I. K- ORIGINES D U PANSLAVISME
grèrent en Russie, où on retrouve encore leurs descendants; beaucoup prirent du service en Russie ou y firent leurs études, par exemple, Raitch, le fameux historien des Slaves méridionaux.
r Nous voici arrivés aux limites du dix-neuvième siècle; les nombreux rapprochements que nous avons signalés se sont produits jusqu’ici sous l’influence de l’instinct ou de la tradition ; les systèmes ethnographiques, la politique scientifique ne sont pas encore élaborés. La théorie d'une politique panslaviste a pu être entrevue par certains esprits; elle n’est pas encore nettement formulée. CeLte théorie ne pourra s’établir que lorsque les historiens et les philologues en auront préparé les éléments. Tandis que la Russie grandit par les armes, l’érudition slave s’élabore lentement dans les livres de quelques savants bohèmes qui, assurément, ne se doutent guère des conséquences auxquelles doivent aboutir leurs studieuses élucubrations, sous l’influence des idées nouvelles que la Révolution française et le principe des nationalités ont apportées dans le monde européen. L’histoire de cette élaboration scientifique peut devenir elle-même la matière d’une étude non moins patiente et non moins minutieuse que celle à laquelle nous venons de nous livrer. Ce n’est qu’après l'avoir menée à bonne fin qu’on pourrait aborder, dans tous ses développements, l’histoire de l’idée panslaviste au dix-neuvième siècle. Nous avons en France, contre cette idée, bien des préventions; mais le rapide développement de la puissance allemande nous fait un devoir impérieux de