‹ Le monoplan du PapeChapitre 10 sur 40 · LES MOUCHERONS POLITICIENS · texte numérisé non relu

LES MOUCHERONS POLITICIENS

Voyons! ne tremble pas, Saint-Père!

Ali! vraiment, je sais bien, tu n’as guère l’habitude

de voler ainsi suspendu

sur le cruel hérissement des toits,

leurs colossales dents de scie,

leurs pentes énergiques aux bras tendus

vers le gouffre des rues,

ces pêcheries

où frétillent les lampes électriques prises dans les fils criards du téléphone.

11 y a de tout, là-dedans!...

Amuse-toi donc à regarder...

Tiens, voilà les vastes chapeaux écumants des cocottes,

grandes chopes de bière fraîche et ruisselante

dans la lumière crue,

sur la nappe blanche de cette place...

Tu sanglottes d’angoisse, et la soif empouacre ta gorge!

Et pourtant ce vent aère et rajeunit le cœur, tandis qu’il fait très chaud au fond des rues... Sans doute, il y fait sale, et puant, et graisseux!...

Tu trembles encore?... Pardon, mon vieux!...

La nuit est si foncée que j'ai failli t’enfiler sur la pointe de ce clocher sournois.

Je voudrais déchiffrer ces hurlements lancés d’on ne sait où, qui vont rebondissant

entre les façades des maisons.

Tous les balcons sont gonflés ainsi que des boutons de chaleur!...

Ils vont crever et ruisseler de pus dans la rue... Ces formes noires, papillons affolés par les lampes...

Ht ces rats fureteurs alléchés

par le fromage à mille trous de cette maison...

Ce sont des camelots courants

et dont le flanc accouche de journaux.

Plus loin, au fond de cette place, tu vois cet éventail frénétique de silhouettes noires... Ce sont des camelots qui vendent des ailes blanches aux passants!...

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