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\A côté du slavisme politique qui, ainsi qu’on vient de le démontrer, est moins une arme offensive dans le présent, qu'une garantie pour l’avenir, contre l’ambition germanique, la Croatie cherche dans le développement de sa littérature le maintien et le développement de sa nationalihUpepuis que la censure n’existe plus, l’histoire, la poésie, la philologie même, offrent aux nations slaves ffn terrain peu accessible à la persécution, et qu’elles défrichent avec une fiévreuse activité. Il y a cinquante ans que la bohème constata la première, d'une façon scientifique, les relations intimes qui existent entre les divers membres de la famille slave, et dont on avait eu, jusque-là, qu'une notion purement instinctive. Le panslavisme s’est, tout d’abord, manifesté dans des grammaires : il s’est étendu depuis à la littérature proprement dite, et en agrandissant son public, il lui a ouvert de nouveaux horizons. La renaissance littéraire, dont Prague fut le théâtre, eut à Agram un contre-coup presque immédiat : c’était la capitale où se concentrait l’activité intellectuelle et morale du royaume triunitaire : cette activité devint d’autant plus intense que les Magyares manifestaient pins hautement l’intention de l’étouffer. Au seizième siècle, Raguse avait produit une remarquable école de poètes ; la littérature slave avait dé-
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cliné eu Dalmatie sous la domination vénitienne : elle n’avait pu fleurir dans la Slavonie longtemps soumise au joug musulman ; il manquait aux Jougo-Slaves une langue littéraire unique, chaque province, chaque canton avait son dialecte. Vers 1830, un écrivain d'Agram, le docteur Louis Gaj (Gaï), eut l'idée de substituer à cette confusion l’unité d’orthographe et d'idiome. 11 comparait poétiquement l’Illy rie, (c’est le nom qu’on donnait alors au pays jougo-slave) à une lyre dont les cordes diverses, l'istrie, la Carinthie, la Croatie, la Dalmatie, la Slavonie, la Serbie, etc., ne demandaient qu’à, être accordées pour produire des sons harmonieux. Soutenu par d’éminents collaborateurs, il réussit dans cette tâche difficile. Eu 1834, parut le premier numéro d’un journal intitulé la Feuille croate, avec un supplément littéraire : l’Aurore croate , slavonne et dalmate. En quelques mois, ces deux journaux, grâce au talent de leur rédacteur, s’imposaient au public. Gai leur donnait le titre plus significatif de Feuille et A urore illyrienne. .
Cette dénomination fut acceptée, et l’illyrisme fut à l’ordre du jour, à Agram, à Layhaclf, à Raguse, à Zara, etc. Il se produisit alors à Agram quelque chose d’analogue à notre explosion romantique de 1830. Une légion de jeunes poètes apparut, et tous firent à l’envi résonner cette lyre que Gai avait si bien accordée. Dès 1840, se fondait une société littéraire (Matiça); elle se mit immédiatement à publier les œuvres les plus remarquables de l’ancienne littérature ragnsaine. En 1843, le gouvernement de M. Metternich, effrayé par