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FONCTION PHAGOCYTAIRE COLORATIONS VITALES ET SUPRA-VITALES

FONCTION PHAGOCYTAIRE

Nous serons bref sur la fonction phagocytaire qui n’'intéresse qu’indirectement la morphologie cellulaire du monocyte.

Cette fonction phagocytaire du monocyte est incontestable (Naegeli, Bloom, Schilling, Schulten, Tzanck, Chevallier, etc). Dominici appelait les monocytes « hémomacrophages ».

On peut voir, en effet, à l’état vivant, les monocytes développer des processus pseudopodiques au- ‘tour de corps étrangers, puis les phagocyter. On observe alors le passage des particules incluses, d’abord dans le hyaloplasme, puis dans le granuloplasme. Les vacuoles qu’on observe dans un certain nombre de cas seraient le témoignage de cette phagocytose. Schulten écrit : « Le monocyte est la seule cellule du sang qui parfois, même dans les cas normaux, montre des vacuoles, alors que dans toutes les

autres cellules, la vacuolisation est la traduction d’une altération plus profonde. »

Elles sont tantôt petites (Schilling, Hittmair), tantôt grosses (Laubry et Marchal, Chevallier). On les trouve près de la périphérie (Chevailier) ou près du noyau, au niveau de l’encoche nucléaire (Hittmair). Naegeli a été frappé par leur disposition presque constante au pourtour du noyau. « Je n'ai jamais rien vu de tel, écrit-il, dans aucun autre type cellulaire. »

À vrai dire, cette fonction phagocytaire se manifeste surtout expérimentalement et dans les processus morbides. Ainsi, dans les sangs rendus incoagulables et conservés à l’étuve, lors de la destruction des hématies, on peut voir les monocytes phagocyter ces dernières. Dans l’hémolyse provoquée expérimentalement par les venins de serpents ou certains corps méthémoglobinisants comme la toluyène-diamine, on voit, dans le cytoplasme des monocytes, apparaître des débris hématiques. De même, lorsqu'on injecte « in vivo >» des particules étrangères dans la circulation, les monocytes peuvent les phagocyter. C’est cette propriété qui a été utilisée pour les colorations vitales. Nous reviendrons, avec les formes morbides, sur les corps étrangers pathologiques qu’on peut retrouver dans le protoplasme monocytaire.

Sur le mécanisme de la phagocytose lui-même et sur les mouvements des monocyies en général, il convient de citer les travaux de Carrel (1927). L’au-

teur a procédé à l'étude cinématographique des

f monocytes normaux, en mouvement, de la poule. Les pseudopodes en aiguille apparaissent ainsi sous forme d’.« appendices filiformes » implantés sur le bord de la cellule, tantôt rares, tantôt nombreux, doués d’une grande mobilité ondulante, les faisant ressembler à des algues. En se recourbant sur les lymphocytes voisins, ils les englobent et les attirent vers l’intérieur du cytoplasme.

L'étude du film pris à l’éclairage latéral révèle que ces flagelles ne sont, en réalité, que « les plis d’une membrane extrèmement mince, ondulant incessamment autour de la cellule ». L'auteur compare cette membrane à « un voile de soie, extrêmement mince, agité par le vent ». Elle est insérée sur le cytoplasme dont elle forme le prolongement et le bord périphérique. Elle est constituée de festons irréguliers, dont’ la forme change sans cesse et qui s'adaptent aux « anfractuosités du milieu ». Les lymphocytes phagocytés sont, non pas enveloppés par des pseudopodes mais « posés sur la membrane ondulante qui les enveloppe ensuite de ses plis >». Quand le monocyte est posé sur une lame de verre, la membrane ondulante s’arrondit et ses mouvements apparaissent sous forme « d’une ondulation régulière qui se propage du kinoplasme vers la périphérie et ressemble aux vagues d’une mer calme, s’allongeant régulièrement sur le sable ».

L'existence de cette membrane ondulante différencie bien le mode de propagation des monocytes

de celui des lymphocytes « qui rampent comme des

petits vers » et de celui des polynucléaires aux mouvements amiboïdes.

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