FA FORMATION DE L’ŒUF
vibratiles; ilssontd’ailleurs de formes variées suivant les espèces : en virgule, en arc ou en spirale.
En même temps, Nawaschine faisait une autre découverte de la plus grande importance. 11 mettait en évidence le fait suivant :
tandis que l'un des anthérozoïdes va s’unir à l’oosphère pour former Y œuf proprement dit (spi, fig. 12), l’autre anthérozoïde va se conjuguer avec un des deux noyaux intermédiaires ou avec ces deux noyaux réunis (sp2, fig. 12 et fig. 15) qui sont vers le milieu du sac embryonnaire, et former un second œuf ou œuf accessoire.
L’œuf proprement dit donnera en se développant l’embryon, et par suite la nouvelle plante; l’œuf accessoire forme simplement un proembryon non différencié qui ac-
Fig. 12. — Double fécondation dans le sac embryonnaire du Topinambour :
tp, ps, restes de l’extrémité du tube pollinique; sp,, l'un des anthérozoïdes issu du tube pollinique se fusionnant avec le noyau no de l’oosphère pour donner le noyau de l’œuf proprement dit, origine de l’embryon; sp*, l’autre anthérozoïde se fusionnant avec le noyau secondaire ns du sac embryonnaire pour donner le noyau de l'œuf accessoire, origine de l'albumen; s, s', synergides; o , oosphère; ant, antipodes (grossi 400 fois) [d’après Nawaschine].
HISTOIRE DE LA FLEUR
cumule des substances nutritives dans ses tissus : c’est l’albumen.
Il en résulte ce fait imprévu, que l’albumen est comme le frère cadet de l’embryon proprement dit. Ce fait a été qualifié de «double fécondation». Une fois les œufs formés, pendant le développement ultérieur, le proembryon qui constitue l’albumen servira à nourrir l’embryon proprement dit. Le frère aîné est adelphophage ; il dévore son frère cadet pendant la maturation de la graine ou même pendant la germination; et c’est ce lent fratricide qui permet à l’embryon proprement dit de se différencier en une jeune plantule. En 1899, Guignard étudia ce phénomène avec détail (fig. 15 et 16) chez d’autres Phanérogames angiospermes, c’est-à-dire chez les plantes à fleurs dont l’ovule est renfermé dans un repli de la feuille carpellaire. La généralité de la double fécondation a été ensuite étendue à toutes les plantes de ce groupe, c’est-à-dire à toutes les plantes supérieures, à toutes les plantes à fleurs les plus connues.
D’après ces recherches, on voit que la sexualité de la fleur n’est pas située où l’on croyait l’avoir trouvée. Ce n’est plus l’étamine qui est vraiment l’organe mâle; ce n’est pas le grain de pollen qui est la cellule reproductrice mâle ; celle-ci n’est autre chose que l’un des anthérozoïdes formés ultérieurement dans le filament parasite sur la plante même, et qui provient de la germination du pollen. Ce n’est pas le pistil formé de carpelles, ce n'est
Fig. 13 et 14. — Les deux anthérozoïdes sp, et sp2 du tube pollinique de Topinambour (grossi 1000 f.) [d’après Nawaschine].