CHAPITRE II
LE PARTI SOCIALISTE DE FRANCE
(unité socialiste révolutionnaire)
Le Parti socialiste de France a été formé des trois éléments suivants :
Guesdistes ;
Blanquistes ;
Membres de l’Alliance communiste révolutionnaire (dissidents allemanistes).
Il fut formé le 3 novembre 1901, àlvry, sur les bases suivantes :
Le Parti socialiste de France (Unité socialiste révolutionnaire), fraction du prolétariat international organisé, poursuit l’émancipation du travail et de la société sur les bases suivantes :
Entente et action internationales des travailleurs ; organisation politique et economique du prolétariat en parti de classe pour la conquête du pouvoir et la socialisation des moyens de production et d'échange, c'est-à-dire la transformation delà société capitaliste en une société collectiviste ou communiste .
Parti de révolution y et par conséquent d'opposition à l'État bourgeois, s'il est de son devoir d'arracher
toutes les reformes susceptibles cVaméliorer les conditions de lutte de la classe ouvrière, il ne saurait en aucune circonstance, par la participation au pouvoir central, parle vote du budget, par des alliances avec des partis bourgeois, fournir aucun des moyens pouvant prolonger la domination de la classe ennemie .
Le Conseil cenlral du parti est composé de délégués élus par les fédérations restées fidèles (un par fédération), de trois représentants du groupe socialiste de la Chambre et de quinze membres nommés directement au scrutin de liste par les congrès annuels.
Les grands chefs sont : MM. Guesde et Vaillant qu’une haine profonde excite contre les réformistes de l’autre parti.
« Le prolétariat organisé, dit M. Jules Guesde, doit être un parti révolutionnaire, parce que seule la voie révolutionnaire appartient au prolétariat. Pourquoi renvoyer à je ne sais quelles calendes grecques l’avènement de la société nouvelle? Elle est là toute constituée dans le sein de l’ordre capitaliste. Il n’y a qu’un rideau de légalité à déchirer pour la voir apparaître... On accuse le socialisme d’utopie : Non, l’utopie est d’attendre que le prunier porte des poires, que la société bourgeoise se transforme entre les mains de ceux qui en bénéficient. La révolution sociale est la seule chose pratique. »
Né le 11 novembre 1845, à Paris en l’île Saint-Louis, M. Jules Guesde est, dit un de ses biographes, M. Louis Matlia, une évocation d’une figure de moine du Moyen Age. « Au Moyen Age, il eût été l'Inquisiteur ouïe Révolté scolastique : Dominique ou Luther. Avec sa tète de christ maladif, son grand front d'ivoire, ses yeux de feu derrière la glace de son lorgnon, sa voix
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stridente toujours en ascension vers des registres plus hauts, plus dominateurs des foules, il incarne la volonté froide, la doctrine incontestée. À la tribune du Palais-Bourbon, il était le seul cpii donnât aux représentants de la société actuelle le frisson que l’on éprouve devant l’ennemi hautain et irréconciliable. Les longues mains crispées sur l’appui de la tribune qu’elles labouraient d’un geste incessant, la silhouette penchée en menace, le masque anguleux avivé encore par l’effort de la haine froide, logique, voulue, et sa voix, toujours sa voix qui veillait et déchirait, il apparaissait comme l’entité du grincement, le symbole du non-apaisable, la synthèse des milliers de volontés qui attendent dans l’ombre, l’expression visible d’une Foi si rigide qu’il semblait possible de la casser net, mais non de la plier. Dans les réunions du peuple, ces angles ne s’adoucissent pas ; il demeure le profil de médaille qui n’admet pas de retouches, qui se fait accepter tel qu’il fut frappé à remporte-pièce de son propre vouloir, le conseiller inapte aux indulgences, implacable aux faiblesses, l’orateur démocrate à qui le schisme socialiste inspiré la même horreur que le schisme chrétien pouvait inspirer à un Innocent III L » M. Jules Guesde a été instruit par son père, conservateur et catholique, qui tenait une pension à Passy. Il a donc ignoré la promiscuité du collège et peut-être doit-on voir dans cet isolement de sa jeunesse les raisons qui développèrent de bonne heure son goût pour les études sérieuses. A onze ans, il apprenait par coeur les Châtiments; à dix-sept ans, il analysait la Critique de la raison pure; puis le voilà collaborant
1. Les hommes de la Révolution, par Michel Zévaco. Louis Matha, 15, rue cTOrsel.
aux journaux hostiles à l’Empire. En 1870 il fonde à Montpellier les Droits de VHomme. Au 4 septembre y il marche sur la préfecture de Montpellier à la tête d’une poignée d’hommes et s’en empare. Puis il se sauve à Genève, fonde un journal, le Réveil international', publie le Livre rouge de la justice rurale, passe en Italie, est nommé au concours professeur de littérature au collège de Maylie, fonde une section de l’Internationale, collabore à Yltalia nuova, écrit son Essai de catéchisme socialiste, où il est carrément anarchiste, est expulsé et rentre en Suisse.
En 1876 il revient en France, collabore aux Droits de VHomme, au Radical, fonde VEgalité, dont la collection est si intéressante, organise le parti marxiste français, et enfin se fait arrêter au Congrès international de 1878, interdit par la police.
Ce congrès devait se tenir au domicile de M. Isidore Finance, ouvrier peintre, — aujourd’hui sous-directeur du travail au Ministère du commerce, —104, rue des Entrepreneurs, à Grenelle. Lorsque les congressistes s’y présentèrent, ils trouvèrent la maison gardée par la police. Les organisateurs de ce congrès furent poursuivis et condamnés à la prison.
M. Jules Guesde était l’un de ces organisateurs. Devant la dixième Chambre, où il comparut le 22 octobre 1878, il présenta la défense collective de ses co-accusés, et cette défense eut un retentissement énorme, alors que le congrès eût sans doute passé inaperçu.
« Le premier usage que fit de la victoire le Tiers- Etat, de rien devenu tout, dit M. Jules Guesde, ce fut d’abolir le droit d’aînesse, ce fut, pour me servir d’une expression de Gambetta, de faire disparaître
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cet attentat qui consistait à dépouiller les uns au profit d'un seul dans les familles, pour satisfaire l'orgueil de la race, et d’appeler tous les membres de la communauté à une part égale dans le patrimoine commun. — Or nous ne poursuivons pas autre chose. — Nous voulons à notre tour faire disparaître cet attentat plus énorme, qui consiste à dépouiller dans la société le plus grand nombre, au profit du plus petit, pour satisfaire l'oisiveté de quelques-uns. — Si la substitution de la famille égalitaire à la famille féodale d’autrefois était commandée par l’équité, comment la substitution de la société égalitaire à la société féodale d’aujourd'hui pourrait-elle ne pas l’être? »
Condamné à six mois de prison, dont il passe la plus grande partie à l’hôpital, le chef désormais incontesté du collectivisme français achève son Manifeste à la France ouvrière et paysanne, qui servit de programme au Parti ouvrier. — En 1879 se tient le congrès de Marseille, où pour la première fois en 'France, le programme collectiviste est officiellement proclamé et reconnu. Et M. Guesde publie alors, en collaboration avec M. Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, Le programme du Parti ouvrier, ses considérants et ses articles.
M. Vaillant est né à Vierzon en 1840; il fut élève de l’Ecole centrale, ingénieur civil, médecin, chirurgien. — Elu conseiller municipal de Paris le 26 mars 1871, dans le huitième arrondissement, avec Raoul Rigault et Arthur Arnould, on le nomma délégué de
la Commune à l’Enseignement. Condamné à mort par contumace, il se réfugia à Londres et n’en revint qu’après l’amnistie ; il fut élu conseiller municipal de Paris et député en 1893. 11 l’a toujours été depuis. C’est un homme d’une absolue intégrité, très bienveillant et très entier dans ses opinions révolutionnaires.
Aux élections du 27 avril et du il mai 1902, guesdistes et blanquistes marchèrent ensemble au scrutin; mais les guesdistes, plus intransigeants, présentèrent un peu partout des candidats. Pour cela ils durent recruter des volontaires dans leur puissante fédération du Nord, que la défection de M. Delesalle, ancien adjoint au maire de Lille, n’avait pas réussi à démolir, et à les envoyer un peu partout sans argent et sans réputation. Dans les plus petites circonscriptions affluèrent ces héros. Il est inutile d’ajouter que dans presque toutes leur échec fut pitoyable et qu’ils recrutèrent un nombre ridicule de suffrages. Des candidatures même furent opposées aux socialistes ministériels. M. Lavigne 1 entreprit la lutte contre M. Jaurès dans son fief de Carmaux; mais il n’obtint que trois voix. D’autres récoltèrent jusqu’à quelques douzaines de suffrages.
Ils lancèrent le manifeste suivant :
Camarades, il y a quatre ans, c’est formée en un seul b'ioc
i. M. Lavis'ne est un des partisans les plus fidèles et un des esprits les plus intéressants et les plus sympathiques du guesdisme. Il s’est laissé mettre en faillite pour un tiers, afin de démontrer, n’étant plus éligible, que les guesdistes n’étaient pas des ambitieux, désireux seulement d’obtenir des sièges électoraux. Son misérable échec de Carmaux ne provient que de ce qu’il ne se présenta contre M. Jaurès que pour faire acte de protestation, et qu’il n’envoya aucun bulletin de vote et ne fit aucune propagande.
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ennemi que la bourgeoisie de toutes couleurs marchait contre le prolétariat et le socialisme. De Roubaix à Carmaux, de Nantes à Grenoble, sous les étiquettes politiques les plus divergentes, elle ne dénonçait, par l’organe de son Méline et de son Waldeck alors acoquinés, qu’un seul péril à conjurer : le collectivisme.
Aujourd’hui la tactique a changé : c’est à nouveau divisée contre elle-même que la même bourgeoisie capitaliste va se rencontrer, aux élections générales du 27 avril, avec la France ouvrière et paysanne, en travail de révolution et d’émancipation sociale.
Et nous ne pourrions que nous réjouir de la lutte engagée au sein même de nos adversaires de classe, s’ils n’avaient réussi à entraîner dans leurs querelles de boutique une partie de la classe ouvrière, voire la partie de cette classe qui, plus ou moins touchée par la propagande socialiste, commençait à se constituer à part.
La fraction en effet la plus intelligente delà bourgeoisie, pour prolonger un régime économique qu’elle sait condamné, a trouvé habile de mettre dans son jeu, sinon le socialisme, au moins certains socialistes, ou réputés tels, et grâce à l’arrivisme des uns et à la lassitude des autres, elle est parvenue à faire couvrir— partiellement et momentanément —du pavillon socialiste ses pires —et nécessaires —moyens de gouvernement, depuis les brigandages coloniaux jusqu’au traitement des grèves à coups de fusil, en passant par le budget des cultes augmentés des congrégations, l’alliance tsariste, et le trésor public dilapidé en primes de toute nature, au profit des grands voleurs de l’industrie et du commerce.
Cette « nouvelle méthode » heureusement démasquée à temps par le Parti ouvrier français et par le Parti socialiste révolutionnaire, a fini par se tourner contre ses machiavéliques inventeurs. A constater, après trois années d’une pareille collaboration, que rien n’avait été changé dans leur condition, que les retraites ouvrières promises avaient été remplacées par les chômages accrus et par de nouveaux déchirements dans le monde du travail, demandés à la multiplication des syndicats jaunes, et que, sous prétexte de minimum de salaire, l’État républicain, abdiquant son droit et son devoir, n’avait fait que réduire ses propres ouvriers et employés aux salaires moyens sortis de l’arbitraire patronal, les masses, qu’on avait espéré détourner de leur terrain de classe, ont compris le rôle de dupes qu’on avait voulu leur faire jouer, en ne leur ménageant au gouvernement que la'place nécessaire à la consécrat ion et à la consolidation de la domination bourgeoise.
Elles se sont rendu compte que, comme l’écrivait Jaurès en janvier 1898 :
« Le socialisme ne peut accepter une parcelle du pouvoir : il faut qu’il attende le pouvoir tout entier. Nous pouvons collaborer à des réformes partielles et nous y collaborons en effet, mais un parti, qui se propose la réforme totale de la société, la substitution d’un principe de propriété et de vie à un autre principe, ne peut accepter que l’intégralité du pouvoir. S’il en a seulement une part, il n’a rien : Car cette influence partielle est neutralisée par les principes dominants de la société présente. Les grands intérêts ennemis prennent peur, sans qu’on puisse les frapper, l’idéal nouveau n’est point réalisé, mais compromis, et il y a une crise capitaliste, dont le socialisme ne sort pas. »
Camarades,
En dehors de la totalité du pouvoir politique arraché à la bourgeoisie et occupé directement par vous, vous ne sauriez ni vous affranchir, ni même améliorer votre sort et, pour cette expropriation politique de la classe capitaliste, préface et moyen indispensables de son expropriation économique , les prolétaires ne peuvent compter que sur eux-mêmes, sur leur organisation et sur leur action de classe,
Aux divisions anciennes et nouvelles que l’on a introduites ou que l’on s’efforce d’introduire parmi eux, ils doivent opposer une union de plus en plus étroite, en ouvrant largement leurs rangs à tous les camarades, d’où qu’ils viennent, du moment que, quittant les états-majors bourgeois, ils rallient leur classe, son programme et son drapeau.
Il y a derrière tous les partis politiques de la bourgeoisie, constituant la force de ces partis, qu’il s’agisse de nationalistes, de cléricaux, de républicains ou de radicaux-socialistes, des travailleurs par centaines de mille, qui, se battant pour d'autres que pour eux , se sont en réalité battus contre eux et sont devenus responsables de leur exploitation économique maintenue.
C’est à tous ceux-là, artisans de leur propre misère et de leur propre servitude, que nous nous adressons; c’est à eux que nous disons :
Qu’attendez-vous ? Quelle nouvelle déception vous faudra-t-il, ou quel crime nouveau, contre votre classe, pour vous arracher à la garde d’intérêts qui ne sont pas les vôtres, qui sont la né gation et la suppression des vôtres?
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Aux politiciens qui vous ont ainsi immobilisés à leur profit et qui tenteraient de vous retenir au nom de la Patrie à sauver, répondez que cette patrie qu’ils ont monopolisée, dont ils ont fait leur chose et leur victime, n’existe pas encore pour vous, qu’elle est tout entière à créer et que vous allez la constituer pour tous, en restituant à la France, réconciliée dans tous ses enfants, le patrimoine commun et inaliénable de ses usines, de ses machines et de son sol.
Aux autres, qui oseraient vous réclamer pour le service permanent de leur République à défendre, répondez que le prolétariat a mieux à faire qu’à repêcher périodiquement une République, qu’ils n’ont su et ne peuvent que naufrager, qu’il a à faire sa République à lui, la véritable République, la République du travail.
Et, abandonnant à leur égale impuissance ces frères ennemis du capitalisme finissant, venez en masse à l’Unité socialiste révolutionnaire, venez au Parti ouvrier français, qui compte sur vous, pour faire de la prochaine victoire électorale.l’étape décisive vers la Révolution émancipatrice.
Au premier tour de scrutin, les guesdistes furent partout battus. Ils n’eurent pas un seul élu. Cela ne les empêcha pas tout d’abord de se maintenir dans leur farouche intransigeance et de déclarer, à Lille notamment, qu’ils continueraient au second tour la lutte contre le socialisme ministériel.
Leur isolement ne semblait cependant pas leur avoir procuré d’avantages. Un de leurs chefs, le maire de Lille, M. Delory, était en ballottage et on fut obligé de faire appel à la discipline républicaine pour obtenir son élection au second tour.
Il est curieux de voir le peu de progrès de T influence socialiste dans cette ville qui passa pour être la citadelle du guesdisme. Les élections municipales de Lille avaient donné, en 1896,10.000 voix aux socialistes et 12.000 aux « réactionnaires » ; les élections légis-
latives de 1902 donnaient 12.000 voix aux socialistes et 18.600 aux réactionnaires. — Aussi le Réveil du Nord, organe du parti socialiste, poussait-il ce cri d’alarme : « Dans deux ans, l’hôtel de ville de Lille appartiendra à la réaction ! » — On ne ferait d’ailleurs que suivre, à Lille, l’exemple donné à Roubaix, ou M. Motte venait de chasser de la mairie la municipalité socialiste, qui s’y était maintenue, pendant plusieurs années.
MM. Guesde et Zévaès étaient battus. Au second tour, MM. Delory, maire de Lille; Constant, maire de Montluçon; Baron, à Aix; J. Bénézech, à Montpellier, étaient nommés, et ils étaient les seuls représentants à la Chambre du Parti ouvrier français.
Le parti blanquiste avait retiré toutes les candidatures susceptibles de battre en brèche une candidature républicaine. Son chef, M. Vaillant, avait été élu au premier tour.
En résumé, l’Unité socialiste révolutionnaire se composait de il députés : MM. Allard, Coûtant, Bouveri, Dejeante, Chauvière, Constant, Dufour, Delory, Sembat, Thivrier, Vaillant, Walter.
Elle réclamait encore MM. Mathieu, nommé à Autun, et Selle, nommé à Valenciennes ; mais ce dernier était déjà accaparé par le Parti socialiste français (ministériel).
L’Unité socialiste révolutionnaire avait présenté des candidats dans 543 circonscriptions et obtenu un total de 299.853 voix, se répartissant ainsi :
Le Parti ouvrier français avait eu 494 candidats et
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175.266 voix. Sur ce chiffre, les vingt-deux candidats du département du Nord obtenaient à eux seuls 60.556 voix. — Les huit candidats de l’Isère en obtenaient 18.218, et les douze de la Gironde, 8.225.
Restaient 88.267 voix à répartir entre les quatre cent cinquante-deux autres candidats. Sur ce nombre, 292 n’avaient même pas obtenu une voix, beaucoup d’autres n’en avaient même pas recueilli dix.
Le Parti socialiste révolutionnaire (blanquiste) avait eu 39 candidats et 80.940 voix.
Les autres groupements : 10 groupes et 43.647 voix.
Les socialistes non classés : 23 candidats et 31.047 voix.
Le Parti socialiste de France se compose donc, ainsi que nous l’avons dit, de trois éléments, dont nous allons indiquer la formation :
Guesdistes.
Blanquistes.
Membres de l’Alliance communiste révolutionnaire.
GUESDISTES
Le parti guesdiste s’appelle officiellement Parti ouvrier français> ou P. O. F.
M. Guesde fut le premier organisateur d’un parti socialiste en France. 11 ne fut pas ba’nni, comme les combattants de la Commune, et il revint en France, avant eux, en septembre 187G.
Là, il trouva un commencement d’organisation ouvrière, très modérée, s’accomplissant sous la direction de M. Veyssier, directeur du Moniteur des syndicats ouvriers .
Les deux premiers Congrès ouvriers, celui de Paris en 1876 et celui de Lyon en 1878, avaient été composés presque uniquement de coopérateurs et de mutuellistes proudhoniens. Le collectivisme y avait été renié, l’emploi de la force répudié : « Nous ne sommes pas les révolutionnaires, disait le citoyen Bonne, nous sommes les pacificateurs 1 . »
Sous l’influence occulte de M. Guesde, les choses changèrent vite de face.— Le Congrès de Marseille, en octobre 1879, donna la majorité aux collectivistes, et le Congrès du Havre, en novembre 1880, amena la