ÉDIFICES CIVILS
Le musée lapidaire, ouvert aux mômes jours et heures que le musée de peinture, occupe le rez-decliaussée et une partie du jardin; il comprend des sculptures antiques (autels votifs, cippes, chapiteaux, bustes, colonnes milliaires, mosaïques) et du moyen âge (pierres tumulaires, chapiteaux romans, inscriptions, etc.), des amphores romaines et des moulages en plâtre. Il communique avec Vécole de pisciculture (charmantes constructions en briques), dont les jardins et les bassins, admirablement entretenus, peuvent être visités tous les jours (de 2 h. à 6 h.).
Le musée d'histoire naturelle (place du Taureau; ouvert les dimanches et jeudis de 10 h. à 3 h.), légué à la ville par Henri Lecoq avec une somme de 150,000 fr., comprend une collection géologique d'Auvergne, une collection de minéraux d'Auvergne, un herbier, dos collections de coquilles, d'oiseaux, etc.
Le Jardin des Plantes, dans le jardin Lecoq, qui s'étend du boulevard de la Pyramide au cours Sablon,près des musées et du palais des Facultés, comprend : une école de botanique, de pisciculture (aquarium), une école d'arbres à fruits, à noyaux et à pépins, une école de plantes potagères et d'ornement, et de belles serres qui n'ont pas moins de d,000 à 1,200 mètres de superficie. En face de l'entrée, buste en marbre de H. Lecoq, par Halonnax, érigé en 1878. Sur une terrasse entourée d'orangers, a été établi un cadran solaire curieux, donné par M. Gonod. Un autre instrument de ce genre, système Lagoût, se trouve placé à l'école de botanique. La musique se fait entendre dans le jardin, le dimanche et Je jeudi, sous un kiosque élégant; à côté de ce kiosque s'en élève un autre autour duquel sont dressées les tables d'un café-restaurant. Au centre du jardin a été ménagée une grande
CLERMONT-FERRAND
pièce a eau, où l'on peut faire des promenades en bateau. Le jardin des Plantes doit son nom actuel à son ancien directeur honoraire, H. Lecoq, qui a légué pour son entretien 50,000 fr.
On rencontre dans Clermont quelques échantillons de l'architecture privée de différentes époques, entre autres : des maisons du xiii^ s. , place Saint- Pierre et rue des Chaussetiers ; une maison fortifiée du moyen âge , rue Barnier ; quelques intérieurs de maisons des xyi^ et xyu^ s. , rue du Port et rue des Gras; une belle porte de la Renaissance dans une impasse de la rue des Notaires ; un bas-relief du xii*= s., incrusté dans un mur de la rue des Gras, etc.; et, comme maisons historiques, dans la rue des Chaussetiers celle de Savaron , et dans le passage Vermine celle de Pascal , ornée d'un buste de l'illustre écrivain. A l'angle de la rue Pascal et de la rue des Bohèmes, est une maison très-ancienne dans le mur de laquelle est fixé un anneau en fer auquel était rivée la chaîne qui, sur ce point, fermait l'entrée de la ville.
Nous terminerons cette revue des monuments et édifices de Clermont par une visite à la fontaine de Saint-Alyre*, rue des Chats, n° 44. Ici, la nature s'est chargée de construire deux ponts, dont le premier, appelé pont Naturel, pont du Diable, pont Minéral, pont de Stalactites, Grand Pont de Pierre, n'a pas moins de 10 mèt. de longueur, 5 mèt. 45 c. de largeur et 5 mèt. de hauteur audessus du bief de la Tiretaine. Le second, dit pont Supérieur, en face de l'établissement thermal, est curieux par son arcade fort élevée. Ces deux ponts sont le produit des sédiments des eaux de la fontaine de Saint-Alyre. Cette fontaine, qui sort du calcaire lacustre, à une température d'environ 18°,
SAINT- ALYRE.
contient des carbonates de chaux, de magnésie et de fer, ainsi que du gaz acide carbonique qui s'en dégage à l'air libre. Les matières calcaires en dissolution se précipitent alors et forment sur tout le parcours des eaux un sédiment qui a recouvert le lit du ruisseau d'un enduit pierreux s'exhaussant sans cesse.
Quand on a franchi la passerelle voisine du pont Supérieur, on voit, dans le petit jardin, à dr., représentés en pétrifications une vache et son veau, un cheval, cinq personnages dansant la bourrée , dans une grotte saint Antoine et son pourceau. Près du Grand -Pont est une vaste grotte artificielle dans laquelle se produit le travail de l'incrustation. On y voit, rangés sur des gradins, des fruits, des végétaux, des nids d'oiseaux, etc., dont on trouve une plus ample collection dans le bâtiment annexé à l'établissement thermal.
Les sources incrustantes, dites de Saint-Alyre, du nom d'un évêquede Glermont, sont très-nombreuses ; mais il n'y en a guère que trois qui méritent d'être signalées ; ce sont: — 1° la petite source incrustante ou source de Saint- Arthême, dont le débit est de 23,000 litres par 24 heures, et qui sert à la fabrication des incrustations ; — 2° la grande source incrustante, désignée par nous sous le nom de source de la Cour, pour la distinguer de la suivante ; son débit est de 207,360 litres par 24 heures. Une rigole, d'une longueur de 70 mèt., la conduit jusqu'à l'endroit oii l'on prépare les incrustations; — 3" la source des Bains, possédant un débit de 244,480 litres par 24 heures, et qui alimente un établissement de bains. Gomme l'eau n'a guère qu'une température de 18° cent., insuffisante pour les bains, on la réchauffe artificiellement.
CLERMONÏ-FERRAND.
L'établissement thermal de Saint-Alyre, créé en 1820, contient 19 cabinets renfermant 30 baignoires en zinc et en bois, et un cabinet de douche descendante. Les eaux de Saint-Alyre, chauffées à 36 ou 33°, sont employées pour la guérison des rhumatismes articulaires, musculaires et nerveux ; elles sont ordonnées, à une température moins élevée, aux personnes lymphatiques, scrofuleuscs, atteintes de gastro-entéralgie chronique, de leucorrhée, d'engorgement de la matrice. Les eaux de Saint-Alyre sont acidulés, alcalines, salées, magnésiennes, siliceuses, calcaires et ferrugineuses; elles se prennent également en boisson. L'établissement thermal qui les utilise est ouvert du l^"" mai au l^'" novembre.
Nous signalerons encore un autre établissement d'incrustations, connu sous le nom de grotte du Pérou, dans la rue de ce nom, où l'on peut trouver aussi des incrustations de toute nature. Comme dans l'autre établissement, ces incrustations se produisent dans une grotte artificielle, située dans un jardin, où l'on voit un grand nombre d'animaux pétrifiés.
MONTFERRAND
Montferrand* {Mons ferranus, fcrrandus, ferox, ferratus), petite ville de 3,299 hab. , bâtie sur le haut d'un mamelon au pied duquel coule la Tiretaine à l'O., peut être considérée comme un faubourg de Clermont-Ferrand dont elle est à peine éloignée de 2 kil.
Montferrand possédait, en 1186, un château fort, construit sur le haut du monticule que la ville occupe aujourd'hui. On l'avait surnommé le Fort, car c'était effecti-
MONTFERRAND. 39
vement une des plus fortes places de l'Auvergne. Cette place fut prise par Louis le Gros en 1126, et par les Anglais en 1388. Après avoir fait partie du Comte, puis du Dauphiné d'Auvergne, elle appartint aux sires de Beaujeu, aux rois de France, et eut pour dernier seigneur le comte d'Artois (1773), depuis Charles X.
Montterrand.
L'aspect général de Montferrand est froid et grisâtre. Les maisons rappellent en assez grand nombre le style de la Renaissance; mais elles offrent une sobriété d'ornementation assez rare à cette époque. Nous signalerons particulièrement une maison du xV^ s., dite de V Apothicaire , et dont la charpente en encorbellement produit un effet original; puis, derrière l'église, la maison de t'Éléphant (xni® s.), ainsi nommée d'une vieille enseigne ; la maison des Cha-
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naines (xiif s.), où l'on voit dans la cour un bas-relief du xvi«= s. représentant Adam et Eve séparés par Tarbre biblique; Idiïïiaison du Chapitre (curieux escalier en colimaçon) ; Vhôtel de Jeun de Doyat, du xv'' s., etc.
V église paroissiale (mon. hist.). fondée au s., reconstruite au xiv^ et au xv^ s., érigés en collégiale royale par Louis XII en 1 501 , est composée d'un large vaisseau sans piliers, entouré de chapelles formant à l'extérieur des terrasses d'où partent des contreforts. La façade est percée d'une rose qui s'ouvre entre deux tours. On peut signaler à l'intérieur les sculptures sur bois (xvi° s.) des chapelles, et enfin, une Apothéose de la Vierge et une Fortune attribuée à J. Goujon. — Le séminaire diocésain occupe les vastes bâtiments du couvent des Visitandines.
De la place de la Rodade on jouit d'une fort belle vue sur le pays environnant.
ENVIRONS DE CLERMONT-FER RAND
CHAMALIÈRES — SAINT-MART — ROYAT — PUY DE GRAVENOIRE — FONTANAT
De Clermont à Chamalières, 1 kil. — De Charaalières à l'établissement thermal de Saint-Mart, 1 kil. — De Saint-Mart à Royat, 1 kil. — De Royat à Fontanat, 3 kil. — Service de tramways de Clermont à l'établissement Saint-Mart.
En sortant de Clermont par l'extrémité S. de ia place de Jaude, on peut visiter dans le château
CHAMALIERES.
des Salles, situé au fond d'une ruelle, une muraille gallo-romaine, connue dans le pays sous le nom de Muraille des Sarrasins. Cette muraille est ornée de colonnes en briques et construite en petit appareil avec cordons en briques. — Suivant ensuite l'ancienne route de Royat, on remarque, à g-., une ancienne chapelle du xii« s. servant de poudrière, et, du même côté, au milieu des vignes, le palais épiscopal de Beaurepaire ; puis, tout auprès de la route, l'établissement des Roches (eau ferrugineuse et gazeuse). On revient vers la route que l'on a un instant abandonnée, en face du parc de Montjoli.
Ghamalières, 1,470 hab., à l'entrée de la vallée de Royat, entre deux bras de la Tiretaine, est devenu la promenade favorite des habitants de Clermont. L'église (mon. hist.), la seule qui reste des cinq que la commune possédait jadis, est consacrée à sainte Thècle, disciple de saint Paul, dont les reliques y étaient, dit-on, pieusement conservées. C'est un assez curieux spécimen de l'architecture religieuse du xi^ s., époque à laquelle elle fut reconstruite. Ses cinq chapelles, ornées de vitraux, affectent la disposition de celles de N.-D. du Port. La nef, l'abside, à l'extérieur, et les chapelles absidales ont été remaniées aux xvi° et xvii° s. Le clocher ou campanile est moderne. Il ne subsiste de l'époque de sa fondation (vii^ s.) que les deux colonnes en brèche verte du porche intérieur. On remarque à l'intérieur une copie ancienne de la fresque de Léonard de Vinci qui décore l'église de Saint-Omifre à Rome.
Non loin de l'église, sur le bord de la rivière, il ne reste qu'un énorme pan de mur du vieux donjon de Saulces (xiv« s.).
ENVIRONS DE C L E R M 0 N T -F E R R A N D
Une nouvelle avenue, qui franchit la Tirelaine, relie Ciiamalières à Saint-Mart.
L'ancienne route, se détachant à g. de celle de Tulle, longe le mur du parc du château de Montjoli et laisse à dr. une manufacture de caoutchouc. La route côtoie ensuite un escarpement de laves basaltiques, creusé de cavernes, servant en général de caves, où le gaz acide carbonique se dégage en abondance et reproduit le phénomène de la grotte du Chien des environs deNaples. La plus importante de ces excavations est la grotte de Saint-Mart ou du Chien, qui fut jadis l'objet de terreurs mystérieuses. Large de i8 mèt. et profonde de 8, cette grotte a une voûte formée de blocs de scories vomies par le volcan du Gravenoire. La nappe gazeuse qui s'étend sur le sol a 50 cent, de hauteur à l'entrée de la grotte, 65 au milieu et 1 mèt. 30 cent, au fond où, pour les personnes de petite taille, il pourrait être dangereux de séjourner.
Au-delà de la grotte de Saint-Mart, on passe devant une chapelle ogivale (style du xni^ s.), récemment construite, et, immédiatement après, sous le viaduc du chemin de fer de Clermont à Tulle, dont les remblais élevés, unissant le puy Chateix aux roches volcaniques du Gravenoire, ferment l'étroite vallée de Royat, et l'on traverse le parc de l'établissement thermal devant lequel stationnent les voitures qui sillonnent la route de Clermont à Royat.
Saint-Mart*, hameau de Royat, doit son nom à un noble Arverne qui, au vii° siècle, lors de la conquête de l'Auvergne par les Francs, y fonda un monastère qui devint un prieuré des Bénédictins de Saint-Alyre.
Du monastère il ne reste qu'une petite chapelle reconstruite au xviii° s. et servant de grange.