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I. - COLORATION

Parfaitement transparent dans le sang examiné à l’état frais, le cytoplasme monocytaire se colore en rose par le triacide, en bleu par le Jenner, en un mélange de gris et de bleu par la coloration panoptique; mais c’est surtout la coloration au Giemsa, pratiquement seule utilisée aujourd’hui, que nous retiendrons. Depuis Naegeli (1925), tous les auteurs admettent que le protoplasme monocytaire se colore par le Giemsa d’une manière tout à fait caractéristique en gris foncé (« düstergrau »). « Gris cendré », écrivent Merklen et Wolf (1927), « gris-bleu », écrit Chevallier, etc. Il s’agit, en effet, dans la majorité des cas, d’un gris pâle et à peine bleuté qu'avec un peu d’entraînement on arrive à distinguer facilement du bleu-ciel du protoplasme lymphocytaire. Dans les très bonnes préparations, le gris est assez franc et assez foncé. Mais pour peu qu’on pousse la coloration, on voit le protoplasme s’éclaircir, le gris pâlir de plus en plus et se rapprocher d’un bleu lavé beaucoup moins caractéristique. Cette coloration, si spéciale et si constante, est due à la faible basophilie du cytoplasme. Son pH, selon Doan et Wiseman, serait remarquablement fixe (6,8-8,0 par l'indicateur rougeneutre) et « caractériserait le monocyte du règne animal ».

Un autre point mérite d’être noté : le protoplasme

se teinte jusqu’au noyau qui n’est entouré d’aucune

zone incolore, d’aucun « halo clair péri-nucléaire $

(Naegeli) comme cela s’observe pour d’autres cel-

lules, les lymphocytes par exemple.

Masugi décrit l'existence d’une aire cytoplasmique plus foncée au niveau de l’encoche nucléaire. C’est au niveau de cette zone qu'apparaîtrait la rosette de sranulations rouge-neutre par la coloration supravitale. Cette zone peut être notée en effet, mais elle doit être considérée, selon Bloom, comme un artefact de préparation. Pour ce dernier auteur, au contraire, il existerait « une zone claire autour du centrosome, qui est la position de la rosette rouge-

neutre ».

Par ailleurs, la partie périphérique du cytoplasre se teinte d’une manière quelque peu différente. La teinte grise s’estompe ou disparaît pour faire place à un bleu plus franc, plus intense, plus net, plus homogène. Ce point n’est signalé que par un petit nombre d'auteurs. Encore, presque tous ces derniers ne le notent que dans certains cas pathologiques, comme nous le verrons ailleurs. Seul, P. Chevallier distingue dans le cytoplasme monocytaire normal deux zones : lune centrale, gris-pâle et qu’occupent les granulations, le granuloplasme ; l’autre, périphérique, limitée souvent sur les préparations fixées à une mince bande périphérique mais qui, dans les examens de sang frais, peut se montrer beaucoup plus étendue, ‘zone teintée en bleu par les éosinates de bleu de

méthylène, dépourvue de granulations et que P. Che-

rs

vallier appelle hyaloplasme. Nous verrons au chapitre de l’anatomie comparée, que cette différenciation du protoplasme en deux zones se retrouve avec netteté dans les cellules mononuclées des invertébrés et qu’elle apparaît des plus justifiées. Ce hyaloplasme, parfaitement translucide et agranulocytaire peut être difficile à mettre en évidence sur les préparations habituelles où il se réduit souvent à une ligne simplement plus foncée, dessinant les contours de la cellule et se présentant sous l'aspect d’une membrane périphérique, d’un renforcement protopiasmique péricellulaire. Il constitue, comme nous le verrons également plus loin, la membrane ondulante que Carrel a décrite chez les monocytes normaux de la poule (1927).

Rappelons toutefois que déjà Renaut avait décrit, à propos des macrophages du sang (qui semblent bien répondre, d’après sa description, aux monocytes) deux zones cytoplasmiques : une zone centrale ou « trophoplasme », contenant « le noyau, l'appareil de ségrégation et les mitochondries.. très plastique, et pouvant s’allonger au sein des processus tentaculaires lorsque la cellule se meut dans le coagulum » et une zone marginale ou kinoplasme, beaucoup plus mince, dont l'épaisseur, selon Policard, ne dépasse pas 0,4 # « Ce kinoplasme contient parfois quelques vésicules et mitochondries et sur son bord externe s’implantent les processus flagellés que Renaut nommait « pseudopodes en aiguilles » (Carrel).

LoHpTee

Ce hyaloplasme ou kinoplasme est bien décrit par P. Chevallier pour les monocytes humains, qui le montre « capable de former des expansions pseudopodiques où membraniformes passagères… (ne con-

tenant) pas de granulations et parfaitement vitreux ».

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