‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 33 sur 160 · SAINT-MART · texte numérisé non relu

SAINT-MART

Le grand établissement thermal, qui a remplacé les misérables réduits où étaient installées quelques baignoires en bois, alimentées par des sources tliermales connues des Romains, date de 1852; mais il

Église de Chamalières.

n'a été inauguré qu'en 18b4.11 présente, sur la route,, une façade de 80 mèt. de longueur, décorée de statues et divisée en deux ailes par un frontispice d'ordre dorique. A l'extrémité des galeries s'élèvent des pavillons où sont installés les appareils de pulvérisation, les douches et les bains d'acide carbonique. L'aile droite est affectée aux dames, l'aile gauche aux hommes. Du vestibule partent deux escaliers

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qui conduisent à dr. aux salles d'aspiration des dames, et, à g. à celle des hommes, les unes et les autres précédées de vestiaires et à températures graduées, oscillant entre 22° et 27°. L'établissement renferme en outre dl2 cabinets de bains, avec baignoires en lave de Volvic ou en marbre blanc ; 14 appareils de douches à vapeur et de toutes espèces; des salles pour bains de pieds; des salles de pulvérisation avec douches pharyngiennes, etc. On y trouve encore une vaste piscine de natation à eau courante (130 mètres carrés de surface) réservée aux dames dans la matinée et l'après-midi aux holiimes; et enfin toutes les ressources de l'hydrothérapie, un salon de lecture et un gynmase.

Sur la rive g. de la Tiretaine se iromeniV établissement et la buvette de César (12 baignoires et une petite piscine).

Un joH parc s'étend autour de l'établissement. Dans ce parc se trouvent un café-restaurant, un kiosque pour la musique (concerts tous les jours de 4 h. à 5 h. et demie pendant la saison), et, sur la hauteur qui le domine, un casino avec salles de lecture, de conversation, de concert, de jeu et de théâtre.

Les eaux de Royat, connues et exploitées dès le temps des Romains, jaillis'^ent du terrain volcanique. Belle-Forest, puis Jean Banc, en 1605, ont décrit ces sources, qui furent remises en vogue en 1843, à la suite de fouilles intelligentes faites par M. Zani, fontainier de Clermont. Ces fouilles ont fait retrouver plusieurs des constructions romaines appartenant aux thermes primitifs, entre autres : un petit bâtiment carré dont une piscine occupait le centre ; une autre piscine, de 1 met. 60 cent, de profondeur, enfermée dans un massif en béton, de 4 mèt. 50 cent, de côté; un ancien canal, recouvert

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par la route ; une chambre voûtée dont on ignore la destination, etc.

Les sources de Royat sont au nombre de quatre, la Grande source ou sour'ie Eugénie (1,440,000 litres par 24 h.; 3o°,5), la source César (34,o00 litres ; 29°), la source Saint-Mart, dite fontaine des Goutteux (25,000 litres; 31°) et la source Saint-Victor (20°). — Pour l'analyse des eaux, F. les Bains d'Europe par Ad. JoANNE et le D"* A. le Pileur; Paris, Hachette et G'°.

Les eaux de Royat sont excitantes, toniques et reconstituantes par l'acide carbonique, le chlorure sodique, le fer, le manganèse et l'arsenic qu'elles renferment.

Action physiologique et thérapeutique. Ces eaux ont les propriétés des eaux alcalines, mais à un degré moindre que celles de Vichy, par exemple ; toutefois elles sont très utiles aux personnes très affaiblies auxquelles le traitement alcalin a été prescrit. Elles sont diurétiques, lég'èrement laxatives, même à faible dosé, chez quelques malades et par exception; elles ont sur la muqueuse des voies aériennes une action qui les assimile aux eaux du Mont-Dore, au point de vue thérapeutique, et qui tient à l'arsenic et aux iodo-bromures que l'analyse y décèle. Grâce à l'acide carbonique qu'elles contiennent, elles sont très bien supportées par l'estomac et facilitent la digestion.

Les maladies traitées avec succès à Royat peuvent être classées en trois groupes principaux : 1° les affections des voies respiratoires (laryngite, bronchite, catarrhe, asthme, etc.); 2° les affections arthriques (goutte, rhumatismes, acné, eczéma, etc.); 3° les affections chloro-anémiques et nerveuses (dyspepsie, névrose, maladies de matrice, etc.).

Les promenades que l'on peut faire autour de l'établissement thermal de Royat sont aussi pitLoresquos qi^e variées.

ROTAT.

La première ascension à faire est celle du puy Chateix, dont la cime domine au N. le vallon do Saint-Mart. Après avoir traversé le pont de la ïiretaine, on prend le sentier qui part du restaurant Lafont et, traversant les vignes, conduit au sommet. A mi-côte,- près du ruisseau, il existe des cavités creusées dans l'argile, auxquelles on a dans le pays donné le nom de Greniers de César, parce qu'on y trouve, mêlés à l'argile, des grains de blé, des légumes calcinés et des morceaux de charbon. Ces débris proviennent sans doute d'un château fort qui couronnait autrefois la montagne et que Pépin détruisit en 761, dans sa lutte contre le duc Vaïfre. Du sommet du puy (688 mèt.), on jouit d'une belle vue sur la vallée de Royat. A l'O. se dessinent le Dôme et les puys qui l'entourent; au S., le sommet conique et couvert de pins du Gravenoire, dont on peut aisément de Saint-Mart atteindre en 1 h. 30 min. le point culminant.

L'ascension du Gravenoire, des plus faciles , peut même être faite en voiture. Si l'on veut éviter les nombreux lacets que fait la route que l'on doit suivre, il faudra prendre le chemin qui monte derrière le Grand-Hôtel. Après avoir croisé une première fois la route, traversé un petit bois de châtaigniers, coupé une deuxième fois la route en face d'un chalet avec grille et balcon, marché pendant assez longtemps sur un terrain découvert, jonché ou plutôt composé de graviers volcaniques d'un rouge sombre, noirâtres, auxquels l'ancien volcan doit son nom de Gravenoire, et enfin, après avoir traversé trois fois encore la grande route, on atteint des bois de pins où un chemin ombragé conduit en 40 min. au sommet de la montagne.

Le Gravenoire (822 mèt.) est adossé au puy Charade,

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de quelques mèt. plus élevé (907 mèt.). Les torrents de lave se sont échappés de plusieurs points du cône, dont le sommet n'otire pas trace de cratère ; du côté du N., elles ont envahi le vallon de Royat; du côté du midi le courant a été divisé en deux branches par la butte du Montaudou. La branche de g. s'est arrêtée à Montjoli et aux Roches; celle de dr., passant près des villages de Boiseghoux, de Beaumont {V. p. 80), d'Aubières {V. p. 80), est allée former les escarpements rocheux que l'on aperçoit au S. de Clermont.

Plus à dr., vers le S.-O., se dresse le plateau de Gergovie {V. p. 82), ayant à sa base Romagnat (y. p. 81). En face s'étend l'immense plaine de la Limagne ; à l'horizon, se dressent les hauteurs du Forez. Si l'ascension du Gravenoire par Royat, la gorge du Creux d'Enfer ou de Gravenoire, est assez malaisée, la descente par cette voie peut facilement s'opérer en 35 min. On longe les crêtes qui couronnent cette gorge pittoresque et, la descente effectuée, on passe près d'une toute petite chapelle, récemment construite sur une plate-forme rocheuse, dominant le nouveau cimetière, et l'on entre dans le village de Royat.

De Saint-Mart, deux routes conduisent à Royat : la première traverse la Tiretaine, dont ehe remonte ensuite la rive g. (beaux châtaigniers); l'autre, sur la rive dr., monte sur un plateau où sont les hôtels supérieurs.

Royat*, V. aux rues tortueuses, est bâti sur la Tiretaine, dans une situation délicieuse, au fond d'une gorge ombragée d'arbres magnifiques.

Royat, appelé primitivement Rubiacum à cause des rochers rougeàtres qu'on y rencontre, a eu pour origine un ancien monastère de filles, fondé au vii*^ s. par saint Pro-

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i'et. Les comtes d'Auvergne furent ensuite seigneurs de loyat, et Guyon, l'un d'eux, assigna sur cette terre le douaire de sa femme (1209).

Royat a eu plusieurs fois à souffrir des ouragans , notamment le 16 juillet 1835.

L'église (mon. liist.), fondée au vn^ s., reconstruite au X® ou au xi^ s., fut surhaussée et fortifiée à la fin du xii^ s. A l'extérieur, du côté du torrent, elle ressemble à un château fort; sa muraille, en partie couverte de lierre, est terminée par une ceinture de mâchicoulis que soutient une série d'arcs à plein cintre retombant sur des consoles. Cette église, de style roman, a la forme d'une croix latine, et ne présente qu'une seule nef, décorée de 8 colonnes engagées dans les murs. La crypte, au-dessous du chœur, est soutenue par 10 piliers, qui la divisent en trois parties; on y descend par un double escalier en avant du chœur. Le clocher octogonal, percé de doubles arcades, et reconstruit depuis peu d'années, est bâti sur l'intertranssept; on y arrive par un escalier glissant et étroit placé à gauche du transsept. De la terrasse qui règne audessus de l'édifice, on découvre une belle vue. Dans le presbytère, on voit quelques débris curieux d'un ancien monastère, appelé à tort le château. Une croix du xiv^ s., élevée sur la place qui s'étend en face de l'église, vaut la peine d'être examinée avec attention; les douze Apôtres y sont sculptés avec leurs attributs.

En descendant de la place de l'Église par la ruelle étroite et rapide qui conduit sur le bord du torrent, on passe devant la grotte des Sources. Cette caverne, large de plus de 8 mèt., profonde de 4 1 mèt. et haute de 3 mèt. 50 cent, à son point le plus élevé, est formée par des roches basaltiques;

Rue de Royat.

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du fond jaillissent sept sources d'une température de 10 degrés, dont les eaux tombent dans un lavoir d'où elles vont ensuite se mêler aux eaux écumeuses de la Tiretaine. L'escarpement dans lequel la grotte est percée est couronné d'arbustes, tapissé de lierre et dominé par une tourelle qui faisait partie de l'enceinte du prieuré. Cette excavation s'étendait autrefois du côté de la ruelle qui conduit à l'église, mais elle a été murée en partie : c'est dans cette partie de la grotte que sont recueillies les eaux qui alimentent aujourd'hui les fontaines de Clermont, entretenues primitivement par un aqueduc venant de Fontanat (F. p. 54). Ces eaux sont réunies dans un regard, situé en aval, dans une grotte fermée par un mur, au-dessus de laquelle on lit une inscription en l'honneur des nymphes de Royat, gravée dans le roc par ordre de Gabriel Simeoni, ingénieur florentin qui, au xvi^ s., dirigea les travaux destinés à conduire les eaux de Royat à Clermont.

Une des courses les plus agréables et les moins fatigantes que l'on puisse faire aux environs de Clermont est certainement celle de Fontanat. C'est aussi l'itinéraire préférable pour les touristes qui se rendent à pied au puy de Dôme.

Fontanat est seulement à4o min. de Royat. On remonte pour s'y rendre la route dominée à g. par l'église et les maisons de Royat, comme elle domine ellemême la Tiretaine, cours d'eau formé, 'à 1,500 met. environ en amont, par la léunion des ruisseaux de Vaucluse et des Gazadoux. A dr., entre des blocs de laves crevassés, suintent, ruissellent une foule de filets d'eau qui vont se perdre dans la rivière. La route, après avoir traversé deux fois la Tiretaine, se rétrécit peu à peu, puis se transforme en un simple sentier qui finit par se perdre dans les prairies, rem-

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plies d'eaux courantes, d'ombrages et de fraîcheur. Après avoir laissé à g. le chemin de la Pépinière (F. ci-dessous), le sentier de Fontanat remonte la rive dr. du ruisseau des Gazadoux, et passe près de deux belles cascades, difficiles à trouver sans guide. Un peu en deçà du village, on descend dans le lit même du ruisseau, que l'on franchit près d'un mouhn.

1 h. environ de Saint-Mart. Fontanat*, ham. pittoresque dépendant de la com. d'Orcines {V. p. 66) et remarquable surtout par ses sources, qui jaillissent de toutes parts entre les maisons mêmes, et dont l'eau, d'une limpidité et d'une fraîcheur admirables, ne se trouble jamais. D'autres fontaines, plus belles, sourdent au ham. de Font-de-l'Arhre, situé à quelques min. au-dessus de Fontanat et dominé au S.-O. par les restes du château de Montrodeiœ. Ce château, bâti en basalte, sur une colline de forme conique, détruit par Pépin en 761 , a été reconstruit depuis. A l'époque gallo-romaine, les sources de Fontanat étaient amenées à Clermont par un aqueduc, qui fut ruiné en 507 par Thierry, roi d'Austrasie. L'aqueduc était construit tout entier sous terre ou à fleur du sol; il en reste encore quelques débris au-dessous de la source du Canal. De la Font-del'Arbre on peut rejoindre en 5 min. la route dupuy de Dôme.

De Fontanat on peut revenir à Clermont : 1° soit par la route du Mont-Dore {V. p. 36), que l'on va rejoindre (10 min.) en deçà f]u hameau de la Baraque et d'où l'on découvre un admirable panorama; 2° soit par le hameau de Villars (cheire ou coulée de laves; ruines d'une bourgade du moyen âge ; traces d'une voie romaine de Clermont à Limoges et à Bordeaux) et Chamalières (7. p. 41);

FONTANAT. — LA PÉPINIÈRE. S5

3° soit par un chemin (belle vue) tracé sur la crête des hauteurs qui forment au N. la gracieuse vallée de Royat.

La belle Pépinière d'arbres forestiers créée par l'État dans la gorge de Vaucluse est accessible par un chemin qui se détache, sur la g., de celui de Fontanat, à 20 min. environ de Royat. De la Pépinière, on peut revenir à Royat en suivant le sommet de la crête ou arête qui borde au S. la vallée et la sépare des gorges qui s'ouvrent au pied du puy de Gravenoire. Le sentier qui conduit en quelques min. à ce sommet est difficile à trouver sans guide ; mais, dès qu'on a atteint la crête, on rencontre une bonne route tracée à travers bois. Cette route se bifurque bientôt : il faut suivre l'embranchement de dr., qui descend en longeant la forêt. « On ne saurait, dit M. Éd. Vimont [Clermont, Royat, les monts Dôme), trop recommander cette promenade, qui prend 2 heures à peine aller et retour; on traverse des sites des plus agréables, et l'on jouit d'un splendide panorama dans la dernière partie de la descente qui aboutit à la gorge du Creux-d'Enfer ou de Gravenoire » (F. ci-dessus p. 48), d'où l'on revient à Royat.

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