MÉLANÉSIE
Anglais depuis 1804. C'est une contrée fertile, d'un climat agréable, et dont le commerce prend tous les jours de l'extension. Là capitale, Bobartfown (21,000 hab.), est une ville d'une physionomie tout anglaise et qui n'offre rien de particulier à signaler.
Nouvelle-Calédonie. — La Nouvelle-Calédonie est une grande île entourée par un cercle de récifs entourés par des coraux. Ce pays est
T\%' 101 et'ini, ^ Huquea kaniques. (Musée du Louvre.)
depuis quelque temps une colonie française qui sert de lieu de déportation, et dont Nouméa est la capitale. Cette colonie, à laquelle on prédit un grand avenir, est encore trop récente pour qu'on puisse y voir poindre une industrie artistique quelconque. Les naturels de l'ile sont les Kanaques ; les armes de ces sauvages sont la zagaie, la fronde, la massue; un casse-lête, affectant la forme d'un oiseau du pays nommé Cagou , est considéré comme l'arme nationale par excellence . Les prêtres kanaques jouissent d'une grande considération. Ce sont eux qui, lorsqu'une lutte doit s'engager, vont chercher \d.pierre de guerre et pra-
tiquent les cérémonies qui doivent leur révéler de quel côté sera la victoire. Si l'oracle est favorable, on pousse le cri de guerre : Din ! din !
Fig. 103. — UabiUlions Kaniques.
akatika ! Et les danses commencent. « Les acteurs de cette scène, dit le Guide de la Galerie ethnographique, portent sur la léie la marque de guerre, représentation bizarre d'une figure humaine en bois sculpté, ayant la bouche ouverte, et c'est par cette sorte de lucarne que le danseur peut diriger ses regards. Au masque est attaché un Glet qui porte à chacun de ses nœuds une touffe de plumes d'un pigeon commun dans le pays, le noutou. »
Quelques-uns de ces masques ont été rapportés en 1877 et sont maintenant au musée ethnographique du Louvre (lîg. 101 et 102).
Les habitations kanaques sont de forme conique et construites en chaume (fig. 103). Une affreuse poupée peinte en blanc, en noir et en rouge, imitant visiblement la forme humaine, les surmonte généralement. On voit aiTssi autour de ces tristes demeures des pieux au haut desquels on a place soit de gros coquillages, soit des crânes d'ennemis.
La NouTelle-Guinée. — La Nouvelle-Guinée est une ile de forme allongée, flanquée à ses deux extrémités de presqu'îles qui constituent la terre des Papous et de la Louisiade ; le détroit de Torrès sépare de l'Australie ce pays que l'on croit être montagneux et volcanique, mais dont on n'a guère exploré que les côtes. Le Musée ethnographique possède un curieux spécimen des nègres Papous. « Il représente , dit le Catalogue, un type sauvage, mais aussi un des élégants de la tribu. Sa chevelure très longue et très dense, teinte en roux avec de la chaux et poudrée en blanc avec du corail pulvérisé, forme. deux grandes touffes recouvertes d'un diadème fait en plumes de casoar. Au-dessus se dresse un peigne de guerre orné d'un oiseau de paradis, la merveille zoologique de celte contrée qui en possède tant d'autres. Un bandeau de petites coquilles el un collier de dents de cachalot complètent la parure. La figure est peinte en rouge, de petits hâtons de nacre sont engagés dans
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la cloisoD du nez et dans tes lobes des oreilles, un tatouage bleu se dessine sur la poitrine. Les armes sont remarquables : c'est un casse-tète [armé d'un long manche en bois dur, sur lequel est engagé un globe de serpentine, puis une lame habilement barbelée et une flèche armée d'un petit marteau en bois : c'est avec cet engin qu'on tue les oiseaux précieux pour ne pas en détériorer la peau. »
Les petits archliiels. — Les iles Salomon, Viti, les Nouvelles- Hébrides, etc., sont toutes des terres d'origine volcanique, toutes entourées d'une ceinture de coraux, toutes enfin douées d'une puissance de Tégétation remarquable. Les naturels qui peuplent ces Ues offrent, àcôté de traits généraux communs, certaines particularités, spéciales à telle ou telle peuplade, que leurs armes et leurs costumes nous permettent de constater. C'est ainsi que les habitants des iles Viti se montrent plus spécialement soigneux de leur personne , recherchés dans leurs ajustements. Ils prennent plusieurs bains par jour, et leurs coiffures crêpées et roulées en canons annoncent un travail méticuleux. Comme traits géoéraui il faut signaler l'emploi commun de l'arc et le mélange d'os bumains et de 61s très Ans placés entre eux et les maintenant, dans les instruments de guerre, dans ta lance par exemple. Citons aussi le poignard en bois muni de dents de requin sur ses deux arêtes. Quant aux défaits de costumes ce sont toujours les mêmes : les coquillages, tes dents d'animaux, la verroterie y jouent le plus grand rôle. Les habitations sont toujours aussi les mêmes cases que l'on trouve dans presque toutes les îles de l'Océanie.