‹ Le Monde slave voyages et littératureChapitre 44 sur 68 · I) K PARIS A P R AG U K · texte numérisé non relu

I) K PARIS A P R AG U K

le serpent et la pomme. Cette œuvre naïve, éminemment catholique, fait aujourd’hui l’ornement d’une chapelle protestante. Telle était, à Nuremberg, la puissance de la tradition artistique, que les églises réformées, non-seulement ont gardé l’ornementation catholique, mais, même, ont accepté cette ornementation postérieurement à l’année 1530, où la ville reconnut la confession d’Augsbourg. Sur soixante mille habitants, Nuremberg ne compte encore aujourd’hui que six mille catholiques.

Le Sacmmenls-Hœuslein est un don d’une riche famille nurembergeoise; bien d’autres ex-voto parent l’église de Saint-Laurent; en dresser la liste, ce serait rappeler toutes les familles illustres qui l’ont, à diverses reprises, embellie de leur munificence. L 'église est comme un musée historique où revivent l’art et la piété des temps passés.

Saint-Laurent est, du reste, le seul monument remarquable du quartier qui porte son nom. Sur l'autre rive de la Pegnitz, nous trouvons groupés, autour d’une halle puante et pittoresque, la Frauenkirche, l’hôtel de ville, l’église de Saint Sèbaldus et d’autres merveilles. L’église de Notre-Dame (Frauenkirche) fut fondée par l’empereur Charles IV, dont le souvenir vit encore à Nuremberg, et dont nous retrouverons aussi à Prague l’influence bienfaisante. Au milieu du portail se dresse la statue de cet empereur en grand costume; sous cette statue est une horloge qui fut longtemps regardée comme une des merveilles de Nuremberg, ce berceau de l’horlogerie. Quand l’heure sonnait,

les sept électeurs du Saiut-Empire venaient gravement défiler devant l’empereur; ils ne sortent plus aujourd’hui de leur niche profonde. Le Saint-Empire est tombé; ils auraient honte de se montrer; mais qui sait si, prochainement, ils n’auront pas l’occasion de recommencer leur promenade pour venir s’incliner devant la statue d’un Ilohenzollern 1 ? — La Frauenkirche fut bâtie au quatorzième siècle sur les débris d’une synagogue; des sculptures de Krafft en font le principal ornement; on y remarque le meilleur tableau de l’école nurembergeoise du quatorzième siècle.

A côté de la Frauenkirche s’élèvent deux fontaines : l’une, œuvre naïve d’un disciple de Viseher, représente un jeune gars tenant, sous chaque bras, une oie dont le bec crache de l’eau. C’est la fontaine de l’homme aux oies (Gœnsemœnnchen) ; l’autre s’appelle la belle fontaine : Das schœne Brünnen , c'est une pyramide gothique sculptée à jour et flanquée de nombreuses statuettes. Les sept électeurs y figurent ainsi qu’il sied à la fontaine d’une ville impériale : on y trouve encore les principaux héros de l’antiquité sacrée et profane : Judas Macchabée, David, Clovis, Charlemagne et Godefroy de Bouillon, et les sept prophètes. Cette fontaine mérite son nom ; on la considère, à bon droit, comme un des chefs-d’œuvre de l’art gothique à son déclin. On en retrouve une copie à Prague sur le quai de la Moldau.

L’hôtel de ville de Nuremberg ( Rathaus ) se com-

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