HISTORIQUE
Les monocytes furent pendant longtemps rangés parmi les «grands mononucléaires»> avec lesquels des auteurs les confondent encore aujourd’hui. C’est sous ce nom que Max Schultze les décrit pour la première fois en 1865. Warthon Jones (1846), Virchow (1853) et Robin (1856) avaient déjà étudié les diverses variétés cellulaires du sang, mais M. Schultze étudiant sur du sang frais incolore adulte, reconnaît les grands mononucléaires « de dimensions plus grandes que celles des hématies, avec un noyau arrondi et un protoplasme net et large ».
Meischnikoff, en 1884, apporte quelques précisions
sur la question à propos de ses travaux sur les ma-
crophages.
En 1891, Ehrlich, utilisant le premier les colorants d’aniline, distingue deux groupes de leucocytes : les uns, granuleux, les autres « agranuleux », et il instaure à cette occasion sa théorie du dualisme, Il distingue nettement, parmi les cellules du second groupe, les «grands mononucléaires» des 1ympho-
cytes.
AATRTES
Mais bientôt après, plusieurs auteurs vont décrire des cellules qui ne peuvent entrer dans lun ni l’autre des deux groupes. Et l’on voit apparaître, dans la nomenclature hématologique, des cellules qui créeront bientôt la confusion. Ehrlich lui-même, décrit ses «formes de transition », par lesquelles s’opère, selon lui, le passage entre grands mononucléaires et leucocytes granuleux.
Dès 1898, Mallory, à propos de ses travaux histopathologique sur la fièvre typhoïde, individualise nettement certains grands mononucléaires auxquels il attribue une origine endothéliale. Patella (1903) se déclare partisan d’une même origine.
En 1900, Pappenheim se refuse à admettre les formes de transition d’'Ehrlich ; il prétend qu’elles ne représentent que des mononucléaires vieillis, « incapables d'élaborer des granulations neutrophiles ». C’est à lui que revient le mérite de grouper pour la première fois les grands mononucléaires et les formes de transition, groupe auquel il donne le nom de monocytes.
Türk, en 1904, se rallie à cette conception et décrit ces «cellules particulières qui représentent les éléments d’un système leucopoïétique rudimentaire ».
Toutefois, des auteurs comme Ziegler, Jagic, etc. se refusent à accorder l’autonomie morphologique à ces cellules et ils en font des formes vieillies ou dégénérées des myéloblastes. D’autres auteurs, partisans d’une théorie uniciste, comme Weidenreich,
Downey, Grawitz, Maximow, s'opposent également
nd
à reconnaitre au monocyte son individualité, considérant qu’il ne s’agit là que d’état fonctionnel particulier des lymphocytes. Ferrata, en 1906, se rallie à.cette manière de voir et la défend avec Pappenheim, en 1910, dans sa monographie sur les cellules mononucléées du sang.
Néanmoins, Banti, en 1906, admet que les mono-,
cytes soient des éléments particuliers du sang.
Bientôt, d’autres auteurs (Rieux en 1910, Decastello en 1911, Frumkin en 1911, Hynek en 1912) défendent l’autonomie morphologique du monocyte dont ils font une variété leucocytaire spéciale, entièrement indépendante des lymphocytes et des granulocytes. Hynek écrit : «Le monocyte est un troisième type
cellulaire, autonome et irréversible du sang circu- Jant. »
Pappenheim (1911-1913) et Ferrata (1912) abandonnent leur première conception, se rallient à la nou-
velle et élaborent, à partir de là, une nouvelle doctrine.
Enfin, Aschoff et Kiyono en 1913, et Kiyono (1914) ont publié les résultats de leurs travaux sur le système réticulo-endothélial. Ils introduisent en hématologie la coloration intra-vitale in vivo qui leur permettra d’individualiser catégoriquement le monocyte. Ces travaux, d’ailleurs, seront le point de départ de multiples recherches et de nombreuses controverses
À partir de ce moment, les hématologistes vont moins
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étudier la morphologie du monocyte que le problème de sa génèse.
Nous n’énumérerons pas la liste très longue des auteurs qui s’occuperont de ce problème qui sort du cadre de notre étude.
Toutefois, un événement historique important est à rappeler : c’est la description du premier cas de leucémie à monocytes, en 1913, par Reschad et Schilling qui accorde définitivement au monocyte la vaicur d’une cellule indépendante et particulière. En outre, à la même époque, Schilling rapporte ses ob-
servations de monocytloses sanguines.
En 1919, Kiyono et Nakanoin, partant de considérations embryologiques, veulent démembrer le cadre du monocyte et en décrivent trois types : les monocytes histioïdes, que caractérise leur capacité de fixer les colorants colloïdaux acides, les monocytes myéloïdes, qui constituent la majorité des monocytes du sang normal, qui ne fixent pas les colorants colloidaux et qui donnent une réaction des oxydases positives, les monocytes lymphatiques enfin, qui ne fixent pas les colorants acides et ont une réaction des oxydases négative.
Ferrata, la même année, admet cette classification dans son traité ; Mas y Magro aussi (1921).
Mais en 1922, Naegeli, dans son traité, n’admet qu’une espèce de monocytes : il la décrit longuement lui réservant une place aussi importante qu’aux polynucléaires et aux lymphocytes.
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Parmi les auteurs dont les travaux contribuèrent depuis à fixer l’individualité histologique du monocyte, nous citerons :
—- Uyeyonahara qui, en 1925-1930, introduit en hématologie les colorations vitales in vitro ;
— Miss Sabin, en 1921, et la même en 1925, avec Doan et Cunningham, qui fixent la technique des colorations supra-vitales ; |
— -M.-E. Simpson (1921-1922), appliquant cette technique, différencie formellement les lymphocytes des monocytes qui «possèdent un nombre considérable de vacuoles colorables au rouge neutre ».
Sur l’étude de la fonction macrophagique des mo-
nocytes, il faut citer en particulier les travaux de Sabrazès (1921).
L'étude de la réaction des oxydases et des peroxydases devait enfin achever de caractériser histologiquement le monocyte. L'histoire de la réaction des oxydases leucocytaires est dominée par les noms de : Ewans (1916), Katsumara (1924), Schittenhelm et Erhardt (1925), Fiessinger (1926-1932), qui a consacré à cette question de nombreux travaux ; celle de la réaction des peroxydases, par les noms de Sabrazès (1922-1923), de Nolland (1924), de Mac Junkin (1925), de Sato et Sckiya (1926-1932), de Uyeyonahara (1950), de Mas y Magro (1936).