ACTE V, SCÈNE IV. m
SIMON
Il dit qu^il vaudrait mieux partir ce soir. . . et je suis de son avis. . . Après toutes ces secousses, toute cette agitation... un peu d'exercice cette nuit. . .
BAiiTHAZAR.
Mais ma femoie qui n'est pas prévenue , et qui ne fait que d'arriver. . ■.
LE PBÊSID£T<IT, regardant Simon.
Votre femme!... vous n'emmenez pas votre femme sans dou te ?.. .
SIMON
Là ! Je ne lui fais pas dire ! cela saute aux yeux. . . il n'y a personne qui ne soit de cet avis-là. D'abord , que dit le proverbe? Qu'une femme n'est qu'un embarras en voyage. Oui! ce sont des soins, des attentions!... Justement vous n'êtes pas malade... elle vous fatiguerait, elle vous tourmenterait... A votre place , je me dirais : J'ai là sous la main le vieux père Simon ! . . .
BALTHAZAR
Vous, docteur?
Et pourquoi pas? j'aime à courir le monde comme un autre ! et puis mon neveu...
BALTHAZAR
Votre neveu ! mais consentira-t-il ?
S40 LE MONOMÂNE.
SeÈNE CINQUIÈME.
BâLTHAZAR, assis; MARIANNE, un instaot;
puis f JèONTINE.
MARIANNE
Quand not^maitre médit ça, c^est toujours signe qu'il y a quelque chose qui cloche.
Elle passe devant lui.
— n ne me voit pas! Je regardais tout à l'heure par la porte... C'est- il un homme exagéré , mon Dieu! lui qui , ce matin encore, voulait faire périr ce pauvre M. Henri , v'ià qu'il emhrasse tout le monde maintenant!
Léoiitine entre.
LéONTINE.
Mon Dieu ! le docteur est parti... il m'a oubliée et je suis si inquiète !
A Marianne qui lui fait signe de ne pas Taire dp bruit.
— Est-ce qu'il dorl?
MARIANNE
Non, mais c'est tout comme, et not' maître m'a dit de ne pas le quitter.
LÉONTINE
Bon docteur! il n'a pas voulu qu'il fut seul,