‹ Le Monde slave voyages et littératureChapitre 26 sur 68 · DK LU K AD K ET LES SERBES · texte numérisé non relu

DK LU K AD K ET LES SERBES

En quittant la place de l’Université, on rencontre la grande rue, le grand boulevard de Belgrade, la Terasia\ c’est une large avenue presque pavée, plantée d'arbres et ornée de constructions modernes, parmi lesquelles on remarque le palais du prince. Il n’est guère reconnaissable qu’au factionnaire qui a en garde l'entrée et au drapeau qui flotte sur son pinacle. Ce drapeau reproduit les trois couleurs françaises, mais disposées perpendiculairement à la hampe. Au milieu, sont brodées les armes de la principauté : une croix blanche sur un fond rouge, comme dans l’écusson de la Suisse ou de la maison de Savoie. Quatre C aux quatre coins de l’écusson rappellent la devise de la nation: Ça ma çloga çpasiva Cerbi, la concorde seule peut sauver les Serbes. Devise pratique s’il en fut, et dont les Serbes ont aujourd’hui plus que jamais besoin de se souvenir. A côté du konak du prince est situé le ministère des affaires étrangères. Du temps de M. Blanqui, « la chancellerie établie dans une pièce basse, tout en bois, se composait de quatre ou cinq rayons d’étagères grossièrement taillées, et de quelques liasses de lettres numérotées. Il n’y avait qu’un seul commis expéditionnaire, qui paraissait suffire aux exigences des affaires. » M. Blanqui, s’il revenait aujourd’hui à Belgrade, trouverait une chancellerie complète installée dans un hôtel du meilleur goût. Lorsque j’étais à Belgrade, le portefeuille des affaires était encore confié à un homme éminent, dont le nom est estimé dans toute l’Europe, M. Garachanine. Chef du cabinet serbe pendant huit ans, M. Garachanine

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