H: ES
D'autre part, guidés par leur théorie génétique, certains auteurs, partisans de l’origine réticulo-endothéliale, ont voulu confondre délibérément le monocyte avec les cellules conjonctives mobilisables et ont été amenés à élargir encore le cadre déjà si difficilement délimitable du monocyte. Ce qui a contribué à
accroître la confusion.
C’est pourquoi, sur les conseils de M. P. Chevallier, nous avons décidé de reprendre l’étude anatomohistologique du monocyte, d’en préciser, dans toute la mesure du possible, les différents caractères morphologiques. Nous avons décidé de nous en tenir strictement à cette description et d’éviter volontairement d'aborder et de discuter le problème de son em-
bryologie.
Notre plan sera le suivant :
Après un bref rappel historique, nous passerons en revue, dans une première partie, les descriptions qu'ont données du monocyte adulte normal un certain nombre d’hématologistes, dans leurs travaux et dans les traités classiques. Cette confrontation nous paraît utile à plus d’un titre : en premier lieu, elle nous mettra exactement en face du problème, en nous révélant et les points communs qui les rapprochent et les divergences qui les séparent ; en nous montrant, en second lieu, que l’imprécision de quelques descriptions explique la confusion qui a pu
naître dans beaucoup d’esprits ; en nous permettant,
LEA de
enfin, de rendre à chacun des auteurs la part de mérite qui leur revient.
Il nous a été impossible de trouver la description de certains hématologistes. Nous le regrettons et nous nous en excusons. D’autre part, malgré la lecture des travaux de certains auteurs, nous n’avons pu dégager nulle part de description du monocyte. C’est le cas, par exemple, des travaux de Bloom et de ceux de Pittaluga.
Dans une seconde partie, nous procéderons à une analyse critique de ces citations et nous tâcherons d’en dégager une description aussi exacte que possible du monocyte adulte normal. Nous passerons, pour celà, successivement en revue le noyau: sa forme, sa structure, ses nucléoles ; le cytoplasme et ses granulations, les réactions des oxydases et des peroxydases, la fonction macrophagique, les colorations supra-vitales.
Dans une troisième partie, nous étudierons les variétés morphologiques du monocyte : jeune, âgé, pathologique.
Dans une quatrième partie, nous esquisserons un chapitre d’anatomie comparée. Nous rechercherons si les cellules monocytoïdes existent ailleurs que chez l’homme — chez les vertébrés puis les invertébrés — et si elles sont identiques aux monocytes humains.
Enfin, dans une cinquième partie, nous envisagerons des cellules sanguines dont la morphologie se
rapproche le plus de celle des monocytes et qui peëu-
CR TIR Re
vent prêter à confusion, en n’en retenant que les éaractères qui peuvent servir à la différenciation. Nous
établirons, en quelque sorte, le diagnostic différentiel du monocyte.
Comme on le voit, et nous tenons à y insister, tout problème embryogénétique sera par nous systématiquement éliminé de cette étude.