INTRODUCTION
Longtemps méconnu, le pétrole occupe aujourd’hui, grâce à l’automobilisme et l’aviation, une place telle que son importance dans la vie des nations a pu être comparée à celle de la laine et du charbon.
Depuis une vingtaine d'années, ses applications se sont encore étendues à la propulsion des navires et au chauffage industriel et domestique. Nous le voyons actuellement faire son apparition dans les chemins de fer avec les autorails et apporter au déficit de leurs budgets, un remède peut-être décisif, …
Générateur de vitesse et d'énergie, il semble que le pétrole ait imprimé à notre époque son dynamisme extraordinaire -t au progrès matériel son rythme accéléré ; sa consommation dans le monde suit une progression dont aucune autre matière première ne peut donner l’exemple. Elle est passée de 3.800.000 tonnes en 1880 à 19.600.000 tonnes en 1900 pour dépasser 200 millions de tonnes en 1934 et atteindre en volume près du cinquième de la consommation mondiale de houille et de lignite.
Ces chiffres n’impliquent-ils pas à eux seuls le rôle prépondérant que joue le pétrole dans l'Economie mondiale ?
Malheureusement, si tous les paÿs consomment du pétrole, la production est très inégalement répartie dans le monde et les pays qui n’en produisent pas se trouvent placés vis-àvis des pays producteurs dans un état d’infériorité et de dépendance.
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2 à LE MONOPOLE DU PÉTROLE EN ESPAGNE
Certes leur approvisionnement paraît assuré tant que la production dépassera les besoins et que les relations de vendeur à acheteur se présenteront sous un angle purement commercial.
Mais où le problème du ravitaillement prend une importance capitale, c’est lorsqu'on examine les répercussions possibles d’une privation d’essence sur les activités essentielles d’un pays, surtout en cas de guerre ou de blocus.
L'expérience de la dernière guerre nous l’a prouvé et la note adressée par le Gouvernement français au Président Wilson le 15 décembre 1917 est encore présente à la mémoire : « Toute défaillance d’essence causerait la paralysie brusque de nos armées et pourrait nous acculer à une paix inacceptable pour les alliés. Si les alliés ne veulent pas perdre la guerre, il faut que la France combattante . à l’heure du suprême choc germanique, possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les bataïlles de demain ».
Après de tels enseignements, l'indifférence n’est plus permise et tous les pays non producteurs, soucieux d’assurer en temps de paix comme en temps de guerre, leur indépendance économique et l'intégrité de leur territoire, ont dû, sous la pression des événements, adopter une politique du pétrole.
Pour définir cette politique, nous ne saurions mieux faire que reprendre l’expression de M. Pineau, Directeur de l'Office National des Combustibles Liquides, dans une conférence faite en 1929 au Centre des Hautes Etudes Militaires.
« Qu'est-ce qu’une politique du pétrole et d’une manière plus générale, qu'est-ce que la politique d’une grande matière première importée ? »
« C’est un système d’efforts concertés, continus, ordon-