CONCLUSIONS
I. - Le monocyte typique présente des caractères qui permettent de le reconnaître. Ce sont :
a) sa taille souvent grande, 20 # en moyenne, parfois plus petite ;
b) son noyau : la forme en est tantôt régulière, ronde ou ovale, tantôt incisée ou incomplètement lobée ; l’ensemble est clair et la structure paraît sur les préparations usuelles parfois diffuse, parfois
grossièrement réticulée, parfois hachurée et inégale;
c) son protoplasma que colore en un gris pâle vaguement bleuté les éosinates de bleu de méthylène.
Deux zones peuvent être reconnues :
— une zone centrale ou granuloplasma, la plus étendue, semée de très fines et nombreuses granulations spéciales, les «granulations monocytaires » ; elles sont amphophiles et les colorations habituelles les montrent sous la forme d’une fine ponctuation poussiéreuse. Elles ne doivent pas être confondues avec les granulations azurophiles, plus grosses, franchement rouges ou violettes ; on les trouve ou non.
éparses en petite quantité aussi bien dans les mono-
cytes que dans les lymphocytes.
— une zone périphérique, lPhyaloplasma d’étendue parfois très restreinte, homogène, non granuleuse, colorée de façon uniforme en bleu plus franc. Cette zone est le kinoplasme ou membrane ondulante. Elle
est souvent très mince et peut même manquer.
d) Par des réactions spéciales, apparaissent des granulations oxydasiques et peroxydasiques ; elles sont un élément important de diagnostic, mais elles semblent cependant pouvoir manquer dans certains
éléments.
e) Par les colorations supra-vitales, au Rougeneutre et au Vert-Janus, apparaissent, dans un grand nombre de cas, une collerette de granulations roses saumonées au niveau de l’encoche nucléaire, ainsi que d’autres caractères. Ils ont été considérés comme spéciaux aux monocytes, mais ils ne semblent pas constants.
IT. — Rares dans le sang normal, les formes atypiques de monocytes sont fréquentes dans les états morbides. Parmi ces formes, les plus communes sont celles où l'irrégularité du noyau est extrême ; il est aussi des formes où manquent les granulations « monocytaires >» cytoplasmiques, les formes où font défaut les réactions des oxydases et des peroxydases, celles où le protoplasma est très vacuolaire, où il est parfois presqu’entièrement transparent.
— 117 = C’est en se basant sur ces particularités structurales et sur l’expérimentation qu'on a pu distinguer des formes jeunes, des formes adultes, des formes
vieilles, des formes altérées, dégénérées, etc.
III. — Les monocytes des vertébrés et ceux de l’homme n’ont entre eux aucune différence notable. Les cellules monocytoïdes des invertébrés présentent de grandes ressemblances avec les monocytes des mammifères: leur différenciation protoplasmique en deux zones, granuleuse et hyaline, y est en particulier très nette.
IV. — Un certain nombre de cellules blanches sont à différencier du monocyte. Les grands lymphocytes ou macrolymphocytes, sans doute souvent confondus avec les monocytes, s’en distinguent par le noyau, la teinte du cytoplasme et l’absence de granulations monocytaires. Les myélocytes et métamyélocytes neutrophiles ont un protoplasma plus oxyphile et des granulations plus grosses. Il sera souvent utile, toutefois, de s'adresser aux colorants acides pour les distinguer des monocytes. Les cellules conjonctives mobilisables ont un noyau généralement plus régulier et un protoplasma non différencié, et pourraient être surtout confondues avec des monocytes dégénérés. Le diagnostic reste néanmoins quelquefois très difficile et il n’est pas douteux qu’il existe, au point de vue strictement morphologique, des formes inter-
médiaires.entre les éléments typiques de chacune de
ces espèces cellulaires. Ce sont ces formes qui ont justifié les diverses théories génétiques dont nous
nous sommes interdit de parler dans ce travail.
Vu : Le Doyen, A. BAUDOUN.
Vu : Le Président de Thèse, M. ABRAMI.