‹ Le monde vu par les artistesChapitre 41 sur 59 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Relief du soL — L'art ancien. — L*arl moderne. — La vallée du Pô. — L'Italie centrale. — Rome et ses environs. — L'Italie méridionale.

ellef du sol. — Il est peu de pays dont les frontières soient aussi admirablement tracées par des limites naturelles, montagnes ou rivages, que le royaume d'Italie. Les Alpes, la mer Adriatique, la mer Ionienne et la mer Tyrrhénienne Tentourent de tous côtés. L'Italie forme un ensemble géographique complet et indiscutable.

Mais l'unité n'exclut pas la diversité, et par son relief, par l'orientation du système montagneux qui forme les Apennins, l'Italie présente une variété d'aspects dont il est impossible de ne pas tenir le plus grand compte lorsqu^on s'occupe de son histoire aussi bien antique que moderne. Il y a là un moule dont l'empreinte se retrouve à chaque page de la vie d'un peuple qui fut assez grand à son heure pour absorber et gouverner le monde.

La Lombardie compte peu dans l'histoire du développement de la civilisation romaine. Cette province est entraînée dans le mouvement général, mais elle ne le produit pas. C'est de l'autre côté des Apennins, au centre de la Péninsule, que le rayonnement civilisateur prend sa source.

L'Italie péninsulaire regarde l'occident. C'est de ce côté que sont les plaines fertiles, les riches campagnes, les ports commerçants. Du côté de l'Adriatique, mer fermée à peu près, l'Italie a rejeté ses montagnes. Cependant, au sud, la péninsule Italienne a eu le bonheur de pouvoir

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offrir un porl, le golfe de Tareiile, elles rivages orientaux de la Grande- Grèce et de la Sicile, à la civilisation hellénique alors qu'elle étail en marche vers l'ouest. <' Plus au nord, dit E. Reclus, ta Péninsule fait '< pour ainsi dire volte-face vers l'ouest; et, par suite, le mouvemeni « d'expansion des idées vers l'Europe occidentale s'est trouvé grandr- " ment facilité. »

A l'heure qu'il est, on peut diviser moralement l'Italie en deux ré-

Fig. àîB. — L'Italie moderne.

gions bien distinctes : celle de la vallée du Pô, vivante, pleine de sève, de vigueur, commerçante, industrielle, et surtout mise en valeur par l'agriculture, une agriculture intelligente, digne d'èlre offerte comme modèle aux cultivateurs des autres nations; puis la région puremenl péninsulaire, intéressante surtout par son passé, vivant de souvenirs. Outre la plaine du Pô, qui est bordée par les Alpes, et la péninsule qui s'avance dans la Méditerranée, l'Italie possède deux grandes îles, la Sardaigne et la Sicile (fig. 528).

L'art ancien. — On désigne généralement sous le nom de Pélasges, lespremiershabitantsdel'Italie, qui semblent avoir appadenuà la même race que ceux de la Grèce. Mais, dès une très haute antiquité, les côtes de la Sicile et de l'Italie méridionale reçurent des colonies phéniciennes, qui furent plus tard remplacées par des colonies grecques. La civilisation hellénique se développa dans ces contrées parallèlement à celle

de la Grèce propre, avec laquelle elle n'offre pas d'ailleurs de ditl'érence bien sensible. Le nom de Grande-Grèce, qui fut donnée à l'Italie méridionale, s'explique donc parfaitement.

La plaine du Pô fut aussi de bonne heure occupée par des Gaulois, qui ne paraissent pas avoir exercé une influence quelconque sur les beaux-arts. Mais les Étrusques, qui vinrent ensuite s'établir dans l'Italie centrale, appartenaient à une race particulièrement bien douée sous ce rapport, et c'est eux qui marquent le premier développement de Vart en Italie (fig. 529).

L'ancienne Etrurie (fig. 530), située au nord de Rome, est une contrée fiévreuse et malsaine, rarement visitée par les touristes, ignorée des industriels, abandonnée par les cultivateurs. C'est pourtant aux veux de ceux ([ui aiment à interroger le passé, un des points du monde les plus intéres-

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