‹ Le monde vu par les artistesChapitre 15 sur 59 · CHAPITRE iV · texte numérisé non relu

CHAPITRE iV

rorme et BituaUon. - Ancienne population. - ÉtaU-Un.s de Colombie. - \enéluela — L'Equateur. — Le Pérou. - U Boliïie. - U Guvane. — Le Brésil. - Le Paraguaj. - L'Uruguay. - Hépublique argentine. - Le ChiU. - UPalagonie.

orme et situation- — L'Ainctiquc dn Sud présente un ^aste continent de forme à peu près triangulaire, qui s'étond de l'isthme de Panama au cap Horn. Le système montagneux qui constitue son ossature est complètement rejeté vei-s l'ouest, où il s'allonge à une faible distance des côtes que baigne l'océan Pacifique, dans le sens du nord au sud. Ces côtes sont peu découpées, tandis que celles qui courent le long de l'océan Atlantique offrent des contours accidentés, déchirés çà et là par des estuaires, dont quelques-uns, comme ceux des Amazones et de la Piata, ont une importance considérable (fig. 179).

Malgré les récits enthousiastes des voyageurs, aucun artiste n'a encore été tenté de traduire par la peinture les aspects grandioses de rAmérique du Sud et la végétation luxuriante de ses forêts. « Dans ces contrées, dit Lacêpède, où la nature plus active fait descendre à grands flots du sommet des hautes Cordiliières les fleuves immenses dont les eaux s'étendant en liberté, inondent au loin des campagnes nouvelles, et ou la main de l'homme n'a jamais opposé aucun obstacle à leur course ; sur les rives limoneuses de ces fleuves rapides, s'élèvent de vastes et antiques forêts. L'humidité chaude et vivifiante qui les abreuve devient la source intarissable d'une verdure toujours nouvelle pour ces bois touffus, images sans cesse renaissantes d'une fécondité sans bornes, et où

il semble que la nature, dans toute la vigueur de la jeunesse, se platt àeatasser les germes productifs. Les végétaux ne croissent pas seuls au milieu de ces vastes solitudes, la nature a jeté sur ces grandes produclioDs, la variété, le mouvement ef la vie. En attendant que l'homme vienne régner au milieu de ces Forêts, elles sont le domaine de plusieurs aaimaux. qui, les uns par la beauté de leurs écailles, 1 éclat de leurs

FiR. 119. — Amérique ndridionale.

couleurs, la vivacité de leurs mouvements, l'agilité de leur course ; les' autres par la fraîcheur de leur plumage, l'agrément de leur parure, la rapidité de leur vol ; tous par la diversité de leurs formes, font, des vastes contrées du nouveau monde, un grand et magnifique tableau, UDe scène animée, aussi variée qu'immense. D'un côté, des ondes majestueuses roulent avec bruit ; de l'autre des flots écumants se précipitent avec fracas de roches élevées, et des tourbillons de vapeur réflé-

chissent au loin les rayons éblouissants du soleil ; ici, Témail des fleurs se mêle au brillant de la verdure, et est effacé oar Féclat, plus brillant encore, du piumage varié aes oiseaux ; là, ces couieurs plus vives, parce qu'elles sont renvoyées par des corps plus polis, forment la parure de ces grands quadrupëaes ovipares de ces gros lézards, que Ton est tout étonné de voir décorer le sommet des arbres, et partager la demeure des habitants ailés. >.

Les différentes parties de l'Amérique du Sud présentent des aspects très variés suivant le climat où elles se trouvent et la configuration du sol. A l'exubérante végétation des parties basses succède sur les hauts plateaux d'interminables prairies, et les Cordillères nous montrent presque partout une nature volcanique et déchirée par de fréquents tremblements de terre.

Ancienne population. — Il est généralement admis aujourd'hui que la civilisation des Incas, civilisation due au génie de Manco Capac et qui a duré jusqu'à la conquête espagnole, avait été précédée, à une époque indéterminée, par une civilisation bien supérieure, mais que de longs siècles de barbarie avaient fait complètement oublier en dépit d'importants restes matériels témoignant en sa faveur.

« L'architecture Incas, dit Batissier {Histoire de Fart monumental) ne s'éleva pas au delà des besoins d'un peuple montagnard : elle ne connaissait ni pilastres, ni colonnes, ni arcs en plein-cintre ; née dans un pays hérissé de rochers, sur des plateaux presque dénués d'arbres, elle n'imitait pas, comme l'architecture des Grecs et des Romains, l'assemblage d'une charpente en bois. Simplicité, symétrie, solidité, voilà les trois principaux caractères qui distinguaient avantageusement les édifices péruviens. » Quel contraste font avec ces monuments ceux auxquels la conquête espagnole a donné le jour ! les églises dans le style jésuitique, surchargées, accablées de détails empêchant toute silhouette un peu imposante, vrais fouillis sans caractère où tous les caprices du mauvais goût sont empilés avec fureur, couvrant tout, envahissant tout, portant partout la confusion. Mais revenons aux Incas avec Batissier: « Plusieurs monuments, dans les principales cités, étaient bâtis avec des pierres énormes, remarquables par la beauté de leur coupe. Nous savons aussi que les appartements royaux étaient lambrissés de lames d'or et embellis de figures du même métal, représentant des hommes, des femmes et des animaux, lesquelles étaient placées dans des niches. On ajoute que les ouvriers imitaient parfaitement avec l'or les herbes et les plantes surtout celles qui croissaient sur les murailles, et qu'ils les plaçaient avec tant d'art qu'elles semblaient y avoir pris naissance. La forteresse de Cusco se composait d'une triple enceinte de murailles construites avec des blocs de pierres gigantesques.

appareillés comme dans les murs cyclopéens. Le temple du Soleil de la même TÎIle offrait des murs en terre cuite, revêtus de plaques d'or. Près du temple s'élevait un cloître renfermant cinq pavillons. L'un était consacré à la lune, l'autre aux étoiles, le troisième au tonnerre et à l'éclair, le quatrième à l'arc-en-ciel ; le dernier, enfin, était réservé pour le service des prêtres. Tous ces corps de logis étaient rehaussés de lames d'ai^ent et renfermaient des statues dor. Enfin, nous devons signaler aussi les ruines du palais de Manco Capac k Cuzco, à appareil polygonal : il est de forme circulaire, s'élève sur une terrasse, et présente de petites chambres dont les portes ont des jambages qui se rapprochent supérieurement l'un de l'autfe. »

L'art péruvien a passé par deux périodes distinctes, dont la plus ancienne parait être antérieure à la domination des Incas. On rapporte

Fig. 180. — Bu-relier Kulpt6 sur 11 porte monolklte de Tilbiintco, e

à cette époque les ruines de Huanaco le vieux, dont une intéressante reproduction figurait à l'eiposition universelle de 1878. Ce sont des espèces de pylônes, bâtis en grands blocs de grès à face quadrangulaire. Un puma, espèce de lion sans crinière, qu'on trouve dans les Andes, est sculpté en bas-relief sur l'assise supérieure. Les ruines de Talbiaaaco, sur le lac Cbuquito, qu'on rattache à la même période, ne sont pas moins intéressantes. On y remarque entre autres une porte monolithe couverte de bas-reliefs de style hiératique, dont celui qui est représenté sur la figure 180 peut donner une idée. Cette figure, qui est placée au-dessus de la porte, piu'ait être une représentation du soleil. Enfin il faut citer les restes du temple de Pachacamac, un des sanctuaires les plus anciens et les plus vénérés du Pérou,

Toutes ces antiquités se rapportent aux Aymaras, peuple qui, antérieurement aux Incas, mais à une époque à laquelle on ne saurait

assigner une date précise, occupait tes deu:L versants des Cordillères dans la région équatoriale. Des mythes bizarres et des symboles non encore expliqués semblent avoir emprisonné cette sculpture primitive dans un mode de représentations extrêmement barbare, mais nettement

déterminé dans ses types. On remarquera par exempte que ta figure humaine est presque toujoura inscrite dans un carré (fig, 181).

Ce qui nous frappe dans la sculpture de la seconde période, c'est sa tendance h imiter la nature. Le vase en forme de tète que reproduit

forme <le tGie.

la figure 182 n'accuse aucune préoccupation symbolique, et la constniction de la tête étonne par ses proportions, dont l'exactitude aussi bien que la vraisemblance des formes, montre un sculpteur habitué à travailler d'après le modèle humain et non d'après des formules déterminées d'une façon hiératique. Au reste, cette poterie est très célèbre: H Voici certes, dit Albert Jacquemart dans son Histoire de la céramique, le chef-d'œuvre de la céramique américaine ; ce vase composé d'une belle tête largement coiffée, offre un type réel et grandiose à la fois, et

i'oa sent que celui qui a modelé ce nez d'une fine courbure, ces yeu\

FIg. 183. — Vise pdruTien.

cjilmrs, cettp bouche vigoureusement nnmdrtV dans les» plans d'un ovale

Fig 184. — Cas(|uo péruvien en or,

carrément écrasé, avait devant lui l'une de ces organisations primitives

et puissantes qui devaient constituer la souche des vieilles familles humaines. »

L'industrie péruvienne s'exerçait principalement sur deux branches auxquelles dans aucun pays l'art ne saurait rester étranger : la poterie (fig. 183) et le travail des métaux.

Une des pièces les plus curieuses de l'ancienne orfèvrerie péruvienne est un casque en or provenant du trésor de Cuenca, dont les principaux morceaux ont été apportés à Paris, il y a quelques années. Ce casque, représenté sur notre figure 184, est surmonté d'un cdne creux de vingt centimètres de hauteur, qui lui donne un peu l'apparence de nos bonnets de magiciens. On connaît une figure en terre cuite, dont la tète est pourvue d'un casque analogue à celui-ci. Notre casque est aussi curieux

par sa décoration que par sa forme générale : sur ses quatre faces il porte un disque saillant sur lequel une figure humaine grimaçante est dessinée en relief d'une façon très grossière. Faut-il voir ici un emblème solaire, comme le prétendent ceux qui ont été frappés par des figures à peu près semblables qui décoraient quelquefois les ruines péruviennes? Comme il s'agit ici d'uo casque de guerrier, je serais plutôt porté à y voir simplement une sorte d'épouvantail assez analogue aux figures de gorgones que les Grecs primitifs mettaient sur l'égide de Minerve. Il y a d'ailleurs une certaine analogie entre ce masque et celui de la Gorgone, analogie toute fortuite évidemment et qui n'implique en aucune façon un rapprochement quelconque entre les races. L'idée de montrer une bouche énorme, hérissée de dents pointues, a dû venir spontanément à tous les peuples arrivés au même degré de civilisation ou plutôt de barbarie.

Outre ce casque, on a découvert dans le même trésor des armes, entre autres des haches en or massif et des plats également en or massif (flg. 185).

Êtato-Unis de Colombie. — La République de la Nouvelle- Grenade, située au sud de Tisthme de Panama, oui en fait partie, a pris, en 1862, le nom d'Etats-Unis de Goiombie. Trois cnaines de montagnes le traversent dans le sens du nord au sud. A Test des plateaux, s'étend une région basse et humide. La contrée est riche en forêts pleines de bois précieux et où errent des tribus d'indigènes

Santa- f é-de-Bogota {iO, 000 hab.), capitale de la Colombie, est située sur un plateau très élevé et entouré de montagnes. Son climat estextrêmemeat humide, mais passe pour assez salubre : la fréquence des tremblements de terre a influé sur le système de construction des maisons, qui sont en général très peu élevées. Panama (18,000 hab.) est située sur l'isthme qui porte son nom. C'est une ville assez mal bâtie, mais une station importante pour le commerce maritime. Elle est la tête de ligne du chemin de fer qui relie la mer des Antilles au Pacifique, et le projet du canal de l'isthme, entrepris sous la direction de M. de Lesseps, estdesliné, s'il se réalise, à assurer à cette ville une grande prospérité.

Venezuela. — Le Venezuela, accidenté au nord et à l'est par des monts peu élevés^ ne présente au centre que des forêts et d'immenses plaines parcourues par l'Orénoque, qui leur apporte son humidité, et échauffées en permanence par les rayons presque perpendiculaires d'un soleil brûlant. La capitale du Venezuela est Caracas^ ville située sur un plateau élevé et à peu de distance de la mer.

L'Equateur. — La république de l'Equateur, ainsi nommée parce qu'elle est placée sous la ligne équinoxiale, est située entre les Etats-Unis de Colombie et le Pérou, avec lequel elle présente de grandes analogies sous le rapport du sol et du climat. Sa capitale est Quito (70,000 hab.), TÎlIe mal bâtie et sur un terrain très inégal, dont l'Université a quelque réputation. Le voisinage d'un volcan et la fréquence des tremblements déterre ont nui au développement de cette ville, qui est pourtant assez commerçante et possède quelques monuments construits dans le type que les jésuites ont importé d'Espagne en Amérique. Guayaquil i20,000 hab.) est un des ports les plus vastes et les mieux abrités de la cote du Pacifique.

Le Pérou. — Le Pérou peut être divisé en trois régions distinctes, dans le sens de l'ouest à l'est. D'abord, le long de la côte du Pacifique s étendent des déserts sablonneux ; puis vient la région très accidentée

des Andes, renfermant des massifs considérables ; puis enfin, à l'est, des plaines marécageuses, des forêts et des hautes herbes, entretenues par des pluies tropicales.

Fig. 1B6. — Pérou.

En ISoo, le Pérou était représenté à l'Exposition universelle par deux artistes qui se sont fait remarquer. Edmond About a donné de leurs tableaux la description suivante ;

« La Halte d'Indiens péruviens^ par M. Merino, est une peinture curieuse, dont le sujet est franchement exotique. Ces longs sauvages maigres et nerveux, coiffés d'un large chapeau et drapés dans une descente de lit, cette vaisselle biscornue, ces gargoulettes fantastiques, ce repas de maïs et de poivre long, ce paysage aussi sauvage que les habitants, ce ciel gris, marbré de longues bandes sombres et bien différent du ciel péruvien que nous avons rêvé, tant de détails étudiés avec soin et rendus avec une certaine fermeté, donnent au tableau l'intérêt d'un bon chapitre de voyage.

«M. Laso a peint un habitant des Cordillères, potier de son état. Qu'il est beau, ce potier péruvien I II a l'air d'un jésuite espagnol, avec sa robe noire lisérée de rouge et son large sombrero aux brides historiées. Il porte devant lui un magot de terre cuite, son chef-d'œuvre apparemment, peut-être même un portrait de famille.

« Les tableaux de MM. Merino et Laso sont un excellent début d'une nation encore novice. Peut-être un jour, grâce au talent des peintres péruviens, nous connaîtrons par nos yeux les beautés de leur pays et les mœurs des habitants. »

Quelques artistes péruviens ont envoyé leurs ouvrages à l'Exposition de 1878, mais ils ont été peu remarqués.

Lima (121,000 hab.), capitale du Pérou, est une ville de luxe et de plaisir plutôt que d'industrie. « Du côté de la mer, dit Maltebrun, elle présente un aspect enchanteur : on y arrive par une avenue bordée d'une dckible rangée d'arbres magnifiques , près de laquelle sont les promenades publiques. De ce point on aperçoit les tours de la cathédrale, qui, ainsi que le palais de l'archevêque, orne la grande place ; les autres édifices publics se groupent avec majesté. L'intérieur de la capitale présente l'aspect le plus régulier ; ses rues, comme celles de son faubourg, sont parallèles, coupées à angle droit, pavées en petites pierres rondes, ornées de trottoirs et arrosées par des ruisseaux qui y entretiendraient la propreté, si elles n'étaient obstruées par des immondices. Les maisons, proprement construites en briques ou en bois, et peintes à l'extérieur, n'ont en général qu'un seul étage ; il n'y a que celles des riches propriétaires qui en aient deux. Les grands édifices, éclatants et majestueux de loin, perdent beaucoup à être examinés de près ; ils pèchent généralement sous le rapport du goût et du style. » CaJlao est le port de Lima ; un chemin de fer relie les deux villes. Aréquipa (76,000 hab.), ville fondée par Pizarre, et plusieurs fois renversée par des tremblements de terre, et Cusco, (40,000 hab.), autrefois capitale des Incas, dont l'antique palais subsiste encore, sont après Lima les villes les plus importantes du Pérou.

La Bolivie. — La Bolivie s^étend sur un plateau d'une certaine élévation placé entre le bassin de la Plata et celui de TAmazone. Le sol est couvert de forêts vierges, de pampas et de marécages. Au sud-ouest de la Bolivie se trouve le désert d'Atacama. Le climat, froid sur les hauteurs, chaud et humide dans les terres basses, est généralement malsain. Le pays est fréquemment désolé par de violents ouragans. L'Etat doit son nom au général Bolivar, un des héros de son indépendance. La capitale de la Bolivie est Chuquisaea (25,000 hab.), mais les villes les plus importantes sont la Paz de Ayacueho (76,000 hab.), ancienne capitale, etPotosi^ célèbre par le voisinage des mines d'argent.

La Guyane. — La Guyane qui se divise en Guyane française, chef-lieu Cayerme^ Guyane hollandaise, capitale Paramaribo^ Guyane anglaise, capitale Georgetown^ est un pays couvert de forêts impénétrables et de savanes. Ses côtes sont basses et humides. Il est borné au sud par les plateaux et la chaîne qui séparent le bassin de TOrénoque de celui des Amazones.

Le Brésil. — Le Brésil est l'état le plus vaste de l'Amérique méridionale ; il est divisé en divers bassins par des fleuves importants dont le principal, appelé la rivière des Amazones, est le plus grand du monde. Ces fleuves entretiennent une humidité qui enfante une végétation prodigieuse, une végétation contre laquelle les hommes ne peuvent quelquefois pas lutter, qui se dresse devant eux en murs infranchissables et toujours renaissants. Le Brésil était autrefois la colonie la plus importante du Portugal ; depuis 1822, il forme un État constitutionnel divisé en dix-huit provinces. La population du Brésil se compose de créoles, de nègres et d'Indiens.

Rio-de-Janeiro (275,000 hab.), capitale du Brésil, est la ville la plus importante de l'Amérique du Sud. Bâtie sur une baie circulaire, entourée de montagnes boisées et de collines couvertes de maisons, d'églises et de couvents, cette ville offre en arrivant un aspect grandiose et magnifique. Elle se divise en deux parties séparées par une grande place. Ses nombreuses églises, ses couvents, ses édifices, parmi lesquels on remarque surtout le palais impérial, lui donnent un aspect monumental. Les eaux sont conduites à la ville par un très bel aqueduc imité de celui de Lisbonne. Bahia (152,000 hab.), et Pemambuco (100,000 h.) sont, après la capitale, les villes les plus importantes de l'empire.

Le Paraguay. — Le Paraguay, borné au nord par le Brésil et au sud par la République argentine, commence seulement à se relever de

rétat d'anéantissement dans leauel une suite ininterrompue de luttes intérieures ou extérieures, de gouYernements tyranniques suivis de bouleversements, l'avaient plongé pendant un temps infini. La capitale du Paraguay est Assomption^ sur la rive gauche du fleuve (20,000 hab.).

L'Uruguay. — Autrefois compris dans la vice-royauté de Buenos- Ayres, TUruguay, situé entre le Brésil et la République argentine, forme un Etat indépendant depuis 1828. Son sol fertile, mais couvert dévastes solitudes, est à peine cultivé par une population trop peu nombreuse, et dont la richesse consiste surtout en immenses troupeaux.

Montevideo (92,000 hab.), capitale de l'Uruguay, est une ville bâtie en amphithéâtre sur Tocéan Atlantique, à Tembouchure de la Plata. Elle occupe un espace assez étendu, parce que ses maisons n'ont généralement qu'un seul étage. On y trouve de grandes places, des rues coupées régulièrement, mais pas de monuments à signaler.

République argentine. — La Confédération argentine est composée de quatorze provinces. Au centre et à l'est du pays s'étendent d'immenses pampas où des troupeaux vivent en liberté. Du côté de l'ouest on rencontre des forêts et des plateaux stériles. Les naturels vivent perpétuellement à cheval, chassant les animaux sauvages avec les lasso, arme dont il se servent avec une adresse incroyable. Leurs vêtements rappellent ceux des Mexicains. C'est toujours le puncho, le vaste pantalon, les bottes aux énormes éperons et le chapeau de paille à larges bords.

Buenos-Ayres (177,000 hab.), capitale de la Confédération argentine, est bâtie d'après un plan très régulier, sur un terrain plat et peu élevé au-dessus du niveau du fleuve. Le nom de la ville vient de la salubrité exceptionnelle de l'air qu'on y respire. La moitié au moins des habitants sont étrangers, particulièrement italiens ou français.

Le Cihili. — Le Chili est une contrée longue et mince située sur les contreforts des Andes. Le sol est montagneux et volcanique. De fréquents tremblements de terre, dont quelques-uns ont causé des désastres considérables, sont le résultat de cet état de choses. De grandes richesses minières en sont aussi la conséquence, mais ne sauraient compenser ce <{ue cette situation a de terrible. Le Chili est un pays d'agriculteurs grands propriétaires ; son état social s'en ressent : il est aristocratique. C'est la contrée des grandes familles et des pions ^ des gens de rien, la contrée des majorats. Le pays est divisé en seize provinces.

Santiago (115,000 habitants), capitale du Chili, est située sur un plateau élevé de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette ville, qui jouit d'un climat exceptionnellement doux et salubre, a des rues larges qui se coupent à angles droits et quelques édifices publics dont l'architecture n'offre rien de saillant. Ses maisons, généralement peu élevées à cause des tremblements de terre, sont d'une construction assez élégante, et les habitants soDt renommés pour leur urbanité avec les étrangers. Cette capitale est reliée par un chemin de fer à Valparaiio (70,000 hab.), un des ports les plus commerçants du Pacifique.

La Patagonle. — La Patagonie occupe la pointe méridionale du continent ; par la Terre de Feu, elle se termine au Cap Horn. La contrée, froide et stérile, est habitée par des peuplades adonnées à la chasse, toujours à cheval, et sans aucune sorte d'industrie.

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