‹ Le MonocyteChapitre 38 sur 62 · RAS ER · texte numérisé non relu

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toujours très nettes et se présentent sous l’aspect de grains beaucoup plus gros que les grains monocytaires, parfois plus gros que les granulations neutrophiles des polynucléaires. Ils sont colorés en rouge très vif, parfois très foncé, presque noir; les contours en sont très nets et assez souvent ils sont entourés d’un halo clair, paraissant, en quelque sorte, envacuolés. Ils sont toujours peu nombreux, un à cinq, parfois une dizaine, exceptionnellement davantage. Ils sont énucléables, contrairement aux granulations monocytaires et on peut les voir parfois exclus du corps cellulaire. Ces granulations semblent en tous points comparables aux granulations des lymphocytes ‘et on peut les grouper sous le nom de « granulations azurophiles ». Elles ne sont donc spécifiques ni d’une variété cellulaire ni de l’autre et leur présence ou leur absence ne permet en rien d'affirmer la nature

monocytaire ou iymphocytaire des cellules.

Quelle est la nature dés granulations monocytaires ?

Rappelons tout d’abord qu'à lorigine, certains auteurs voulurent les confondre avec les granulations neutrophiles (Erhlich, Schleip, Chrosrojeff, Herz, etc...) d’autres auteurs en firent des granulations pro-neutrophiles (Hinek, Klein); Türk en fit des granulations neutrophiles rudimentaires.

En 1915, Aubertin et Chabanier étudièrent « les granulations azurophiles des mononucléaires dans le sang normal et dans les leucémies », mais ils envisa-

geaient sous ce nom les granulations non spécifiques

des monocytes. De même Jolly, pour qui ces dernières seraient à rapprocher des grains de sécrétion qu'on trouve dans un grand nombre de cellules mésenchymateuses.

En 1920, Bétancès a consacré des travaux à « l'étude de la granulation azurophile >» mais il étudie sous ce nom les granulations de toutes les cellules mononuclées, « qu’elles soient teintées en rouge vif où en violet rougeâtre par l’action des éosinates d'azur de bleu de méthylène ou qu’elles se présentent exceptionnellement «us l’aspect d'éléments grossiers, entourés ou non d’un halo clair >». L’auteur conclue à une identité de leur nature « puisqu’elles ont toujours une même et unique réaction chromatique, une même résistance à certains agents physiques et chimiques ». Et l’auteur précise plus loin : « Elles sont à l'ordinaire plus abondantes dans les monocytes, les cellules de Rieder, les promyélocytes et les mésolymphocytes ». Etudiant leurs variations d’une de ces cellules aux autres, l’auteur conclue qu’on peut les considérer comme « le produit d’une fonction cellulaire secrétoire constante, mais non continue dans la même cellule, fonction accomplie par n'importe quelle variété morphologique et à n'importe quelle phase de son développement ». Cette fonction secrétoire ferait la preuve de son intensité dans le nombre de granulations renfermées par le cytoplasme et elle permettrait d'affirmer que le rôle des cellules mononuclées du sang est non moins important que celui

des polynucléaires « dans les phénomènes vitaux de

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l'organisme : nutrition, résorption, défense, immunité ».

La nature chimique de ces granulations monocytaires a été étudiée par divers auteurs mais elle est demeurée, jusqu’à ce jour, indéterminée. La difficulté d’une telle étude résulte du fait que, contrairement aux granulations neutrophiles et éosinophiles qui sont énucléables des corps cellulaires et qu’on peut étudier isolément, celles des monocytes sont inséparables de la structure cytoplasmique. Il sembierait donc qu'elles font partie intégrante du cytoplasme dont elles représentent simplement certaines parties différenciées. On ne pourrait donc, contrairement aux affirmations de Bétancès, les considérer à proprement parler comme des grains de sécrétion du cytoplasme.

D’autres auteurs en ont fait des produits de digeslion cellulaire de corps phagocytés, mais rien non plus ne permet d’affirmer cette hypothèse.

On a étudié aussi les variations de nombre et d'aspect des granulations suivant les différents états physiologiques et pathologiques des monocytes. Bétancès prétendait, en 1920, qu'on ne pouvait rien en conclure; mais Naegeli, en 1932, a montré que le nombre des granulations est bien moins élevé dans les monocytes jeunes et vieux et dans certaines affections, comme la maladie de Biermer et les anémies hypochromes. Il a montré aussi que lorsque ces dernières réagsent au fer, on voit aussitôt le nombre des granulations monocytaires augmenter. D’autre

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part, elles peuvent perdre leur finesse et acquérir un aspect plus grossier ou s’aggiutiner dans certains états toxiques et, en particulier, dans les cirrhoses du foie. Clerc les a trouvées particulièrement abondantes et volumineuses au cours des leucémies myéloïdes, « au point, précise cet auteur, que les mononucléaires ainsi chargés, en imposent pour de véritables basophiles ».

Une dernière propriété de ces granulations serait de donner la réaction des oxydases (synthèse du bleu indo-phénol, en particulier, comme l’a montré Nae-

seli pour la première fois) et des peroxydases.

Cette étude fera l'objet du chapitre suivant.

OXYBDASES ERAREROXMPDASES

Depuis que Schultze, en 1909, a pour la première fois montré que les leucocytes de la série myéloïde, et plus spécialement les polynucléaires neutrophiles, donnaient la réaction des oxydases directes, de nombreuses recherches ont été entreprises et de nombreuses controverses sont nées au sujet de ja même réaction et de celle des peroxydases chez les monocytes.

Rappelons tout d’abord brièvement le principe de ces réactions micro-chimiques complexes : dans l’une, qui est la réaction des oxydases directes, l’oxydation a lieu aux dépens de l'oxygène de l’air ou du milieu ambiant; dans l’autre, qui est la réaction des oxydases indirectes ou des peroxydases, l'oxydation se fait grâce à un peroxyde dont une molécule d’oxygène est mise en liberté. \

De nombreuses techniques se sont proposées de réaliser ces deux variétés .de réactions. Déjà, dans son mémoire, en 1930, Martinotti en rapportait soixante-six. En réalité, toutes n’ont pas la même valeur et ne donnent pas les mêmes résultats; et un certain nombre d’oppositions résultent du fait que

les auteurs ont employé des techniques différentes sans préciser lesquelles. R. Cook-Beck insiste avec

raison sur ce point particulier.

Nous dirons tout d’abord quelques mots des prin-

cipales techniques utilisées.

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