CHAPITRE III
Pûpulalion primitive. — Mexique. — Amérique cenli-ale. — Antilles.
opulation primitive. — AuliTienremrnt à la domination espagnole, 1p5 Toltèques, el après eux les Aztèques, s'étaient clcYés à un degré de civilisation nssez remarquable. On attribue :iui Toltèques la construction des mnnuinents dont les ruines immenses étonnent encore aujourd'hui les voyageurs. Leur histoire, très confuse, parait remonter au vu' siècle de notre ère : après une période de quatre sii'des, ils auraient été refoulés dans le Yucatan par les Aztèques, quis'élahlirent dans le centre du pays et dont le dernier roi fut Montezuma.
C'est aujourd'hui une préoccupation constante des Américains de ratlacherl'histoire de leurs origines à celle de l'ancien monde . Aux pieds d'une statue monolithe en porphyre découverte à Palenqué, on voit un scarabée, qui naturellement fait songer A l'Egypte. De nombreux cachets, trouvés dans les ruines de l'antique cité, reproduisent des images symboliques exécutées en relief, el dans lesquelles on pourrait h la rigueur trouver une certaine parenté avec ceux de la Babylonie. Ces rapports toutefois ne sont pas assez frappants pour accepter certaines théories historiques, qui sont loin d'être encore convaincantes.
Le monument typique de ces indigènes est le Teocalli ou maison de Dieu. Le Teocalli est une pyramide quadrangulaire tronquée formée d'assises superposées. Elle est toujours orientée. Des escaliers conduisant il la plate-forme qui domine le monument sont disposés sur les quatre eûtes. Sur la plaie-forme, des tours renferment les idoles, une table de pierre sert aux sacrifices. Le Teocalli possi'de aussi des pièces intérieures
où l'on enterre les rois. Autour de lu pyramide i-é^nnit uuc vaste eiiceiiili; réwnée auxlogements des prêtres et aux magasins de guerre de la tribu, qui transformait au besoin l'édifice religieux en citadelle. Le peuple, qui n'a pas le droit de pénétrer dans l'enceinte sacrée du monument, se coiilenlede voir h distance la procession des préires qui montent sur lu plateforme de la pyramide pour adorer le soleil.
Les ruines les plus importantes se trouvent dans la partie méridionale dti Mexique ou dans te Yucatan. Nous signalerons d'abord, à quelques
kilomètres de Puebla. la fameuse pyramide de Cholula dont ta base a40i mètres sur chaque face et 59 mètrfes d'élévation. On monte par un escalier de 120 marches au sommet de ce Teocalii, qui présente une plateforme où on voyait jadis une statue du dieu de l'Air, qu'on a remplacée par imc chapelle de la Vierge. L'intérieur renfermait une chambre dans laqm-Uvon a trouvé des ossements, des vases otquelques idoles. Cegigunlesque édifice passe pour un ouvrage non terminé et qui aurait dii s'élever il une hauteur beaucoup plus grande. D'après une légende locale, les dieu\,e(Trayés de voir les hommes entreprendre un aussi immense travail, tirent tomber une pluie de feu sur les ouvriers qui construisaient lapyrainyde. Cholula. située dans une contrée volcanique, était au temps de
Montezuma, une ville extrêmement florissante, qui, suivant Las Casas, contenait 150,000 habitants.
Nous n'avons pas l'intention de décrire ici toutes les ruines américaines, et nous ne pouvons nous arrêter qu'aux plus caractéristiques. Il faut donc se contenter, malgré l'intérêt qu'ils présentent pour l'archéologie, de nommer en passant les restes d'Isamal et de Chichen-Itza, mais nous ferons une petite halte dans les ruines de Palenqué. Nous suivrons ici la description qu'en a donnée VioUet-le-Duc, dans un texte destiné à servir de commentaire aux photographies que M. Charnay a exécutées d'après les monuments mexicains.
« Oubliés au milieu des forêts, lesmonumentsde Palenqué ont échappé à la fureur de destruction des conquérants européens. Les édifices, ni comme plan, ni comme construction, ni comme décoration, ne ressemblent à ceux de la péninsule yucatèque. L'édifice principal de Palenqué, bâti ausommetd'une plate-forme, se compose d'une succession de grosses piles portant une voûte en encorbellement. Bâties en blocages, ces piles sont revêtues de stucs très durs ornés de sculptures autrefois peintes. Cependant les artistes qui ont élevé ces édifices savaient sculpter la pierre, et le bas-relief dit de la croix (fig. 158) a soulevé plus d'une question que je ne chercherai point à discuter ici ; je me bornerai à l'examiner au point de vue général de l'art. M. Charnay en a photographié la partie principale et la seule qui soit encore à Palenqué. Grâce à cette reproduction, dont on ne peut discuter l'exactitude, il est facile de voir que le personnage debout à côté de la croix, et qui semble faire une offrande au coq qui la surmonte, ne présente nullement les traits des figures d'Isamal, de Chichen-Itza et d'Uxmal ; son front déprimé, ses yeux saillants, son nez busqué, la distance énorme qui sépare le menton des narines, la compression de l'occiput, établissent un caractère de race étrangère à celles qui sont reproduites dans les sculptures de l'Yucatan.» — Viollet-Le- Duc.
Les ruines de Palenqué, qui occupent un emplacement extrêmement vaste, ont été découvertes au milieu du dernier siècle et ont été regardées pendant longtemps comme le reste le plus important de l'ancienne civilisation mexicaine. Aujourd'hui que la contrée est mieux connue, on attache généralement plus d'importance aux ruines de Mitla, qui sont situées dans la province d'Oaxaca, à environ 200 kilomètres de cette ville. Voici la description que Charnay fait des ruines de Mitla. « Les ruines de Mitla, qui occupaient au temps de la conquête un immense emplacement, ne présentent plus aujourd'hui que l'ensemble de six palais et trois pyramides ruinées. La place du village contient une bâtisse en carré long dont les revêtements de pierre n'offrent aucune sculpture ; d'une longueur de trente mètres sur une largeur de quatre environ, elle n'a qu'une seule ouverture, sur Tun des petits côtés. La destination funé-
raire ries palais de Mitla pourrait aussi lui être appliquée, en admettant, ™ sa simplicité, que cette sépulture était réservée à quelques personnages de second ordre.
Il La maison du curé est le premier édifice au nord, sur la déclivité de la colline. C'est un enchevêtrement de cours et de bâtisses, avec parements ornés de mosaïques en relief du dessin le plus pur. Sous les saillies des encadrements, on retrouve des traces de peintures toutes primitives où la ligne droite n'e.st pas même respectée : ce sont de
Rtt^rieure d'un des piU>« de Miila.
grossières figures d'idoles et des lignes formant des méandres dont la signification nous échappe.
•< Ces peintures se reproduisent avec la même imperfection, dans tout palais où un abri quelconque sut les préserver des atteintes du temps.
n L'incorrection de ces dessins accolés à des palais d'ime architecture si correcte, ornés de panneaux de mosaïques d'un si merveilleux travail, jette l'esprit dans d'étranges pensées : ne pourrait-on trouver l'explicalion de ce phénomène dans l'occupation de ces palais par une race moins avancée que celle des premiers fondateurs? C'est une simple hypothèse que j'émets.
« J'ui donné à celte^ première ruine l'cippellation de maison du cui-é, car le vénérable prèlre qui l'ocoiipe depuis un demi-siècle a su profiter des murs inébranlables de i'édilicc ancien pour se ménager une retraite \aste et confortable, recouverte aujourd'hui d'un toit moderne.
" L'église du village, attenant à cette construction, est (ont entièrtcomposée des matériaux du vieux palais.
" Au-dessous, à gauche, se trouve la pyramide tron(|uéo d'origine indienne, surmontée d'une chapelle moderne. La pyramide est pourvue d'un escalier de pierre. Les Rspajcnols eurent soin de faire dispa-
- Grande salle du palais de Mitl*.
raitrc jusqu'au moindre vestige de l'ancien temple qui devait lu surmonter. Le grand palais, dont l'ensemble est encore entier et dont la toiture seule est absente, se compose d'une immense bâtisse eu fomie de tau, dont la façade jn'incipale regardant le sud est la plus belle, la plus considérable et la mieux conservée des divers monuments de Mitia. Elle a quarante mètres de face et eineloppe une pièce de même étendue, dont si\. colonnes monolithes d'environ quatorze pieds soutenaient la couverture. Trois pm-tes larges et basses donnaient accès dans la pièce, dont le sol était couvert d'une épaisse couche de ciment. " Sur la droite, un couloir obscur communique avec une cour intérieure également cimentée, dont les murs, comme la façade prinri-
pale, sont couTerts de panneaux de mosaïque et de dessins avec cacadrements de pierre. La cour est carrée et donne jour à quatre pièces étroites et tonnes, couvertes de haut en bas de mosaïques en reliefs dont les dessins en bandes se superposent en variant jusqu'à la toiture. Les linteaux des portes sont d'énormes blocs qui atteignent cinq à six mèlres.
K Le second palais se distingue dans la façade orientale par des panneaux beaucoup plus allongés. Quatre palais, les plus importants peut-être, se trouvent au sud-ouest ; ils sont à moitié rasés et enterrés, cap les murailles ne s'élèvent plus qu'à trois ou quatre pieds au-dessus
Fig. lei. — Intérieur d'une clumbro du palais i
du sol ; les énormes assises, les blocs immenses qui les distinguent, leur prêtent une importance plus considérable que celle des palais debout aujourd'hui. Les Indiens se sont emparés de ces ruines, ont fixé leurs dcr meures au milieu des cours, et les murailles leur servent de clôture. » Viollet-le-Duc regarde la salle que reproduit la figure 161 comme une des plus caractéristiques de l'architecture mexicaine. « Cette salle est eatièrement tapissée au moyen de cet appareil de petites pierres en lorme de briques composant des dessins de méandres très variés. Comme li grande salle, cette pièce était couverte par un solivage en bois et ne recevait de jour que par la porte. C'était là, il faut en convenir, un nngulier intérieur^ surtout, si l'oQ.se âgure. ces mosaïques saillantes,
reyètues de peintures; mais le^ salles des p^lajs égypti«ps jn'^t&ieat ni plys ouvertes, ni d'un aspecjt gaoins sévère. >} Ji est ^n ai^i de opter que les colonnes qu'on yoit sur 1^ fîg]i^.re 160 sf>^l les seules qu'on ait retrouvées jusqu'ici dan9 jles anciennes constructions de l'^ioérique.
Dans la presqu'île de Yucatafli, on trouve, à peu dfi dist^ace de Mérida, les ruines d'Uxmall, qui méritent aussi de nous arrêter un monient.
M. Gfaarnay les décrit ai^si : « Voici la disposition et l'orientation des ruines. Je ne parlerai que despjrincipales; car^ sur uft dia^ètp^ d'une lieue, le sol est couvert de débris, dont quelques-uns recouvrent dLes intérieurs fort bien conservés. La première .au nord est le palais des Nonnes. Au sud-est, à cent mètres de distance, la pyramide surmontée lie ^'édifice connu sous le nom de maison du Nain ; sur 1^ mètOB ligne, Qfgîs ^ l'ouest, à cinq cents mètres environ, la Prison ; «M sud le palais dtf ^ii^vernement, avec la maison des Tortues, sa dépendance; à r^j^yes^ sur la même ligne, la maison des Colombes ; au sud de ces ài^^Së§9 ^t fort rapprochées l'une de l'autre, deux imouenses pyramides 9if^fl^(^ surmontées de temples, dnnt il ne reste plus riei^ aujourd'hui. T/9#| j'/espace qui sépare les palais qiuje ^ous venons d'énumérer est coinr^ 4? ruines de moindre importance et d^ débris de toute sorte.
» JL^ iWi^is des Nonnes s^e compose de quatre corps 4^ logis disposés ^9 ^9fr/^ffi.^i^t une cpi^r diS qni^altre-^^gts mètres d^ <c6té«
m IjfiL fft^i/i nord, quî ^j^ff^f^ Yédi&ce et siembLe ^voir été la d^misfi^fè priuicjpale du maître du palais, est él^evée sur une plate-forme d^ 4w^ ^ finw^e jfi§4^j dans laquelle se trouvaient disposés des logis bas (^ /M ^tit^ dim^fls^n, probablement à l'usage (^$ serviteurs. On SLfj^f^ h h JS'ht^'foffftfi P^i* un escalier 4^ (j^ei^ correspondant ^ l'entrée du mlliiê: p^FfiM 4Ans la partie sud. Une petite voie ciim^téfif bordée de dalles, menait de l'une à l'autre. Cette façade, fort délabrée aujour^ d'hui, présente un développement de cent sept mètres, et déborde les bâtiments des deux ailes ; elle est percée de quatorze ouvertures correspondant au même nombre de salles doubles d'égales dimensions, ne recevant le jour que par la porte commune.
<( Les linteaux des portes sont en bois, comme partout à Uxmal, et soutiennent ^encadrement saillant d'une vaste frise où l'art indien sem* ble avoir épuisé toutes ses ressources.
f$ Chaque porte, de deux en deux, est surmontée d'une niche meryeil- Leusement ouvragée que devaient occuper des statues diverses. Quant à la frise elle-même, c'est un ensemble extraordinaire de pavillons, où de curieuses figures d'idoles superposées ressortent comme par hasard de l'arrangement des pierres et rappellent les têtes énormes sculptées sur les palais de Chichen-Itza- Des méandres de pierres finement travaillées leur servent de cadre et doaaeat une vague idée de caractères hiérogly-
AMÉRIQUE CBNTKALlî. 2il
t ; puis vieanent une lucceseioa de grecques de grands dimemiw, alfenie*, aux angUa, de carrés et de petites rosacas d'un fini adminblu, u U caprice de l'architecte avaitjetéçàetlà,eomine des démentis A I»
parbile régularité du dessin, des statues, dans les positions les plus diverses. La plupart oot disparu, et les tètes ont été enlevées à celles qni restent encore.
« Les intérieurs de dimensions variées suivant la (grandeur dm édifices,
sont les mêmes qu^à Chichen : deux murailles parallèles, puis obliquant pour se relier par une dalle. Cette définition peut s'appliquer à toutes les ruines. Des salles étaient enduites d'une couche de plâtre fin qui existe encore. Elles sont percées à chaque extrémité de quatre ou huit trous se faisant face deux à deux, destinés à soutenir des rondins de bois rouge, auxquels les habitants de ces palais suspendaient leurs hamacs.
(( Les ouvertures ne laissent apercevoir aucun vestige qui puisse faire supposer l'emploi des portes; les montants de pierre, parfaitement intacts, n'offrent aucune trace de mortaises ou de trous quelconques qu'auraient occupés des gonds de cuivre ou de bois : mais si l'on observe l'intérieur, on remarque de chaque côté de l'ouverture, à égale distance du sol et du linteau de la porte, plantés dans la muraille de chaque côté des supports, quatre crochets en pierre.
(( Il est alors très facile de se figurer la manière employée par les anciens, habitants pour clore leurs demeures. Il s'agissait tout simplement d'un plateau de bois appliqué de l'intérieur contre l'ouverture, et maintenu par deux barres transversales et parallèles, s'embottant dans les crochets de pierre.
« L'aile droite de la façade égyptienne n'a que soixante-quatre mètres de développement et cinq ouvertures ; mais les salles sont beaucoup plus vastes et plus élevées que dans la façade que nous venons de décrire.
« La décoration se compose d'une espèce de trophée en forme d'éventail, qui part du bas de la frise en s'élargissant jusqu'au sommet du bâtiment. Ce trophée est un ensemble de barres parallèles terminées par des tètes de monstre. Au milieu de la partie supérieure, et touchant à la corniche, se trouve une énorme tête humaine, encadrée à l'égyptienne, avec une corne de chaque côté. Ces trophées sont séparés par des treillis de pierre qui donnent à l'édifice une grande richesse d'effet. Les coins ont toujours cette ornementation bizarre, composée de grandes figures d'idoles superposées, avec un nez disproportionné, tordu et relevé, qui fait songer à la manière chinoise. L'aile gauche, façade du Serpent, presque entièrement ruinée, devait être la plus belle. Son nom lui rient d'un immense serpent à sonnettes courant sur toute la façade, dont le corps, se roulant en entrelacs, va servir de cadre à des panneaux divers.
« Il n'existe plus qu'un seul de ces panneaux : c'est une grecque, que surmontent six croisillons, avec rosace à l'intérieur ; une statue d'Indien s'avance en relief de la façade, il tient à la main un sceptre ; on remarque au-dessus de sa tête un ornement figurant une couronne. La tète et la queue du serpent se rejoignent à l'autre extrémité, et l'on reconnaît parfaitement l'appendice caudal qui distingue le serpent à sonnettes
(fig. 163).
(c La partie écroulée laisse voir l'intérieur de deux salles, où l'on distingue encore les trous destinés aux hamacs.
AMERIQUE CENTHALE. 213
" Les petites niches en forme de ruche qui ornent les dessus de porte de la quatrième façade lui ont fait donner le nom de façade des Abeilies. C'est un ensemble de colonnettes nouées dans le milieu trois par trois, séparées par des partiesde pierres plates et les treillis qu'on rencontré si souvent ; ce bâtiment est d'une siniplicité relaliTe, comparé à la richesse
i«-relief de l'Indien snr li façade des Serpents, à Uimal.
des (rois auires. Comme la rour, il est en contre-bas, et la grande entrée du palais le partage en deux.
" La maison du Nain est un temple placé sur une pyramide artificielle de soixante-quinze à quatre-vingts pieds d'élévation. Placé à cent mètres environ du palais des Nonnes, il se compose d'un corps d'habitation avec deux salles iatérieures, et d'une espèce de petite chapelle en contre-bas tournée n l'ouest ; ce petit morceau est fouillé comme un bijou ; une ins-
âU AMÉHIQUB.
eription parait avoir été gravée, (ormanl ceinture au-dessus de la porte. Ses caractères, brisés pour la plupart, disparattroM bientôt atec le Wlimeat, aujourd'bni dans un état déplorable de dégradation.
La Prison, à l'ouest, dans le bois, semble être une copie du mène édifice k Cbichen-ltza ; même ardiilecture en dehors, avec plus de
hii;. I4M< — Détidl de la porH principale ilu palais 4u Gouvarnenr, s L'iuiul.
simplieité. Le palais des Colombes ne présente plus aujourd'hui ^'one muraille dentelée de pignons assez élevés, percés d'une multttnde de petites ovTertures, qui donnent à chacun la physionomie d'm colombier,
« Cette muraille, espèfe d'ornementation bizarre, est élevée ew svrplonb d'un monument il quatre corps de logis plus coasidérabl« eaeore< e étendue, que le palais des N<mn«s ; malheureusement, Iw qwa'
AMÉRIÔDÉ CENTRALE. 215
tre fardes sont entièf emetif talAées et ne présentent plus que des débris oà tevte trace d'6raementatioi!i! a disparu.
« Le palais du Qe^arerneur est la pièce capitale des ruinés d'Uxma:! ; dé priopettions plus hàMMytiîéxises, plus solre d'ornements, aTec plus d'aine (yiecrr , do haiit de ses tt&h étages de pyramides, il se dresse comme un roi, dans un isalemetit plein de majestueuse grandeur.
« Lef cc¥ps du pallsis méstite plus dé cent mètres ; il est élevé sur trois pyramides stiecessifves ; la première de ces pyramides a deux cent vingt
Fig. 165. — Idole aitèquc.
mètres et sert, pour ainsi dire, demarfeh'epied à* té ^êc6«kie ; la seconde, de deuil» eelMs* mètrei^ e»vîron sùv cfiâttie pieds d'élévation, a'formé une HmienBe' esptsmiadé pavée a*!refete, avec deux citernes, comme dans la ce«# *c» NottHe^/
« Uft a«iel, afii centre, soutenait un tigre à deux têtes, dont les corps reKéffafil venirè fîgurent une double chimère. Un peu plus à l'avant se *PC88ait iltie espèce de colonne dite pierre du châtiment^ où les coupables devaient recevoir la punition de leurs fautes.
« La troisième pyramide, qui sert de plate-Corme aU palais, n'a guère (pe dix pieds d'élévafio»n ; un large escalier aboutît â't^eiitrée prtndpàlé dumonUment.
^16 ■ AMKRIQUE.
<i Quant à l'édUicv, l'oruementatioD se compose d'une guirlande en forme de trapèzes réguliers, de ces énormes têtes déjà décrites, courant du baut en bas dfe la façade et serrant de ligne enveloppante à des grec ques d'un relief très saillant, reliées entre elles par une ligne de pierres en carre diversement sculptées ; le tout sur un fond plat de treillis de pierre. Lo dessus des ouvertures était enricbi de pièces importantes, que divers voyageurs ont eu le soin d'enlever. Quatre niches, placées régniièremeni, contenaient des statues, absentes aujourd'hui.
F\f. vas. — Idole aitèque.
« La frise se termine par un cordon rentrant sur la saillie do l'encadrement, et figure, par une ligne courbe s'enroulant sur une ligne droite, un ouvrage de passementerie moderne.
« Deux passages à angle rentrant s'ouvraient autrefois de chaque côté du palais ; les constructeurs eux-mêmes durent les condamner pour les remplacer par dcu\ chambres de moindres dimensions que les autres. Le palais contient vingt et une salles, ne recevant de jour que par l'ouverture des portes ; mais les pièces du milieu se distinguent par leurs dimensions colossales; elles mesurent vingt mètres de longueur sur une hauteur approximative de vingt-cinq pieds.
« Au-dessus de la porte principale se trouve l'inscription du palais ; les caractères sont parfaitement visibles, et donneraient, si l'on en possédait la clef, le nom du prince ou du dieu en l'honneur de qui le monnumeni
AMERIQUE CRNTKALE.
fat élevé. Au-dessous de l'inscription, un buste, dont la tête manque et dont les bras sont cassés, semble un buste de femme. Le piédestal est orné de trois tètes à rebours, bien ciselées et d'un type presque grec. En somme les ruines d'Uxmal nous paraissent être la dernière expression de la cirilisation américaine. »
Lasculpture mexicaine n'est pas moins étrange que l'architecture du même pajs, mais elle est beaucoup plus imparfaite. Malgré l'incorrection flagrante du dessin, les traits du visage sont assez bien caractérisés et présentent un certain intérêt pour l'ethnographie et pour le costume. Le diadème représenté sur la figure 165 et surtout le casque en tête d'animal que montre la ligure 166 sont extrêmement curieux.
Fig. 161. — Teia à Vulpitet.
[lest bon de noter au surplus que ces idoles appartiennent aux Aztèques, l'I nullement aux auteurs des vastes édifices dont nous avons parlé plus haut. Les aztèques sont venus à une époque très postérieure, et le temps de leur domination sur le Mexique est regardé comme une période de décadence.
La figuré 167, bien qu'elle représente un type moins franchement écrit que la précédente, montre pourtant un art en quelque sorte plus avancé et qui dans tous les cas suit une voie différente. Cette tête, qui a été trouvée à Vulpates, dans l'Amérique centrale, offre même une celaine régularité dans les traits, mais les caractères de la race disparaisiientà peu près complètement.
De curieuses miniatures montrent des sujets qui se rattachent aux anciennes guerres mexicaines. La figure 168 est le fac-similé d'un manuscrit mexicain représentant la conquête d'Ascaputzalco.
Toirt m Mtin du («b)e«tt, e* hss et * drOTte, «ft roi «ssis, sur os faoteaii,kf£1e ceinte do diadème, lient à la main n» are; derrière le roi est un serpent hérfsaé de (tetits dards, fi^nrant le nom dn monarque.Unc
petite ligne pointée, signiflant la parole, s'iiebappe éela konche d« m. cl transmet un ordre au combattant ptaeé aa-dossu« de W. Celoi-ei est coiffé d'an casque orné d« trois rangs do phimes e» est «rmi d'une huée et d'un bouclier. La bande (H>» IMtaft» 1« tsS^eau d«n» toute n hxr-
pieat représente la ririère qui circonscrH remplacement circulaire de la TÎlle d'Ascapatzalco, point qu'il 9'agil d'attaquer, et au nlttieu est représ«nlé un petit animal qui est l'emHfeme de la Tille. Le prince qui règne, sur la Tffle est, comme son ennemi, assis sur un fauteuil, maïs àe l'antre cMi de la rivière, et au eàté gauche du tableau. De sa bonche, un ordre, exprimé par une ligne ponctuée, va dams la direction de son général, qui tient son arc en face de l'autre guerrier, et dont le nom est figuré par une tête de daim placée au-dessus de sa tète. Comme ce personnage a péri dans la lutte, on voit une tête de mort entre ses jambes, et au-dessous de lui est un homme enseveli dans ses kndelettes, qu'une tête de daim placée sur le lit fait reconnaître pour
le même héros. Enfin au-dessous de la ville, on voit figurée lu prison dans laquelle le roi vaiincu fat enfermé et mis à mort.
Les anciens Mexicains travaillaient assez habilement le quartz : le vase représenté sur la figure 169, qui a été trouvé dans l'Amérique centrale, donne assez bien l'idée du genre d'ornementation qui leur était taUtnel et qa'ils appliquaient principalemeM &wl poteries.
Mbcrt JacqoeERart définit ainsi tes eara«tÀre3 principatn de ht céranH^fM américaine. « D'ane pâte tairtàt nwge, très flne. dure et lusfrétf, tavÎMnMre o« gmi^n on peu moms fine et rendue luisante par frotteneol, la terre ainérieahve est sontrot ornée de reliefs, de gravure» et même, sur la terre rouge, de dessins tracés avec un noir qiri n'es! pas WM «nftk»^ avec ïeatrt Qpimmm ; quei(fi!tes pièces sont recouvertes finie f^«fwrs jssoAtre tm brun veïdAhre a^ec reflets métalloïdes. » La lime de <«9 vaws «st «ntrèmmttÊH viwi^e ; lantM pnrewent ornemen-
taie, tantôt affectant les apparences d'un homme ou d'un animal, elle offre assez souvent une conception bîzaiTe, comme on a pu s'en convaincre par les poteries américaines exposées en 1878.
Nous terminerons ce que nous avions à dire sur les Mexicains, en rappelant que, parmi les objets qui ont été recueillis, il y en a un certain nombre qui se rattachent à la vie intime de l'ancienne population mexicaine. Sur la figure 170 nous voyons la manière employée partons
lt> pcupto |)i'iinilirs |h»iii oLIciiÎi- du feu â l'aide d'un ln-iquel de i""*. Toutefois celte image consacre en même temps un rite religieux, car elle montre le prèlre alluniunl le feu sacré du temple. Il en est de même pour la grande partie des petits objets mexicains, qui sembleraient an premier abord complètement étrangei-s au culte, .\insi la pipe repré-
senlée sur la figure 171 est un bn'ile-parfum dfins lequel ou brt'ilaii du copal devant l'autel, et dont le fourneau est formé d'une petite iîgure d'un dessin assez grossier {lig. (71).
Mexique. — Le Mexique s'étendait autrefois assez profondément vei-s le nord et le nord-est, sur le territoire des États-Unis, là où se trouvent actuellement le Texas et la Nouvelle-Californie. Au sud, il allait jusqu'à l'isthme de Panama. Le Mexique est habité par des blancs, des métis et surtout des indigènes, qui composent les deux tiers de la population : il se divise en vingt-deux Etats.
Les Mexicains sont, parmi les peuples de l'Amérique, celui qui semble montrer les plus grandes dispositions naturelles pour le dessin et les arts qui en dépendent. Les petites figurines costumées, dont on voit des
AMfiRIOUB CENTRALE. 221
échantillons dans presque tous les musées d'Europe, dénotent quelquefois ches ceux qui les font une aptitude singulière pour la sculpture pittoresque : quelques-unes sont vraiment jolies de tournure, et, h t'eiception des mannequins suédois et norvégiens, nous n'avons en Europe aucune industrie correspondante à celle-ci.
Mexico (200,000 hab.), capitale du Mexique, est une ville très riche el située dans une belle plaine entouréede hautes montagnes. Cinq lacs qui
Fig. I7i. — Mexique.
remplissaient autrefois ce vaste bassin sont aujourd'hui en partie desséchés. Mexico, avec ses trois cents églises, ses palais et ses grands établissements d'instruction publique, est, au point de vue monumental, la première TÎlle du nouveau monde. Sen rues droites et larges, ses belles places, ses fontaines qu'alimentent de beaux aqueducs, et ses jardins publics pleins d'ombre el de fraîcheur, lui donnent en outre un aspect 1res séduisant. La grande place, où se trouve la cathédrale, le palais du gouvernement et plusieurs autres constructions importantes, est remarquable par son aspect et son animation.
La cathédrale, extrêmement vaste, est bâtie dans le style un peu lourd qui prévalut en Espagne après le seizième siècle. Deux tours carrées
m AHËRIOUE
sepT«ot die clochçre «t eoat reliéM ealra eUs« ptr un» (u;5dt ehmque surmontée d'un fronton. Une autra grande église, teSagrario, eet annexée à la cathédrale (fîg. 173) : elle eet d'une architecture toute diflérente el caractérise assez bien ce qu'on a appelé le stvle jésuite. La façade, très surchargée d'ornements dans certaines parties, est au contraire aieez nue dans d'autres. La bizarrerie de la décoration contraste avec la ré-
Fig. 173. — V.I Sugnrio, église de Hc\i<
gularité froide de la cathédrale. Ce style bâtard est assez fréquent dans l'Amérique espagnole, et on en trouve un autre échantillon «ssai impor^ tant dans lecouventde Saint-Françeis (fig. 174).
Mexico, bâtie sur l'emplacement de la ville où régnait Honte^uma, n'a conservé aucun édifice de l'aocien empire mexieain, maison y a trouvé de nombreuses antiquités, et le musée qui les renferme est eitrâmement précieux pour l'archéologie américaine. Ce musée, qui occupe un des étages supérieurs du palais de l'Université, a été fondé en f 82|. Natu-
reU»ra«iLt les coUeçtioQs qui Iç emnptmnt se raU&ctisst aux «pHquiliéê mexicaines. Ces antiquités, fort nombreuses autrefois, «ujoprd'l^vi assez rares, étaient impitoyablemeot détruites, avaotqu'on ne leur ait donné cetasile. Les grands cylindres en pierre, portant d«sdàiii£a£es au «ol^il, étaient brisés pour servir au pavage des places. U a fallu tout l'^charnemeDtd'uj) antiquaire convaincu, pour empêcher de détruire un dit ces grands cylindres couvert d£ sculptures, qu'on tait remonter au quiRlième siècle, et qui est aujourd'hui une des pièces capitales du musée. La collection renferme une riche série de statuettes ou d'objets appar-
lig. 114 - rnrvia du
0 Sainr-Pranfoia, k Mexico,
tenant au culte, entre autres un grand monolithe sculpté en relief, qu'on croit avoir appartenu au grand leinple de Mexico et sur lequel on voit deux rois faisant une libation devant le feu sacré. U y a aussi des armes assez nombreuses et des instruments de musique, tels que tambours, sifflets, flageolets en terre cuite, etc.
Puebla (85,000 hab.) renferme un très grand nombre d'édifices religieux, dont l'architecture, quelquefois somptueuse, manque généra- Ument d'originalité- Après «es deux cités, qui sont les plus importantes du HâKique, il faut encore citer Guanaxata (63,000 hab.), au centre A» brégioo (^ mines d'argent; Guadalajarra (70,000 hab.), qui a une uwer^ité florissante ; Queretfiro (^fiûO hab.), ville d'iiulustrie, tl
3i4 AMÉRIQUE.
Vera-Cruz, sur le golfe du Mexique, place très commerçante, mais dans
une contrée insalubre.
Amérique centrale. — L'Amérique cenlraie s'étend entre l'isthme de Panama et le Mexique. C'est une contrée volcanique, semblant regarder la mer des Antilles, composée de hautes terres, d'où descendent des cours d'eau nombreux, mais sans importance, et de terres basses très malsaines. De fréquents tremblements de terre la bouleversent {fig. 175).
Fig. 175. — Amérique cenlr&le.
Le pavs est divisé en cinq républiques :
La république de Costa-Rica, capitale San-José ;
La république de Nicaragua, capitale Léon ;
La république de Honduras, capitale Comayagua ;
La république de San-Salvador, capitale San-Salvador ;
La république de Guatemala, capitale Guatemala.
Les Antilles. — Les Antilles sont une grande chaîne d'Iles qui s'étend en arc de cercle entre les deux continents de l'Amérique. Le groupe des lies Bahama, situées près de la Floride, se compose d'une multitude d'ilôts, inhabités pour la plupart et reposant sur un immense banc de corail. L'Ile de Cuba qui vient ensuite est la plus grande tle des Antilles : elle s'étend de l'est à l'ouest sur une longueur de 670 kilomè-
très et est traversée dans toute son étendue par une chaîne de montagnes. Elle forme aujourd'hui la colonie la plus riche et la plus industrieuse de l'Espagne (fig. 176).
rig, no. — Les AiiUUo».
L.V Havase (liOS,000 tiab.) située sur la côte septentrionale de Cuba dont elle est la capitale, possède un port superbe, mais l'aspect de la ville est triste. Les rues sont étroites et sales, et les monuments n'ont, au point de vue de l'architecture, qu'un intérêt secondaire: le tombeau de Christophe Colomb est placé dans la cathédrale. La Havane est une des >iiies les plus lettrées de l'Amérique espagnole. Santiago (96,000 hab.), au sud-est de l'île, est, après la Havane, la ville la plus importante de Cuba.
La Jamaïque, grande lie coupée de montagnes et colonie anglaise très florissante, a appartenu autrefois aux Espagnols. Son port le plus important est Kingston (35,000 hab.), entrepôt d'un commerce immense entre l'Angleterre et l'Amérique espagnole.
Haïti ou Saint-Domingue, la plus grande île du groupe des Antilles après Cuba, était autrefois divisée en deux parties, dont l'une appartenait il la France et l'autre à l'Espagne. Après la révolte des nègres *n 1791, les Français perdirent leur colonie, et les Espagnols ne gardèrent la leur que jusqu'en 1822. Aujourd'hui Haïti forme deux États indépendants, qui sont presque toujours en proie à l'anarchie la plus
i»6 AMERIQUE.
complète. Port-au-Prince (2i,000 hab.), ville bâtie presque toute en bois, sur un sol marécageux et malsain, est le port le plus important de cette contrée autrefois florissante.
Porto-Rico, la dernière des grandes Antilles et dont le climat passe pour être relatiyement assez salubre, appartient aux Espagnols. Sa capitale, Saint-Juan-de-Porto-Jtico (20,000 hab.), est bâtie sur uoe pelilc île de la côte seplentriooale, jointe à la terre par une chaussée, et formant un excellent port.
Les petites Antilles ou Iles Caraïbes comprennent deux grands
Fig. ITT. — Li Guadeloupe.
groupes d'Iles : les lies du vent, depuis les îles Vierges, situées à l'est de Portô-Rico, jusqu'à la Trinité, possession anglaise, en face les bouches de rOrénoque, et les Iles sous le vent, dont la plus importante est l'Ile de Curaçao, possession hollandaise. Celles-ci s'échelonnent le long de ta côte septentrionale de l'Amérique du Sud. Situées sous un climat torrîde et généralement insalubre, exposées à des ouragans et des tremblements de terre, les petites Antilles ont pourtant une grande impoi^ tance par leurs plantations et par leur commerce, qui est extrêmement actif. Toutefois, comme elles sont absolument étrangères aux arts don nous devons nous occuper spécialement ici, nous nous contenterons de
dire quelques mots de la Martinique et de la Guadeloupe, à cause de leur importance comme colonies françaises.
La Guadeloupe (Qg. 177) est formée de deux parties séparées par un bras de mer extrêmement étroit qu'on désigne sous le nom de RiTÏèpe Salée, L'une des deux, qui est la Guadeloupe proprement dite, est une contrée montagneuse et Tolcanique ; l'autre, la Grande-Terre, est au
Flg, lis. — lA HirUniqae.
contraire plate et ne contient que des terres arables. Basse-Terre et la Pomte-à-Piire sont les ports principaux de la colonie. La Pointe-à-Pilre a été ruinée par un tremblement de terre en 1861 , mais elle s'est promptemeul relevée. L'Ile Marie-Galante, les Saintes, la Désirade et les deux liere de l'Ile Saint-Martin relèvent administrativement de la Guadeloupe. La Martinique (fig. 178) a la forme d'une ellipse très irrégulièrement découpée : c'est une lie volcanique et très montagneuse. Saint- Pierre^ port très commerçant et Fort-de-France, où résident les autorités, sont les villes les plus importantes de la Martinique.