LA RÉDUCTION CHROMATIQUE
part, dans les cellules de l’ovule (macrosporange), où se produira le sac embryonnaire.
Le doublement chromatique se fait de môme
Fig. 165 à 168. — Schéma de la réduction chromatique : 1, cellule du sporophyte (»i, membrane ; pr, protoplasma; n, noyau); — 2, division d'une cellule du sporophyte ; il se formera deux nouveaux noyaux, iu, tt'j, à 8 chromosones chacun ; mt, nouvelle membrane ; — 3, les deux cellules ns, n' s du sporophyte sont cellules-mères des spores. Elles vont se diviser avec réduction chromatique; — 4, division de ces cellules avec réduction chromatique; les nouveaux noyaux ;/3, n'3, n'r3, n'"3, se forment avec 4 chromosomes au lieu de 8 (ou, en général, avec un nombre de chromosomes moitié moindre que celui des noyaux des cellules végétatives du sporophyte); m3, mf3, nouvelles membranes (grossi 300 fois).
au moment de la formation de l’œuf, lorsqu’un anthérozoïde, sortant du filament pollinique, se combine avec une oosphère renfermée dans le sac embryonnaire.
226 LA DOUBLE INDIVIDUALITÉ DU VEGETAL
De cette façon, on voit que l’œuf produit par la combinaison d’une cellule mâle et d’une cellule femelle, lesquelles peuvent provenir souvent de deux individus différents, renferme un filament nucléaire dont les chromosomes sont issus du père pour une moitié et de la mère pour l’autre moitié.
Ainsi se précisent, par un minutieux examen histologique, les caractères qui correspondent à l’hérédité.
D’autre part, ces dernières considérations mettent en évidence la différence profonde qui existe entre les deux tronçons superposés d’un même végétal, indépendamment des changements dans la forme extérieure du gamétophyte et du sporophyte.
Citons une application frappante :
La tige feuillée d’une Fougère a des cellules dont le nombre des chromosomes est double de celui des cellules du prothalle de la même plante; donc, la tige feuillée des Fougères appartient au sporophyte. Elle est, en effet, issue de l’œuf.
La tige feuillée d’une Mousse a des cellules dont le nombre des chromosomes est moitié de celui des cellules du sporogone de la même Mousse; donc, la tige feuillée des Mousses appartient au gamétophyte. Elle est, en effet, issue de la spore.
De pareils changements dans le nombre des chromosomes des noyaux s’observent çà et là, chez divers organismes inférieurs où l’alternance des formes n’est pas révélée nettement par les caractères extérieurs du développement.
On aperçoit ainsi chez ces plantes rudimentaires, comme les premières traces de cette double individualité du végétal que nous avons rencontrée dans tous les groupes.