‹ Le MonocyteChapitre 60 sur 62 · TEL · texte numérisé non relu

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daux. Le bleu de Pyrrol est généralement utilisé. Notons ici que par ce moyen Mas y Magro distingue deux variétés d’histiocytes réticulaires : les uns qui montrent des grains pyrrolophiles disséminés de façon diffuse, les autres dont « les grains pyrrolophiles sont groupés en un ilôt, arrondi ou allongé, souvent unique dans une même cellule, rappelant

tantôt une rosette, tantôt un croissant ».

Les histiocytes réticulaires qu’on observe dans le tissu réticulaire du foie, de la rate, des sinus lymphatiques ont été assimilés par Mas y Magro, Tzanck et d’autres auteurs à des prémonocytes. Paul Chevallier fait observer qu'ils n’en ont cependant « nullement l'aspect » et qu’on ne trouve entre eux et les monocytes « aucune forme de transition ».

Rappelons que cette propriété de fixer les colorants colloïdaux ne s’observe qu’exceptionnellement chez le monocyte ou seulement lorsque les doses injectées sont très élevées et qu’alors d’autres cellules, comme les neutrophiles, les fixent également. Pour Mas y Magro, il y aurait seulement deux variétés de monocytes : ceux qui fixent ie bleu de pyrrol — monocytes chromophiles — et les monocytes non chromophiles; les premiers étant des formes jeunes, les seconds des éléments plus âgés.

Pour achever de différencier les histiocytes réticulaires des monocytes, notons que la réaction des oxydases et des peroxydases est toujours négative chez

les premiers et que la coloration supravitale par le ‘ }

rouge-neutre et le Vert-Janus ne montre pas les éléments caractéristiques du monocyte.

Les histiocytes endothéliaux proviennent des vaisseaux périphériques de l’endocarde ou du système réticulo-endothélial, Ils ont, depuis les travaux hématologiques de la maladie d’Osler, acquis une grande importance, surtout par rapport à la question des monocytes (Hittmair). Ils sont encore appelés clasmatocytes. Leur taille moyenne est de 15 à 20 #, Mais il n'est pas rare d'observer des éléments plus grands (30 à 40 «) et même gigantesques (50 #).

Leur forme est généralement allongée, oblongue mais parfois arrondie ou ovalaire. Elles sont souvent étirées à un pôle ou aux deux. Des formes polygonales peuvent aussi s’observer. On voit parfois des cellules groupées ou disposées en rangées. Les contours sont presque toujours irréguliers car elles se laissent facilement déformer ou comprimer par les éléments voisins. Elles présentent très souvent des éperons périphériques €t des allongements pseudopodiques uniques ou multiples, dont la longueur varie de quelques # à 15, 20 ou même 30 #. Ces prolongements cytoplasmiques joints à l’aspect lamellaire des cellules réalisent souvent d’étranges images caractéristiques. Mais des formes plus régulières rappelant le monocyte ne sont pas exceptionnelles.

Le noyau est généralement assez grand — 12 à 15 # —— mais il peut être plus petit ou plus grand, atteignant la périphérie cellulaire : le cytoplasme

n'apparaît alors que sous la forme de petites calottes

à l’un ou aux deux pôles du noyau. Il est presque toujours excentrique. Sa forme est des plus variables car il s'adapte visiblement et facilement à la forme cellulaire (Hittmair). Aplati dans les cellules fusiformes, il s’arrondit quand la masse protoplasmique est importante ou se contourne et se lobe dans les cellules plus petites. Dans les cellules fortement phagocytaires, il est repoussé vers la périphérie et est complètement déformé. Il est généralement très clair comme le noyau monocytaire. Il présente une structure lâche et spongieuse réticulo-alvéolaire. La basichromatine est disposée en un réseau très fin et assez régulier, à mailles écartées et souvent arrondies, « comme si elle était formée d’un seul filament qui se serait emmêlé sur lui-même » (Hittmair). Parfois s’observe un certain parallélisme des fibres réticulaires qui sont parsemées de petits blocs de chromatine et qui donne alors un noyau d'aspect plus dense, plus foncé.

Il est fréquent, mais non constant, d'observer un ou plusieurs nucléoles, légèrement ou fortement basophiles.

Comme on le voit, ce noyau rappelle par bien des points certains noyaux monocytaires desquels il peut être impossible de le différencier.

Le cytoplasme est abondant bien que très aplati. Il est légèrement basophile, comme le cytoplasme monocytaire et, par les éosinates de bleu de méthylène, il se teinte en gris-bleu clair; mais, comme le cytoplasme de l’histiocyte réticulaire, il présente souvent

des plages oxyphiles ou achromophiles, soit très limitées et nettement circonscrites, soit diffuses et intéressant la presque totalité Ge la masse cytoplasmique. Ces dernières peuvent lui conférer un aspect très transparent qui peut le rendre plus ou moins complètement invisible, comparable, dit Hittmair, à de Ja fumée. À côté de ces particularités tinctoriales, le cytoplasme endothéliocytaire paraît fréquemment non homogène. Il semble, du moins par endroits, comme grossièrement tissé ou de structure poudreuse ou nébuleuse,

On peut observer des fines granulations, analogues aux granulations azurophiles des monocytes et des lymphocytes. Elles sont éparses autour du noyau et, par le May-Giemsa, elles se colorent en un violetrougeâtre, un peu différent du rouge plus vif des granulations des monocytes et des lymphocytes. Parfois, ces granulations sont groupées, formant de véri-

tables ilôts azurophiles.

Les vacuoles sont fréquentes et, souvent même, nombreuses, pouvant couvrir une grande surface de la cellule. Elles sont de taille variable. Les unes sont vides, les autres contiennent des éiéments phagocytés en voie de désintégration. La phagocytose de ces cellules ‘est en effet souvent intense. Et l’on peut observer, à côté des vacuoles, des particules phagocytées : débris cellulaires divers ou corps étrangers. Hittmair a vu des histiocytes endothéliaux renfermant des streptocoques en chaïnettes dont les uns étaient partiellement attaqués. Selon cet auteur, l’oxyphilie

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cytoplasmique qu’on pourrait parfois observer serait

due à une réaction de ces corps phagocytés.

La phagocytose s'exerce également vis à vis des substances colloïdales et elles absorbent « in vivo » et « in vitro » le bleu &e pyrrol qu’on retrouve sous forme de grains inégaux. Cette fixation, comme le font remarquer Lambin et Pieraerts, est d’ailleurs inconstante, « même chez des animaux injectés pen-

dant plusieurs semaines ».

On voit donc qu’en dehors de certaines formes très grandes et à contours très irréguliers, les histiocytes endothéliaux, par leur noyau, par leur cytoplasme faiblement basophile et poudreux, leurs granulations azurophiles et leur activité phagocytaire, peuvent ressembler fort à certains monocytes : non pas, en général, à des monocytes normaux, au noyau plus régulier, au cytoplasme moins vacuolé et riche en granulations monocytaires mais aux monocytes altérés de certains états morbides, On aura donc, là encore, utilement recours aux colorations supravitales et aux réactions oxydasiques et peroxydasiques. Ces dernières sont toujours négatives chez les histiocytes endothéliaux, — comme chez les histiocyles réticulaires — toutefois, on peut avoir cerfaines causes d'erreur du fait de débris granulocytaires phagocytés qui, comme le fait remarquer Hittmair, peuvent réagir positivement et rappeler alors les réactions souvent assez pauvres des monocytes, Mais

ces Cas sont, en réalité, l’exception.

Quant à la coloration supra-vitale par le rougeneutre, elle met en évidence chez les histiocytes endothéliaux, des vacuoles de rouge-neutre, de tailles variables, dont la coloration est tantôt rouge, tantôt rose où orangée, voire même jaunâtre et non saumonée comme celle des corpuscules rouge-neutre des monocytes. De plus, ces vacuoles ne sont pas disposées en rosette, mais dispersées sans ordre dans tout le corps cellulaire (Schultz-Krüger, Whitby et Britton, R, Cook-Beck). Enfin, le Vert-Janus n’arrive pas à mettre en évidence de mitochondries.

Le diagnostic des monocytes peut encore se poser avec les cellules de Rieder. Pittaluga et Lopez, qui ont bien étudié ces cellules, les nomment « dysmorphocaryocytes ». Elles seraient caractérisées par un noyau extrêmement lobé, ayant une structure analogue à celui des métamyélocytes, pouvant, dans certains cas, posséder une fine structure chromatinienne. On y trouverait inconstamment des nucléoles. Le protoplasme, basophile, contiendrait dans la plupart des cas quelques granulations azurophiles.

Nous avons déjà dit ce que certains auteurs — et particulièrement Lambin et Pieraerts — pensent de la soi-disant autonomie de ces cellules. Nous croyons avec eux que le plus grand nombre des cellules de Rieder peuvent être rattachées aux monocytes dont elles présentent tous les caractères morphologiques.

Un second groupe comprend des éléments de type iymphocytaire. Leur protoplasme est moins abon-

dant et plus basophile que celui du groupe monocy-

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taire, les granulations azurophiles peu nombreuses. Le noyau est dense et foncé. Il s’agirait, en somme, de lymphocytes caractérisés seulement par l’atypie du noyau, anormalement déformé. Ces cellules se rencontrent dans les lymphadénoses. Lambin et Pieraerts en ont observées dans le sang normal de cobayes.

Le même polymorphisme nucléaire peut se rencontrer dans. d’autres cellules au cours de processus pathologiques. C’est le cas des myéloblastes, au cours de myéloses aiguës, des lymphoblastes, au cours de lymphadénoses aiguës, des cellules réticulo-endothé-

liales après injection de colorants colloïdaux.

Nous pensons avoir énuméré ici toutes les cellules normales ou anormales du sang qui peuvent prêter à confusion avec les diverses variétés de monocytes. Le diagnostic avec d’autres cellules — et notamment avec les plasmocytes — ne peut en aucun cas se poser.

Nous avons vu que, s’il est des cas évidents où les monocytes ne peuvent être méconnus, il en est d’autres, comme dans la mononucléose infectieuse, où l’identification certaine des cellules est impossible. L'examen de la lame de sang montre des cellules mononucléées altérées où rien ne permet d'affirmer qu’il s’agit de monocytes. Nous croyons, avec notre maître P. Chevallier, qu'il est préférable, dans ces cas-là, de s'abstenir de toute identification. Il faut prendre son

parti de laisser, dans l’état actuel de nos connais-

Sances, ces cellules innominées et de leur faire une place à part dans un cadre d'attente de mononucléaires indéterminés. Toute autre position, qui consisterait à classer ces cellules à tout prix dans l’un des cadres connus, ne pourrait que contribuer à maintenir la confusion dans le problème de l’histologie et de la pathologie de ces cellules.

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