‹ Le Monde slave voyages et littératureChapitre 41 sur 68 · Viens ici · texte numérisé non relu

Viens ici

DE PARTS A PRAGUE. 189

tûmes populaires, des idées nationales et, si vous êtes philologue (ce que je vous souhaite), des variations dialectiques de l’idiome germanique. Là du moins vous ne rencontrez ni l'éternel diplomate en voyage, ni l’Anglais en quête d’une impression, ni le badaud parisien maudissant la cuisine de son dernier hôtel et s’inquiétant avant tout de savoir s’il trouvera de bon bordeaux dans le prochain; mais de braves paysans souabes à gilet rouge, à longue redingote, coifles de ce chapeau tricorne que nous n'avons vu qu’à l’Opêra- Comique, et tirant de longues bouifées d’une belle pipe en porcelaine. Là du moins, si vous ne voyagez pas seulement pour voir des maisons et îles montagnes, si vous croyez que l’homme n’est pas en somme le dernier animal de la création, vous trouverez ample matière à études et à réflexions. Le paysan wurtembourgeois ne voit pas de mauvais œil l'unification de la patrie allemande : seulement ce qui l’épouvante, c’est l’augmentation croissante des charges militaires: il a une petite dent contre la France dont la politique, dit-il, contribue singulièrement à cette augmentation '. Du reste, il ne demande, lui, qu’à vivre en paix avec ses voisins.

Le pays que nous traversons est riche, industrieux et agréable à l’œil. Si pressé qu’il soit, le voyageur aurait mauvaise grâce à passer à Stuttgard sans s’y arrêter. Stuttgard est une capitale, la capitale d’un royaume de 1,700,000 âmes le plus petit de l'Europe

Page 1