SCÈNE NEUVIÈME
LÉONTINE, GLAUDET.
CLAUDET
Son ami.! U a retrouvé son amî, dit-il ! Ah ! je n'ai pas retrouvé le mien, moi !
Qtie dites -vous? N'en <^ro jez pas les debors (jUe sel position lui impose ! Son cœur est resté le ihêpLé.'.* toujours bon, généreux... Son^z, Henri ^ que votre amiûé à tous deux est aussi ancienne qne ]anôtre(i). ^ 11 avait tpute Tannée, lui !... moi, je n avais que les vacances que vous veniez passer avec votre oncle au château de ma mère. Ce bon temps neviendra : noiis nous y rcfv^rrons ; ^ous retrouverons tous nos vieux souv^enirs !
CLAUDET
Léontipe ! vous êtes toujours la même; vous n'avez oublié ni les rêves ni les jeux de notre enfance.
LÉONTINE
Les oublier!... c*eùt été de Tingratitude- Je n'avais pas nn chagrin que vous ne le partagiez ,
(4) Ce qui est compris entre les deux étoiles est supprima k la repr^r*talion.
50 I^Ë MOiSOMANË.
pas un plaisir qui ne me vînt de vous !... Oh, mon Dieu ! jamais enfant ne fut aimée ainsi ! Et quand on s'eflfVaj^a de nôtre tendresse... c'est vous encore qui avez eu du courage pour nous deux... vous qui m'avez donné le généreux conseil d'obéir à ma mère. Je Tai fait, Henri. . . Mais* de tous ceux qui recherchaient ma. main, j'ai choisi celui qui mç; parlait sans cesse de vous... celui à qui vous aviez juré de le retrouver dans Je monde , de vous établir près de lui. . . Moi , je comptais toujours sur cette promesse... Puisqu'il a promis, me disais-je, il reviendria... et j'attendais!... Mais^ parlons de vous, de' vos projets d'avenir, de votre bpnheur auquel je serais si heureuse de contribuer. Depuis dix;aiis, Dieu le sait !> c'est mon vœu le plu? cher! c'jBst ma pî:îère de tous les jours! .
GLAUDET.
Le bonheur ! je^ Tai chercbépartout; . . . .^.j'ai
mené la vie de soldat, de corsaire; je me suis jeté dans les conspirations... jusqu'aux émotions douces el calmes de la science , j'ai voulu tout counaître..^ Non, il n y avait plus qu'un bonheur au monde pour moi, désormais; c'était de vous savoir heureuse, tranquille, contente de votre sort !
, LÉONTÏ>"E, ëmuc et inquiète.
. : Et feie suis. . « qu^ puis-je désire^\? que me manque-t-il , mon Dieu ? Henri , croyez-moi ! je suis heureuse...