par la Société d’histoire naturelle de Moscou, et comme, dans un État aussi vaste que la Russie, il fallait le temps de rechercher et de rassembler les matériaux, on décida qu’elle aurait lieu au printemps de l’année 1867. Un comité d’organisation fut nommé. Il proposa de convier les savants slaves à envoyer à Moscou des mannequins, des costumes, des crânes, des photographies et autres accessoires de la science ethnographique; enfin, une souscription fut ouverte pour offrir à un certain nombre de Slaves l'hospitalité pendant l’Exposition. Que certains russes, en autorisant cette souscription, aient eu quelque pensée politique, c’est ce qu'il serait absurde de nier. Mais les Slaves invités par le comité de Moscou, historiens, archéologues, journalistes, n’ont pas cru, pour cela, devoir refuser l’hospitalité qu’on leur offrait. Quatre-vingts personnes, dont soixante-trois sujets autrichiens, se rendirent à Moscou. Elles n’avaient reçu de leurs compatriotes aucun