‹ Le monoplan du PapeChapitre 16 sur 40 · UN ÉTUDIANT · texte numérisé non relu

UN ÉTUDIANT

On vient de l’enlever!

un autre étudiant Comme une jeune fille!

un troisième étudiant

En automobile!

Un chauffeur, son amant!

MOI

Non ! Non ! En monoplan !

Et voilà votre arbitre balancé sur vos têtes!

LES DÉPUTÉS SOCIALISTES

Acceptons l’arbitrage! Armistice! Armistice!

MOI

Socialistes! Députés et ministres!

Républicains! Conservateurs!

Vous venez bon gré mal gré de déclarer la guerre!

hh bien ! Taisez-vous donc! Votre œuvre est achevée!

Allez donc vous cacher au fond des caves,

pour reposer vos cœurs tenaillés d’épouvante

et vos langues, herbes rampantes

trop longtemps agitées par le flot des sottises.

Car c’est enfin à nous, les grands oiseaux rapaces de commander!

Je vous éviterai la peine de répondre aux ordres de Rothschild.

Tenez! Je monte avec ce beau pendule, pour renverser là-haut l’antenne qui résume

vos télégraphes et vos téléphones sans fils.

Finissez de brailler! La guerre se fait sans vous!

Heureusement! Je balance

d’avant en arrière la panse

solennelle du Saint-Père,

de façon quelle heurte contre l’antenne...

Un seul coup suffira.

Ne criez donc pas. Rien ne m’arrête.

Mon vieux pendule, allons !

Laisse-toi tomber lourdement.

C'est ça. Tu pleures?...

Tu crains l’écrabouillement ?... AhI bah!...

Réjouis-toi plutôt d’amuser la jeunesse!

Ce sont les Etudiants qui applaudissent

quand tu glisses sur les tuiles,

en t’accrochant éperdument à droite à gauche,

tout au bord du toit,

à pic sur l’émoi de la houle

retentissante

de la foule !

Tu ne tomberas pas, car je te tiens en laisse. Et tu peux à vrai dire être fier de simuler ainsi la grêle sur les vitres avec tes gros paquets de chapelets tintinnabulants et de scapulaires...

La grêle et le tonnerre, avec tes pieds

plombés par le remords des siècles!...

Tu fais enfin la pluie et le beau temps, ainsi que Jupiter, ton prédécesseur dont tu as pris la place.

Tu vois : ton règne est bien fini !

L’on te renvoie au ciel, d’où tu feins de venir... Tous ces bavards, vois-tu, malgré leur lâcheté sont bien loin de te craindre.

Ils sont tous debout sur leurs gradins bouche bée dans le noir, comme au cinématographe!...

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