‹ Le mondecamelotte comedievaudeville en trois actesChapitre 41 sur 52 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

JOUÜOIS, ADHÉMAR.

Minois. Voyons, mon cher marquis, ccou-

l «-moi.

*»nuAR. Non !

Jolibois. Mais si je prouve ce que j’avance?

* Bosalbi, Cornaline, Séraphin.

Cornitiae, Roulba, Séraphin.

t * h®«lbe, Cornaline, Séraphin.

* Goranliae, Roulba, Séraphin.

H*** hlfteia, Adbéraar, Séraphin.

Jolibois, Adbéaar.

adiiénar. Inutile, vous dis-je! et s'il faut dire franc, sarpejeu ! il no nie convient pas dVnlcndre parler aussi légèrement d'une femme qui est aux trois quarts marquise do la lloclio- Aigue !

joubois. Mais c'est pour empêcher qu'elle le devienne tout à fait, que mon amitié insiste.

ADiutNAB. * Assez!... voire amitié m'agace!

JOLiiiois. Mais vous allez faire la derriièio des folies !

ADHBVAlt. Je vais faire mon bonheur ! J 'idolâtre celte femme, j’en suis adoré !... ot je lépituserai.

joi mois. Vous ne songez donc pas à voire famille, à votre onclo qui vous déshéritera?

A dwmaii. Que m'importe!... un vil intérêt ce me séparera pas do cet ange, et s'il ne m'est plus permis de l'enrichir.... eh bien I son talent l'enrichira!

Jolibois. Son talent? ( Il rit. } Ah ! ah 1 ah ! Mais, mon cher marquis, où vous croyez-vous donc ici ?

AOHÉMAK. Mais au milieu de femmes élégantes, passées au blanc de perle, criblées d’esprit...

Jolibois. Oui, et de dettes...

aohéhar. Ob! Jolibois !... cette société n’csi-elle pas des plus choisies?...

jolibois. Oh ! oh !

adnémar. Ne sommes-nous pas dans le monde le plus conimo il faut?...

JCLtB'iis. Pauvre garçon !... Comment diable vous faire comprendre?... Tenez... aimezvous les crevettes?

AOH&uiR. Les crevettes?... Mais oui, j'aimo assez ce hors-d’œuvre.

jolibois. Eh bien ! entrez chez un marchand l do comestibles ; vtus voyez A l’étalage de su prrbes crevettes roses, fraîches, appétissantes, j et vous en demandez le pri*. — Un vous ré- ! pond : Huit franc* la livre, par exemple. — Dans un coin plus sombre de la boutique, vous en apercevez d'autres non moins roses, i:o> moins appétissantes, et vous demandez:

combien ? On vous répond : Quatre francs. — Celte différence de prix vous étonne. — Alors le marchand en saisit une délicatement par la barbe... il la soulève à la hauteur du siegede votre odorat, ot vous vous écriez : Je ne sais pas... mais il me semble que le parfum pourrait être plus exquis!... La raison, la voilé : c’est que les unes offrent aux amateurs toute la saveur du jour, toute la primeur du matin, cl que les autres ne peuvent offrir, hélas I que h parfum de U veille ou de l'avant-voille I... Vous ôtes, mon cher marquis, au miliou des crevettes à quatre francs I

ADHÊMAit. Je ne saisis pas tout h fait...

jolibois. Ici, on vit au jour lo jour, mds s'inquiéter d'où l'on vient ni où l’on va... ici, les actes de naissance sont supprimés, les biographies interdites. Les femmes de ce monde mènent une existence émaillée de billets de spectacle et de billets k ordre... Ces fleurs charmantes naissent dans uno mansarde, s'épanouissent en calèche, s'effeuillent en omnibus, et meurent h pied. Aujourd'hui, elles brilleront dans une robe do velours greffeo d'un cachemire indien !... demain elles se cacheront sous une robe d’indienne qui se cachera sous un tartao râpé. A vingt ans, elles ont rocher, valets de pied, femmes de chambre, et caetera; — à trente, c’est leur portière qui fait leur ménage, en attendant qu'elles fassent celui des autres. Chez elles, tout est clinquant, faux teint, frelaté, tout osl Qouerie et contrebande. Enfin, mon cher marquis, vous ôtes ici dans ce qu'on appelle le monde-camefsffa.

* Adlnmar, Jolibois,

AniiÉMAR. L© mondc-careeloUel... Ahl ça, mais mon très-cher, pourquoi vous y trouvezvous, dans co monde ?

jolibois. Pour m'amuser... Je le fréquente, mais je ne l’épouse pas !... Je me soucie fort peu de rencontrer un beau jour, dans ma cuisinière ou dans mon frotteur, lo frère ou la sTur de ma femme... Vous vous êtes laisse prendre aux apparences, au-dessus du [Minier... je vo is montre lo dessous... s’il vous terne encore, bon appétit !

amikmah , d’un ton bref. Et moi , je vous prio de faire h l'avenir , entre mademoiselle Uuvallon et votre monde, la différence qlfon fait entre l'or et le chrysocale... vous m’avez entendu? [/{ ta s'asseoir à droite*).

jolibois. Ah I ma foi, puisque vous ne voulez rien comprendre h demi mot , jo vous envoie uno bordé© en pleine poitrine. Appronez-donc que mademoiselle Cornaline, a qui l'Amérique oflre des militons, joue tout bonnement les accessoires... les bouts de râles aux Délasiements-Comiques.

ADuÉMAii, se levant. Allons donc! Elle a signe avec lo Théâtre-Français , j’ai vu rengagement.'*

jolibois. Il est faux ! Elle vous trompe , vous dis-je. — Tenez, voici le Cadet- Roui sel, journal de théâtre qui va vous édifier. (Il ii/j « Mademoiselle Cornaline s’obstine à étaler sa * nullité devant les Titis du boulcrard du » Temple. — Hans son râle de la jeune sau- » vago, elle a continué â nous cacher son a talent ; mais elle nous a montré ses jambes, a auxquelles nous adressons nos compliments « les plus sincères. »

Aontusu, saisissant U journal. Elle m'aurait abusé!.. Aux Délassements! elle quia des reotes... car elle m’a inoniré tout k l'heure des contrats de rentes provenant de l'héritago de sa tante.

jolibois- Des contrats I vous les avez rus?

adbéear. Je les ai entrevus.

jolibois. Qui viennent de chez sa tante?

ADIIKMAR. Oui.

jolibois, lui montrant des papiers. Comme ceux-ci, n’est-co pas?

AonÉMAR. En effet!

jolibois. Mais ce sont des reconnaissances du mont-de-picié t... J’ai racheté colles-ci pour vous convaincre.

adhêhah. Le mont-do-piété !

jolibois. Elle disait vrai... c’est sa tante!.. adbémar. Conflez-moi ces reconnaissances, je vous en serai reconnaissant.

jolibois, Us lui donnant. Très-volontiers, et quant à cette grande passion qu'elle dit éprouver pour vous...

ADUÉMAR. Oh ! ne touchons pas h celte corde.

— Je suis son premier amour , elle me l’a juré t

jolibois. Alors, c’est qu'elloen avait deux à son aorvico.

adiiékab. Comment cela?

jolibois. Lisez ce billet, que j'ai, dans votre intérêt, intercepté tout à l’heure à un Auvergnat.

adhémaR , lisant l'adresse. « A monsieur b Loulou, cornet à piston aux Dëlasseraente- » Commues. » [A fui-mlme.) Monsieur Loulou !.. [haut.) Voyonsl***(/f ra rompre le cachet el s'arrête tout à coup.) Itompre ce cachet!... non! ce serait une canaillerie!

jolibois. Mais vous êtes son futur!

aduémar. Au fait, vous avez raison 1 (Mime

* Jolibois, Adbémar.

** Adbévnar, Jolibois.

*'* Jolibois, Aühpinar.

LF MONDE-CAMELOTTB.

IA

jeu) Non , non , ça no m fait pat , co serait d'un va nu-pieds!

jolibois. Quel enfantillage! Bri-ezdoncl adiiémar. Uriîons là. — Ou vient , je l’entends! cVst-elle! elle approche!... Laisseznous! parier!

Jolibois. Soyez fort!

cornaline, ffWran/. Jolibois ici!* jolibois. Arrivpz-donc , belle dame... ce cher marquis brûle do vous parler do son amour 1 (Il sort en riant.)

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