PUY DE DOME — PUY DE PARIOU — GROTTES DU CLIERZOU
V. pour les voitures, VIndex alphabétique. — De Clermont à la Baraque, 7 kil. — De la Baraque au sommet du puy de Dôme, 8 kil. 500 mèt. — Du puy de Dôme au puy de Pariou, 3 kil. — Du puy de Pariou au puy de Clierzou, 1 kil. 500 mèt.
Dès les premiers jours de leur arrivée en Auvergne, les voyageurs, les touristes qui tiennent à
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jouir d'une vue d'ensemble de la région qu'ils vont parcourir, commencent par faire l'ascension du puy de Dôme. Trois chemins y conduisent : deux de piétons (ceux de Fontanat et de Villars), un de voitures (la route de Tulle).
1 ° Le chemin par Fontanat a été décrit ci-dessus, • p. 52-53.
2° Celui qui passe au Villars quitte la route de Royat à Chamalières , où l'on prend à dr. pour franchir un petit pont au delà duquel on tourne à g. On suit l'ancienne voie romaine de Clermont à Limoges dont le pavé, formé de blocs de lave, est dans certaines parties très-bien conservé. Après avoir passé sous le chemin de fer de Clermont à Tulle, on remonte un vallon boisé, à gauche (beaux châtaigniers), et, dominé, à droite par de beaux rochers de basalte.
i h. de Clermont. Villars, ham. où l'on voit un menhir surmonté d'une croix et une cheire (champ de lave inculte). Bientôt apparaît la masse imposante du puy de Dôme. On appuie à dr. pour se diriger sur le ham. de Cheix, à 5 min. duquel on rejoint (20 min. de Villars) la route de Tulle {V. cidessous).
3° La route que suivent les voitures est celle de Clermont à Tulle. A Chamalières {V. p. 41), elle laisse à g. la route de Royat. Le puy de Dôme se montre d'abord en face, puis, à mesure que l'on monte, il disparaît derrière d'autres sommets moins élevés. Laissant à dr. Durtol, on croise le chemin de fer de Tulle et l'on décrit de nombreux lacets pour atteindre un plateau borné à gauche par le cap de Pnidelles, escarpement rocheux dont la crête est à 700 mèt. d'altitude. En se retournant, on jouit d'une vue magnifique sur les plaines de la plantu-
COL DE CEYSSAT.
reuse Limagne, où serpente l'Allier et que terminent au loin les montagnes du Forez. A l'extrémité du plateau, on traverse un cratère peu profond, mais très-large, dont les bords sont recouverts de scories.
7 kil. de Clermont. La Baraque*, liam. bâti sur une coulée de lave descendue du puy de Pariou. C'est de ce point que le puy de Dôme présente surtout la forme à laquelle il doit son nom, et qu'il paraît dominer les montagnes environnantes. Le petit puy de Dôme, appuyé à sa base septentrionale, semble de là lui servir de contrefort.
Au hameau de la Baraque on laisse à droite la route de Pontgibaud {V. ci-dessous, p. 64), qu'il faut suivre si l'on veut monter au puy de Pariou (y. ci-dessous, p. 63). Un peu au delà, à g., près du hameau du Glieix, vient aboutir le chemin de Villars (F. ci-dessus).
9 kil. Laissant à g. le chemin de Fontanat(y. cidessus) , en face de la route de Rochefort, on prend à dr. une nouvelle route de voitures qui monte en contournant la base S. du cône, à travers de petits bois.
13 kil. Col de Ceyssat* ou d'Allagnat ou des Gromanaux, entre le puy des Gromanaux et un contrefort du puy de Dôme.
Du col se détache, à dr., un chemin (2,500 mèt.), dont la création remonte à l'époque romaine (il est tenu en très-bon état) et qui s'élève par 16 lacets jusqu'au (l heure.) plateau supérieur du puy de Dôme. En montant, on voit plusieurs saillies rocheuses, remarquables (la Gargouille f les Deux-Corbeaux, la Pyramide).
Si Dôme était sur Dôme,
On verrait les portes de Rome,
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Le petit puy de Dôme, fût-il sur le grand, ces deux montagnes ne dépasseraient pas ensemble l'altitude de bien des cimes des Alpes et des Pyrénées. Nous acceptons toutefois ce dicton comme l'expression de l'admiration populaire pour le volcan éteint qui, haut de 4,465 mèt., a donné son nom à la chaîne des cônes volcaniques dont il occupe le centre et au département dans lequel il est situé.
Du point culminant du Dôme, on découvre un vaste panorama; on aperçoit : à l'O., le Limousin; au S., les chaînes des monts Dôme et des monts Dore, et plus près de soi le lac d'Aydat; à rE.,la Limagne et l'Allier.
C'est au puy de Dôme que l'on peut dire avec Delarbre : « L'Auvergne est un vaste cabinet d'histoire naturelle. » De cet endroit, on embrasse l'ensemble de tous ces mouvements de terrains, de toutes ces hauteurs aux contours heurtés et saillants, de ce chaos de formes portant les traces qu'y ont laissées l'érosion séculaire des eaux et les déchirements des feux souterrains. Le naturaliste aura de nombreuses études à faire dans toutes ces montagnes, dans toutes ces vallées de l'Auvergne.
C'est sur le plateau du puy de Dôme que, à la demande de Pascal, alors à Rouen, Périer, son beaufrère, fit, le 49 septembre 1648, les premières expériences sur la pesanteur de l'atmosphère qui confirmèrent l'hypothèse de Torricelli.
Sur le puy de Dôme a été construit un Observatoire, inauguré le 22 août 1876. Il se compose d'un pavillon d'observation, de construction circulaire, établi au point culminant du plateau. Ce pavillon, qui comprend un sous-sol consacré aux instruments enregistreurs, un rez-de-chaussée, où se trouvent
PUY DE DOME
les instruments pour l'observation directe, et une terrasse, est relié par un couloir souterrain à un bâtiment plus considérable servant d'habitation au gardien de l'observatoire et d'hôtellerie, comprenant en outre le cabinet du directeur, une salle pour la conservation des instruments et le bureau télégraphique. Cette station météorologique est reliée par des fils télégraphique et téléphonique à une autre station établie à Rabanesse (Glermont), sur la route de Glermont à Limoges, à 500 mèt. des Facultés.
Les fouilles nécessitées par la construction de la station météorologique ont mis à découvert les assises d'un vaste édifice de l'époque gallo-romaine. Depuis, des fouilles plus importantes ont eu lieu, et l'on peut aujourd'hui se faire une idée de la grandeur de ce monument antique, qui était un temple de Mercure et qui offre le plus haut intérêt. . On a déblayé des plates-formes successives reliées entre elles par des escaliers monumentaux qui en facihtaient l'accès. Au-dessous ont été découvertes une porte et une fenêtre. De cette pièce partait un escalier conduisant à un étage supérieur, aujourd'hui détruit. A côté apparaît une série de pièces moins grandes, semblables entre elles et terminées en hémicycle. Toutes ces pièces, excepté la première, sont pourvues d'un banc semi-circulaire.
Cet édifice était très-solidement construit. Les murs se composent de pierres de taille énormes, admirablement ajustées, posées à sec et simplement reliées entre elles par des crampons de fer scellés avec du plomb. Les parties secondaires de la bâtisse sont en moellons irréguiiers, de petite dimension, noyés dans le mortier, avec revêtement en petit appareil. On a découvert, au miheu des décombres, des fragments de marbres les plus rares
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et de plus de cinquante espèces différentes de tous points semblables à celles qui ornaient, à Rome, le palais des Césars. On a recueilli également des fragments de frises en marbre blanc où sont sculptés des feuillages et des rinceaux variés, ainsi que des génies jouant avec des lions, des dauphins. On a mis à jour aussi des bases et des chapiteaux de pilastres ioniques, deux masques en pierre de grandeur naturelle que l'on croit être ceux d'Apollon et de Diane, de nombreux débris de poterie, à vernis rouge, avec ornements en relief; divers objets en bronze, en corne de cerf, des fers de lance, de javelot, des statuettes en bronze, des pièces de monnaie, frappées pour la plupart à l'effigie d'Antonin, le doigt auriculaire gauche et un fragment en bronze de la draperie d'une statue de femme.
Les archéologues ont, dès le principe, considéré ces ruines importantes comme les restes d'un sanc^ tuaire consacré à Mercure. Ils appuyaient leurs assertions sur un passage des Commentaires de César, sur deux inscriptions recueillies par un savant archéologue de Clermont, M. Mathieu, sur un passage tiré des œuvres de Pline l'Ancien, dans lequel il est parlé d'une statue colossale de Mercure exécutée en Auvergne par le sculpteur Zénodore, et enfin sur un passage non moins caractéristique de Grégoire de Tours. Une inscription trouvée à Wenau dans le pays de Juliers (Prusse Rhénane) et consacrée au Mercure auvergnat, plusieurs autres inscriptions analogues exhumées sur les bords du Rhin, sont venues confirmer leurs assertions. Mais la découverte faite pendant les fouilles d'une plaque ou cartouche en bronze a levé tous les doutes. Cette inscription est ainsi conçue ; nvm avg et deo mercvri dvmiati MATVTiNivs vicTORiNVS D D, quc Ton traduit ainsi :
PUY DE DOME
Ayx divinités augustes et au dieu Mercure domien Matutiniiis Victorinus l'a dédié.
Sur la partie du S. du plateau du Dôme, existait u.:e chapelle dédiée à saint Barnabé. C'est dans celte chapelle que se réunissaient autrefois les sorciers
Kuines du temple de Menure
et les sorcières. Une sorcière qui se laissa prendre, Jeanne Bordeau, fut, malgré ses aveux, brûlée vive en 1514.
La descente du puy de Dôme s'effectue en général par le versant oriental; deux sentiers la facilitent jusque sur le petit pvy de Dôme (1,268 met.) :
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celui de dr. est plus long, mais moins rapide que celui de g. Le petit pu}^ de Dôme, accolé au flanc N. du grand Dôme, est presque entièrement formé de scories ; il possède un cratère très-régulier appelé le Nid de la Poule, privilège que n'a pas le puy qui le domine. De sa base occidentale part une large coulée de lave qui s'est répandue, dans la direction de la Sioule, sur la surface d'un large plateau granitique. Après être descendu au bas du ravin qui sépare le petit puv de Dôme du grand, on suit le sentier qui aboutit à deux baraques en bois servant de restaurants d'où l'on peut rapidement retourner à Clermont, à moins que l'on ne préfère visiter le magnifique cratère du puy de Pariou.
Dans ce cas, il convient de se diriger vers le N., en suivant les pentes qui y conduisent. On traverse de vastes pâturages , entièrement dépourvus d'arbres et couverts de bruyères, dans lesquelles on enfonce jusqu'à mi-jambe. Quand on a quitté le Nid de la Poule, on appuie légèrement sur la dr., en côtoyant le versant oriental des montagnes de V Aumône ou Petit Siichet (1,200 mèt.). Après avoir longé un bois, on entre dans un immense cirque couvert de pâturages, fermé au S. par le Petit Suchet, au N. par le Pariou dont on peut rapidement atteindre le cratère supérieur, à l'O. parle puy de Glierzou (1,199 mèt.), dont on peut aller visiter les grottes (au sommet). Les plus curieuses sont au S. [V. Clermont, Royat, les Monts- Bàme, par M. Éd. Vimont). L'entrée des galeries, qui s'étendent assez profondément dans l'intérieur de la montagne, se trouve sous la dernière arcade au couchant. L'ouverture est basse; on pénètre dans une première salle, puis, par une ouverture
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plus basse encore (à g.), on entre dans une seconde et successivement dans deux autres. Ces grottes sont regardées comme d'anciennes carrières, d'une roche tendre et poreuse, dans laquelle on taillait des cercueils, dont la porosité favorisait la conservation des cadavres.
Bien que la distance à vol d'oiseau du puy de Dôme au puy de Pariou (1,210 mèt.) ne soit que de 3 kil. il faut près de 2 heures pour la parcourir. Le Pariou est le produit d'une des éruptions les plus récentes de cette région volcanique. Ce volcan, selon M. Achille Comte, est un des plus intéressants à étudier des environs de Clermont. Son sommet, qui de loin paraît être simplement tronqué et terminé par un plan incliné, oifre un cratère parfaitement bien conservé, dont le diamètre est de 310 mèt. et la profondeur de 93 mèt., mesurée du bord septentrional, qui est le plus élevé. Au-dessous du cône terminal qui porte ce cratère , on en voit un second qui est beaucoup plus grand et renferme le cône dont il vient d'être question , à peu près comme la montagne de la Somma entoure le cône terminal du Vésuve. Ce grand cratère, égueulé d'un côté , a répandu par cette brèche une coulée de lave qui s'étend d'un côté jusqu'à Durtol et Nohanent et de l'autre dans la vallée de Villars.
Au N. du Pariou, au-delà de la route de Pontgibaud, se dressent, de dr. à g., en forme de demicercle, en partant du col des Goules : les puys des Goules, du grand SarcoLiy, du petit Sarcouy, de Chaumont, de Leyronne, de Chopine, de la Goutte, de Lantégy (F. p. 66) et, au N.-O. du Pariou, le ■puy de Fraisse (1,118 mèt.); à l'O. du Pariou, le puy de Gôme (1 ,264 met.), au sommet duquel s'ouvrent deux cratères assez profonds et concentriques. Sur
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la crête qui sépare ces deux cratères, existent des scories blanches extrêmement légères. La coulée de lave qui s'est échappée de la base du Cômc s'est étendue jusqu'à Pontgibaud, et a produit la cheire (nom que les habitants du pays donnent à ces coulées de laves) la plus importante, la plus tourmentée et la plus curieuse de la chaîne des puys. Au midi des puys de Côme et du Clierzou s'élève le grand Sz(c/ief (1,236 mèt.), h l'O. duquel et descendant vers le S. sont rangés, au pied occidental du puy de Dôme, les puys de Babnet (1,088 mèt. d'altitude), de Filhou (1,077 mèt.), du petit Sault (1 ,043 mèt.) et du grand Sault (1 ,081 mèt.), qui touche au puy de Gromanaux.
La descente du Pariou peut s'effectuer par la partie la plus basse des bords du cratère supérieur. De ce point part un sentier qui, contournant le cône, aboutit au cratère inférieur, dont on s'éloigne par la brèche qui a servi d'écoulement à la lave, puis on atteint une sorte de cirque traversé par un sentier, qui, passant non loin des baraquements du polygone , aboutit à la route de Glermont à Pontgibaud, un peu au-dessus de la Fontaine du Berger (y. ci-dessous).
Gette route, que nous indiquons pour le retour, est la plus courte pour se rendre de Glermont au Pariou.