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LES GRANULATIONS

# Û . , . r À 4 o Ce protoplasme ainsi décrit présente à étudier des formations très particulières : les granulations. Elles ont donné lieu à de nombreuses recherches et à de

nombreuses controverses.

Rappelons que ce sont Michaelis et Wolf qui les firent connaître pour la première fois et qui les désignèrent sous le nom de « granulations azurophiles ». On en discuta aussitôt la spécificité et la nature. Un certain nombre d’auteurs en nièrent tout d’abord la présence (Erhlich, Naegeli, Schridde, Pappenheim, Levaditi, etc..). Ces auteurs en faisaient des « pseudo-granulations » liées à un trouble fonctionnel du cytoplasme. Mais on fut bientôt obligé d'admettre qu’il s'agissait en réalité de vraies granulations, d’un type tout à fait spécial. Bétancès proposa même de substituer le nom de «granulations-azur » à celui de granulations azurophiles et montra leur affinité pour les éosinates d'azur de méthylène. Toutefois certains auteurs ont continué à confondre les granulations des lymphocytes et celles des monocytes. La confusion

résulte du fait qu’on peut, en réalité, observer dans

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les monocytes deux variétés de granulations bien distinctes : les unes qui sont véritablement propres aux monocytes — très fines, très nombreuses, disséminées dans tout le corps cytoplasmique sous la forme d’un semis poussiéreux et brunâtre, amphophiles —, les autres, plus rares, plus grossières, franchement azurophiles, qu’on retrouve plus inconstamment et qui sont identiques à celles que possède le cytoplasme des lymphocytes. Or, il semble que certains auteurs n'aient bien vu que ces dernières, que d’autres n’aient observé que les premières. Les unes et les autres étant désignées indifféremment sous le nom de « granulations azurophiles », on comprend que des controverses soient nées au sujet de leur fréquence comme au sujet de leur spécificité.

Il nous paraît certain que lorsque Michaelis et Wolf décrivirent leurs granulations azurophiles, il s'agissait des secondes, non spécifiques. Ce sont ces mêmes granulations que Jolly a vues, lorsqu'il écrit qu'elles ne sont « pas reconnaissables dans le sang frais et vivant, ni par l'éclairage ordinaire, ni à l’éclairage sur fond noir » et qu’elles apparaissent par les éosinates d’azur de méthylène, « de couleur pourpre, peu nombreuses, très irrégulièrement distribuées, souvent contenues dans des vacuoles ». On comprend donc qu’il ne leur attribue aucune spécificité : « elles ne semblent pas particulières à un type de leucocytes ». (Notons cependant qu’en 1934, le

même auteur paraît bien moins formel.)

Ce sont aussi sans doute les mêmes granulations qu’ont observées Dominici, Rieux (qui les compare à des bâtonnets); H. Bénard et Tissier, Clerc, Aubertin, P.-E. Weill qui écrit : « Les granulations azurophiles ne peuvent certainement pas suffire à caractériser les monocytes ».

La majorité des auteurs, par contre, qui ont vu les premières ne paraissent pas avoir noté ce deuxième type de granulations : c’est le cas de Naegeli, en particulier, qui a cependant fort bien étudié les granulations des monocytes, de Hittmair, Schulten, Storti, Pieraerts, Tzanck, Mas y Magro, Glanzmann, etc... Naegeli est même très formel qui écrit que les granulations des lymphocytes « ne se rencontrent jamais dans les monocytes ».

Il reste enfin des auteurs qui ont bien observé dans le cytoplasme monocytaire deux types de granulations mais en les réunissant sous une même rubrique et qui paraissent en faire simplement deux aspects différents d’une seule espèce de granulations. Par exemple Clerc, Laubry et Marchal qui écrivent : « Ces granulations sont tantôt fines, nombreuses, nuançant le monocyte d’une teinte rougeâtre uniforme, tantôt elles sont rares, groupées dans un segment protoplasmique et parfois entourées d’un halo clair >»; de même Merklen et Wolf : « On trouve presque toujours des granulations menues mais parfois denses et volumineuses. »

P. Chevallier enfin distingue nettement les deux tvpes de granulations monocytaires : « Un monocyte

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peut contenir des granulations azurophiles : elles sont alors distinctes des granulations monocytiques. »

C’est Naegeli qui, le premier, a bien étudié ces granulations monocytiques. Déjà en 1995, il en signale lexistence dans les préparations non colorées, à lultra-microscope. On les retrouve avec les diverses colorations. Mais le triacide et le Jenner ne les révèlent que sous forme de quelques grains isolés, disséminés dans le corps cellulaire. Et c’est la coloration de Giemsa qui permet de les voir avec le maximum de netteté, d’autant mieux que la coloration a été plus poussée. Elles apparaissent alors sous l’aspect d’un piqueté, toujours très fin, certains grains étant vraiment « à la limite de la visibilité », comme l'écrit Pieraerts. Il est même des cas où il est impossible de les reconnaître, où elles n’ont plus aucune : netteté, où l’œil ne perçoit qu’un flou du cytoplasme qui n’a jamais cet aspect homogène et clair du cytoplasme Iymphocytaire. Mais un œil prévenu arrive presque toujours à les soupçonner au moins. Ù

Dans les cas où on peut les distinguer — et qui sont de loin les plus fréquents par les bonnes colorations et dans les sangs normaux — le nombre de ces granulations est toujours très élevé et il est absolument impossible de les dénombrer. Leur répartition dans le corps cytoplasmique a été diversement noté: Naegeli les trouve disséminées dans tout le cytoplasme mais plus nombreuses à la périphérie qu’au pourtour du noyau. Rieux, Mas y Magro et d’autres sont du même avis. Au contraire, P. Chevallier les

Le

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