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CHAPITRE V

Le Comité général, après le Congrès de Lyon, ne se trouva plus composé que d’éléments ministérialistes. Ce ne fut pas encore une raison suffisante pour que les séances fussent paisibl es

La question Jaurès.

La première question qui fut soumise au Comité général, fut la question Jaurès. On reprocha au grand orateur socialiste d’avoir fait célébrer la première communion de sa fille, à Villefranche d’Àlbi.

M. Jaurès s’expliqua dans la Petite République du 11 juillet 1901. Après avoir rappelé qu’il avait, il y a trois ans, dit aux lecteurs de son journal ce qu’il était et ce qu’étaient les siens, M. Jaurès écrivait :

« J’ai dit que ma femme était chrétienne et pratiquante ctque, pour l’éducation des enfants, une transaction nécessaire était intervenue entre la mère, pratiquante et chrétienne, et le père, socialiste et libre-penseur. J’ai pensé aussi que je n’avais pas le droit d’interdire aux enfants de participer au culte, sous la direction de leur mère. Mais j’ai pensé aussi que mon devoir était, en les faisant élever dans des établissements laïques, d’assurer la liberté de leur esprit. A ce devoir je n’ai jamais manqué.

« C’est au lycée Molière que ma fille est élevée. Elle n’a pas eu, elle n’aura jamais d’autres maîtres que des maîtres laïques. Et j’espère bien que je saurai l’aider à s’élever, sans souffrance et sans crise, à ce qui est, à mes yeux, la vérité. »

Il ajoutait qu’il ne reniait rien de sa vie et qu’il appartenait à son parti « avec ses forces et avec ses faiblesses ».

Le 24 juillet, le Parti allemaniste saisissait le Comité général de ce cas étrange, d’un socialiste se disant anticlérical, dénonçant atout instant le cléricalisme et lui livrant son enfant. Non seulement la fille dcM. Jaurès avait fait sa première communion, mais elle aurait été préparée à cet acte religieux par les sœurs de Yillefranclie !

Pendant six semaines, on discuta. — De jeunes socialistes — M. Parsons entre autres — demandèrent queleparlisocialisteprit,pourravenir, certaines garanties contre les « défaillances » religieuses de ses membres. M. Briand faisait observer que le Comité général ne disposait d’aucun moyen de coercition contre la femme d’un membre du Parti socialiste. — Enfin, dans la séance du 29 août 1901,1a discussion générale était close par le procès-verbal suivant :

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