‹ Le monomane, drame en cinq actesChapitre 63 sur 146 · CLAUDET, EMILE · texte numérisé non relu

CLAUDET, EMILE

CLAUDET , descendant prëcipiiamment.

Imprudent ! oser venir jusqu'ici !

EMILE

Qu^nd il y a du danger je ne cède la place à personne ! d'ailleurs , moi seul je pouvais vous expliquer nos plans et vous déterminer à les partager...

CLAUDET

Les partager ! et je ne suis ici que pour vbus les faire aba^donzier i

Emile:.

Vous î

CLATJDET.

Silence !

Bas.

— Au nom dVn sentiment sacré... du sentiment de famille ! vos amis vous comprendront, ils seront les premiers à vous approuver 1 votre beau-frère est là...

EMILE

Lui ! q^i a ëie pour nous sans pitié. . . Mes frères sont ceux qui se dévouent avec moi, qui partagent

100 LE MONOMAISE.

mes dangers, qui vivent de ma vie et meurent de ma mort ! . . .

CLAtDET.

Pour votre sœur au moins, qui vous prie à genoux , qui vous demande grâce pour elle , pour son enfant !

EMILE

Ma bonne Léontine !.. elle est là aussi ! et je ne puis la voir !.. ah ! mon premier soin a été de la rassurer. Pour elle, j'ai plaidé la cause de son mari ; il ne sera pas poursuivi malgré l'acharnement qu'il a mis à nous condamner ! on le laissera se retirer et vivre de repos , ce qui lui convient !..

^ ' ' CLAUDET

Oui ! vous êtes bon , généreux ! vous ne vou- *drez pas réduire votre sœur au désespoir. Toutes les chances vous sont contraires... des forces considérables ont été concentrées dans le département... songez que chaque tentative inutile décourage les cœurs faibles , compromet la cause que vous défendez ! les hommes de cœur qui se font tuer avant le temps sont autant de bras de moins pour les révol3itions. Moi aussi, j'ai été carbonaro^ brûlant d'agir, impatient comme vous ! je sais ce ^ qu'il en coûte d'attendre !... mais par patriotisme on se fait une raison. On se dit : je ne ferai pas faute au pays, au moins.! je serai là quand le moment viendra !

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