‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 43 sur 160 · THIERS · texte numérisé non relu

THIERS

IG kil. - Chemin de fer. - Trois départs par iour. - Trajet en 1 h. 27 mm. et 1 h. 35 mïn. - Iro ci 4 fr 75 c.; 2e cl.; 3 fr. 60 c. ; 3° cl., 2 fr. 60 c. '

Le chemin de fer de Thiers, se détachant de la grande ligne de Paris, en face de Montferrand, prend lussitôt la direction de l'E. Il passe à côté du camp tes Gavranches, et de la sucrerie importante de bourdon, reliée à la sucrerie de Sarliève par un ^.hemin de fer industriel.

6 kil. Aulnat (1,209 hab.; église du xi^ s., dotée Le nos jours d'un clocher roman). A dr., au pied •'une colline, le village de Lempdes (1,655 hab.ghse romane assez curieuse) est dominé, au S ' ar le puy de Banc, derrière lequel se cache Couron* (2,348 hab.; église remarquable du xi^ s ) 'n croise la route de Glermont à Ljon, avant de* •anchir l'Allier sur un pont de cinq arches de 5 met. d ouverture chacune.

13 kil. Pont-du-Château* (3,484 hab.), sur la riv-

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g-, de l'Allier, à 4 kil. au N. de la station^ était au xii'^ s. une des places les plus fortes de la Limagne. Louis le Gros s'en empara en H26, et les Anglais en 1363. D'après plusieurs historiens, César, allant assiéger Gergovie, y aurait traversé l'Allier. Pont-du-Château renferme les ruines du château de Canillac, et Véglise de Sainte-Martine, de la fm du xii° s., située sur un monticule à la base duquel s'exploitent, depuis 1776, des sources de bitume.

Au S. de la station s'élève le pmj de Miirei sur le bord de l'Allier se voient le village de Ballet (l,12o hab.) et, plus bas, celui de tee/ (1,061 hab.).

16 kil. Vertaizon (2,111 hab.), à 2 kil. à dr. de la station, sur les pentes d'une colline que couronnent les ruines d'un château du xii*^ s.

[De Vertaizon se détache l'embranchemeut de (9 kil.) Billom qui laisse à g. Bouzel (593 hab.), décrit une courbe dans la direction du N,-È., dessert (4 kil.) Vassd (296 hab.) et (6 kil.) Espirat (463 hab.).

Billom*, 4,211 hab., possède : une église desx^ etxi<î s., Sai?it-Cerneuf, avec crypte renfermant le beau tombeau (xiv° s.) de Gilles Aycelin, archevêque de Narbonne, puis de Rouen; une chapelle du xv^ s. (au séminaire), dont les voûtes sont décorées de fresques et qui renferme un reliquaire du xiii*' s.; deux jolis édifices modernes, le tribunal de commerce et Yliôtel de ville ; un beffroi dont la tour fortifiée date des xvi^ et xvii^ s. ; des fabriques de poteries communes, d'imitation de poteries romaines, et une sucrerie.]

Après avoir dépassé l'embranchement de Billom, on laisse à 3 kil. à g. Beauregard-VÈvèque (1,414 hab.), dont l'église renferme de belles boiseries ainsi qu'un autel orné de bas-reliefs remarquables et où se dressent les ruines du château épiscopal où mourut Massillon (1742). Du même côté, Seychelles

VERTAIZON. — BILLOM.

(SlOliab.) est dominé, au S.-O., par ane colline isolée, de 467 mèt., sur le sommet de laquelle est la tour ruinée de Coiircoiir. La voie ferrée traverse ensuite une vaste et fertile plaine où l'on remarque çà et là des plantations de tabac.

25 kil. Lezowa?, 3,655 hab., ch.-l. de c. caché dans les arbres à g. , fabrique, depuis l'époque mérovingienne, des poteries, et possède une vieille tour et une église romane servant de remise. — De l'autre côté de la voie se montrent Ravel-Salmerange (830 liab.) et les grosses tours rondes de son vieux château.

Le chemin de fer entre ensuite dans une tranchée, d'où il sort bientôt pour longer des prairies, laisser à dr. le v. de Samt-Jean-d'Eeurs (463 hab.), traverser des bois, parcourir une seconde tranchée, passer devant le village de Peschadoire (1,132 hab.; tour ruinée) et croiser la route de Glermont à Thiers.

35 kil. Pont-de-Dore (buffet), près de la Dore. Un chemin de fer unira prochainement cette station avec le Puy, en passant par Ambert.

Des omnibus, en attendant l'ouverture de la ligne du Puy, relient cette station à (10 kil., au S.) Courpière, ch.-l. de c. de 3,570 hab., situé sur la rive g. de la Dore, et oii l'on remarque d'anciennes fortifications, une église romane et des maisons du moyen âge.

On franchit la Dore (pont de 5 arches). A g. Hgne de Thiers à (30 kil.) Vichy par (14 kil.) Chdteldon, ch.-l. de cant. de 1,946 hab. [château, anciennes fresques dans la chapelle; restes des fortifications).

37 kil. Courty. — • On passe à 1,500 mèt. environ au S. du château moderne de M. de Barante (belle bibliothèque et collection de médailles). A dr. sont le bois et le château de la Chassagne et le hameau ÙG Pinon. Au-delà, le chemin de fer laisse à gauche

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le château du Gros, passe dans un tunnel, à la sortie duquel il croise une deuxième fois la route de Vichy, au-dessous du ham. de Salomon, et une troisième fois en face du château des Champs ( à g., vue admirable, mais rapide, sur la plaine de la Limagne et la chaîne des puys d'Auvergne).

46 kil. Thiers*, 16,343 hab., ch.-l. d'arrond., la Ville-Noire du roman de George Sand, est une des villes les plus pittoresques, les plus curieuses et les plus industrieuses de la France. Bâtie sur les dernières pentes du Besset (623 mèt.), elle descend jusqu'à la rive dr. de la Durolle, qui , coulant dans un lit profondément encaissé entre de sombres rochers , fait tourner les roues d'un grand nombre d'usines. La plupart des rues sont de véritables escaliers. Les maisons, noires, malpi^opres, s'étagent l'une au-dessus de l'autre, dans un pêle-mêle cher aux artistes. On se croirait dans une ville du moyen âge ; mais on découvre çà et là des points de vue magnifiques, et partout règne l'activité de la vie moderne.

Thiers, d'abord humble village, groupé autour d'un château fort [Tigernuni Castru7n) et d'une église dédiée à saint Symphorien, fut incendié en 632, par Thierry, fils de Clovis, Saint Avit, évéque de Clermont, y construisit, en 580, une nouvelle église sur le tombeau de saint Genès, qui avait ét*^ martyrisé en ce lieu. Au commencement du xi^ s., la seigneurie de Thiers appartenait à des vicomtes particuliers; plus tard elle passa aux dauphins d'Auvergne, puis à la maison de Bourbon, fut confisquée sur le connétable de Bourbon par François 1er et donnée au chancelier Duprat, enfin restituée au duc de Montpeusier (1509) et élevée au rang de baronnie. Marie de Bourbon l'apporta en mariage à Gaston d'Orléans, dont la fille, M"c de Montpensier, la donna à Lauzun, qui la vendit à Crozat receveur général du clergé.

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