SCÈNE SEPTIÈME
CLAUDE! , BALTHAZAR, LÉONTINE , qui redescend
du fond.
BALTHAZAR , b'ezaltant par degrés.
Lui aussi ! le voilà comme tout le monde ! il vu me solliciter pour quelques misérables ! car c'est une fièvre... un vertige ! De la miséricorde et de la pitié ! il n'y en a plus aujourd'hui que pour les scélérats! soyez incendiaire, faux monnayeur, voleur y assassin ! il n^ aura pas assez de larmes pour s'attendrir ; pas assez d'efforts, d'intrigues pour vous sauver. — Mais les honnêtes gens, les pauvres diables dévorés de besoins , et qui , au milieu de toutes les privations, conservent intact leur honneur à force de travail et de vertti... ceux-là! qu'ils soient dépouillés, assassinés! qu'on déshonore leurs enfans , qu'on brûle jiisqu^au chaume qui les couvre^ jusqu'à la dernière gerbe qui les nourrit... Mon Diexi! le monde ne s'inquiétera même pas de savoir leurs noms , et ne leur donnera ni un regret ni un souvenir !
GLAUDET.
Est-il possible ? est - ce bien vous qui parlez ainsi ? vous qui vous révoltez à l'idée de cette indulgence universelle , pleine de ccmsolation et
d'espérance pour Tavenir ? Maïs si Tintérét s'attache à ceux que la justice poursuit , c'est qu'en Tétat d'abondance , de lumières et de paix où nous vivons , les lois ne sont plus ce qu'elles doivent être , et que Finstinct public vaut mieux qu'elles ; c est que la société se sent assez forte pour ne plus rendre le mal pour le mal, et que dans rintérét de sa dignité et de son propre bonheur, elle ne veut plus frapper en ennemis ceux même qui la méconnaissent et se révoltent dans son sein ! — Yo^ez dans les familles , si jamais les peines que Ton inflige ont l'air d'une vengeance? un enfant ingrat! le plus vicieux... le plus perverti... un monstre l parle-t-on de le tuer ? de l'envoyer au b«gne? Nonl on veut le corriger, le rendre meilletir à tout prix... soins , tendresse , ,sacri6 ces d'argent 9 rien ne coûte !... Eh bien ! le. temps u est pas loin peut-être où 1 on se dira que le budget est , après tout, la plus riche fortune de .France... et qu'il est juste enfin que Tétat fasse pour ceux qu'il impose et qu'il iiomn^ ses enfans^ ce que le plus misérable d'entre uou« ne refuserait pas aux siens.
BALTHAZAR; avec «nft dia^cer'ci'oiMaiiic,
L'avenir? toujours Tavenir ! Mais jusque-là, vous voulez que l'honneur et le repos des citoyens soient assurés, n'est-ce pas? vous voulez qucu tout lieu y à toute heure, la justice veille sur vos personnes et vos fortunes , et qu'au détour d'une