I. E S THEATRES EN R C S S | E
qui influe sur les acteurs et sur le public lui-même.
Dans un théâtre libre, la valeur d’un artisLe dépend de la faveur que le public lui accorde; dans le théâtre officiel russe, elle dépend de la position qu’il occupe auprès du directeur.
Aussi voit-on souvent des artistes de mérite, réduits à abandonner leur carrière, tandis que de médiocres reçoivent des honoraires très-élevés. C’est le régime de la bureaucratie appliqué au théâtre; qu’importent à l’artiste les conseils de la critique? Ce n’est pas d’elle qu’il dépend, mais du directeur, personnage officiel, parlant, supérieur à toute critique. Le génie d’intrigue vaut mieux que le talent dans un pareil milieu. Cela n’a pas empêché certains artistes d’arriver à une haute réputation et à une popularité bien méritée; mais le niveau de l’art ne saurait s’élever d’une façon sérieuse dans ces conditions. Un artiste n’est jamais assuré d’avoir des appointements proportionnés à l’importance de ses rôles, ou à l’estime que lui accorde le public.
D’après la loi qui a pris soin de fixer les moindres détails, le traitement d’un artiste ne saurait excéder 1143 roubles? Pourquoi ce chiffre bizarre de 1143? C’est que la loi date de 1827, époque où le paiement se faisait en assignats; or, la loi de ! 827 fixe un maximum de 4,000 assignats, soit 1143 roubles, les assignats ayant depuis longtemps été retirés de la circulation. Cet ancien règlement n’est pas suivi; en général l’artiste est payé eu feux (à la représentation) et a droit à un bénéfice ; dans certains cas une indemnité