Réunion du Gymnase Pascaud, 27 mai
L’ignorance et la mauvaise foi, dit ce manifeste, prétendent que nous voulons supprimer la propriété individuelle ! Seuls, des aveugles — de nature ou de volonté — peuvent tenir un pareil langage. La propriété individuelle, qu’on nous accuse de vouloir abolir, mais elle meurt, mais elle est morte... Loin de menacer ce qui subsiste encore de la propriété réellement personnelle, la propriété paysanne, le Parti ouvrier a déclaré qu’aussitôt au pouvoir il la libérerait de tout impôt d’argent et de sang, ainsi que des dettes hypothécaires et chirographaires qui la rongent. C’est lui qui, à Marseille, a formulé un programme agricole également protecteur du cultivateur propriétaire, du journalier, du fermier et du métayer, et n’excluant que le rentier du sol, le parasite.
Que va-t-on clabaudant ? Que nous sommes le parti de la violence, que nous voulons attenter au suffrage universel, alors que depuis la formation des travailleurs en parti politique, ils n’ont jamais eu recours à d’autres armes que le bulletin de vote ?
Les violents! mais ne sont-cc pas précisément nos hommes d’ordre, les légalitaires des classes dirigeantes, qui emploient les charges de cavalerie et les décharges du Lebcl contre les plus légales des grèves !
On nous accuse d’internationalisme, disent encore les guesdistes.
« Le parti ouvrier français est le seul parti vraiment patriote! »
Le 28 février 1897, le Congrès régional de Paris flétrissait les ministres antipatriotes « qui mettent la France de la Révolution à la remorque du césarisme allemand et du césarisme russe ».
Et en mai 1898, une affiche était placardée sur les murs de Roubaix, pendant la période électorale, et on y lisait :