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INTRODUCTION

Le monocyte, a écrit Pappenheim, est «la bête noire des hématologistes ». De fait, si l’on considère la littérature hématologique de ces vingt dernières années, on ne peut manquer d’être frappé par le nombre important de travaux qui lui ont été consacrés. Or, malgré cela l’unanimité est loin d’être

faite sur ce sujet.

Rappelons que, sur le problème de son origine, s’affrontent les auteurs qui, avec Bloom, Maximow, Forkner, Lang, le font dériver de la lignée lymphoïde, les seconds qui, avec Naegeli et son école, le rangent dans la lignée myéloïde, les troisièmes qui, avec Aschoff, Kiyono, Schilling, Netousek, Ferrata, Di Guglielmo, Pittaluga, Mas y Magro, Merklen et Wolf, Tzanck et d’autres, en font un élément circulant du système réticulo-endothélial. Or, tous ces auteurs appuient leur thèse sur des arguments qui paraissent également valables et aboutissent à des théories trop inconciliables pour qu’on ne soit pas amené à penser que chacune d’elles doit avoir son défaut,

sa faiblesse et qu'aucune d’elles ne répond entière-

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ment à la réalité. C’est pourquoi certains auteurs, comme notre maître Paul Chevallier, se refusent encore à prendre parti pour telle ou telle théorie. M. Paul Chevallier nous a fait remarquer qu’une des raisons qui est peut-être à l’origine du conflit, ou, si l’on préfère, qui contribue à maintenir un certain degré d’obscurité, sur le problème génétique du monocyte, est l’imprécision qui règne, d’une façon générale, sur sa morphologie exacte.

Déjà, nous verrons qu'avant d’avoir acquis définitivement droit de cité à côté des lymphocytes et des polynucléaires, de nombreuses voix 'se sont élevées pour lui contester son individualité morphologique. Et il est encore, particulièrement en France, des auteurs qui se refusent à lui faire sa place dans la nomenclature hématologique et qui le font indifféremment entrer dans les groupes hétérogènes des

moyens et des grands mononucléaires.

Sans doute, cependant, le monocyte typique est-il bien connu dans ses caractères essentiels. Naegeli, surtout, lui a consacré des études approfondies dans les éditions successives de son Traité des Maladies du sang. Néanmoins, il n’est pas rare que les hématologistes les plus entraînés hésitent encore à la lecture de certaines lames de sang. Cela vient de la polymorphie extrême des monocytes, de la grande variabilité de ses aspects morphologiques (à l’état normal, selon son âge, et au cours de différents processus morbides) et des caractères souvent peu tran-

Li] chés qui le séparent d’autres éléments sanguins.

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