‹ Le monde vu par les artistesChapitre 21 sur 59 · SP'W · texte numérisé non relu

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Ftg. 313. — Afrique «acienne et colonies carUiaglnoises.

lions de l'antiquité. Malheureusement tes rares débris qui en subsistent appartiennent k l'époque romaine. C'est donc en consultant les passa-

Fig. 314, — EnTirons de Cartbkfe.

?es éparg dans les auteurs anciens qu'on peut se rendre compte de ce qu'était la ville au temps des guerres puniques. Gustave Flaubert a pu.

en les réunissant, donner dans son roman de Salammbô une reconstitution très intéressante de la ville de Carthage au temps dllamilcar.

« Carthage, dit le regretté G. Flaubert, était défendue dans dans toute la largeur de Tisthme : d'abord par un fossé, ensuite par un rempart de gazon, et enfin par un mur, haut de trente coudées, en pierres de taille, et à double étage. Il contenait des écuries pour trois cents éléphants, avec des magasins pour leurs caparaçons, leurs entraves et leur nourriture, puis d'autres écuries pour quatre mille chevaux avec les provisions d'orge et les harnachements, et des casernes pour vingt mille soldats avec les armures et tout le matériel de guerre. Des tours s'élevaient sur le second étage, toutes garnies de créneaux, et qui poi^ taient en dehors des boucliers de bronze suspendus à des crampons. Cette première ligne de murailles abritait immédiatement Malqua, le quartier des gens de la marine et des teinturiers. On apercevait des mâts où séchaient des voiles de pourpre, et, sur les dernières terrasses, des fourneaux d'argile pour cuire la saumure.

« Par derrière, la ville étageait en amphithéâtre ses hautes maisons de forme cubique. Elles étaient en pierre, en planches, en galets, en roseaux, en coquillages, en terre battue. Les bois des temples faisaient comme des lacs de verdure dans cette montagne de blocs, diversement coloriés. Les places publiques la nivelaient à des distances inégales; d'innombrables ruelles s'entre-croisant la coupaient du haut en bas. On distinguait les enceintes des trois vieux quartiers, maintenant confondues; elles se levaient çà et là comme de grands écueils, ou allongeaient des pans énormes, à demi couverts de fleurs, noircis, largement rayés par le jet des immondices, et des rues passaient dans leurs ouvertures béantes, comme des fleuves sous des ponts.

« La colline de l'Acropole, au centre de Byrsa, disparaissait sous un désordre de monuments. C'étaient des temples à colonnes torses avec des chapitaux de bronze et des chaînes de métal, des cônes en pierres riches à bandes d'azur, des coupoles de cuivre, des architraves de marbre, des contreforts babyloniens, des obélisques posant sur leur pointe comme des flambeaux renversés. Les péristyles atteignaient aux frontons ; les volutes se déroulaient entre les colonnades ; des murailles de granit supportaient des cloisons de tuiles ; tout cela montait l'un sur l'autre en se cachant à demi, d'une façon merveilleuse et incompréhensible. On y sentait la succession des âges et comme des souvenirs de patries oubliées. Derrière l'Acropole, dans les terrains rouges, le chemin des Mappales, bordé de tombeaux, s'allongeant en ligne droite du rivage aux catacombes; de larges habitations s'espaçaient ensuite dans des jardins, et ce troisième quartier, Mégara, la ville neuve, allait jusqu'au bord de la falaise, où se dressait un phare géant qui flambait toutes les nuits. »

Les très rares débris trouvés sur l'emplacement de l'ancienne Car-

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