‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 44 sur 160 · THIERS · texte numérisé non relu

THIERS

Depuis trois siècles environ, l'industrie et le commerce de ïhiers ont pris un accroissement considérable, par suite de l'importation de la fabrique de grosse coutellerie qui avait fait jusque-là la richesse de Châteldon.

On visitera avec intérêt les fabriques de MM. Sabatier et Astier, où l'on peut suivre les phases multiples par lesquelles un petit morceau d'acier est transformé en un instrument de coutellerie. La gaînerie, la tannerie et la papeterie à la cuve forment les autres branches de l'mdustrie de Thiers. Parmi ces papeteries, au nombre de 6, il en est une qui fabrique spécialement du papier destiné au timbre. Le nombre total des ouvriers de tout âge et de tout sexe, employés par ces différentes industries, tant à Thiers que dans les villages voisins, dans un rayon de 10 à 12 kil., est d'environ 20,000, dont 12,000 pour la coutellerie, qui compte 416 ateliers. Le chiffre des affaires s'élève à 30 millions de fr. par an.

Thiers ne renferme qu'un petit nombre de monuments intéressants. V église Saint-Genês (mon. hist.) a été reconstruite en 1016 et au xii^ s., mais l'intérieur a subi de nombreux remaniements. A l'extérieur, le mur terminal du croisillon S., et à l'intérieur les chapiteaux des colonnes, sont surtout dignes d'attention. On a découvert dans cette église une curieuse mosaïque du xii^ siècle en marbres variés, qui occupait toute l'étendue de la première travée de la nef. Dans le porche latéral du N., on remarque un beau tombeau à arcatures, du xiii*^ s.

V église du Moùtiers (mon. hist.), amsi nommée d'un monastère de Bénédictins dont elle faisait autrefois partie, est située dans la basse ville, près de la DuroUe. Cette église date des vni« et xi« s.; la tour est beaucoup moins ancienne. On voit dans le narthex de très-curieux chapiteaux. — Saint- Jean appartient au xv« s. — Nous devons signaler aussi de nombreuses maisons en bois, en briques et en pisé

ENVIRONS DE CLERMONT FERRAND

diiKY"^ S., entre autres le château, place du Piroux, et les 11°^ 17 et 18 rue de Lavaur.

De la promenade du Rempart, des jardins du café de la Rotonde, on jouit d'une vue magnifique sur la Limagne. On a devant soi, dans le vallon, trois châteaux: à g. celui de Moûtiers, au milieu celui des Molles et à dr. celui de Franc-Séjour; plus loin, la papeterie de la Croix-Blanche et le village du Pont-de-Dore; à l'horizon, les puys de Dôme et les pics du Mont-Dore.

Sans s'éloigner de Thiers, on peut faire une promenade des plus intéressantes. Traversant la Durolle près de l'église du Moûtier , on en remonte la rive g. en suivant une jolie route peu inclinée, resserrée par de noirs rochers (cascatelles du Creux- Saillant), jusqu'au-delà des ham. de Begoulat et de Pont-Haut. Les vieilles maisons et les usines de la rue des Patières communiquent entre elles, au-dessus des ravins, par de petits ponts de hois. Plus loin , au-delà de l'église Saint-Jean, le vieux pont Saint-Jean (2 arches) , les chutes de la rivière , les groupes désordonnés de maisons noirâtres offrent des paysages pittoresques. En 40 min., on atteint un pont en face de l'usine de M. Bizet-Dessaigne, par lequel on peut revenir à la place de la Mairie. Mais, si l'on continue à suivre la rive dr. de la rivière, on arrive à la Margeride, un des endroits les plus sauvages de la vallée. De la Margeride, on peut en 10 min. gagner le Cordon, c'est-à-dire la nouvelle route de Thiers à Roanne, par laquelle le retour vers la ville peut rapidement s'effectuer.

DE CLERMONT AU MONT-DORE

DE CLERMONT AU MONT-DORE

Les malades et les touristes qui se rendent au Mont- Dore ont le choix entre le chemin de fer de Tulle (station de la Queuille) et 6 routes, dont une seulement, lal^e, est parcourue par des services réguliers de voitures (F. Clermont iiV Index alphabétique) :

1° par Ceyrat, Randanne et le lac de Guéry : 47 kil.;

— 2° par Saint- Mart, Pardon et Randanne : 4S kil.;

— 3o par Rochefort, la Queuille et la Bourboule : 57 kil.;

— 4° par Randanne, NélD0uzat,01by et Rochefort : 67 kil. ;

— S^» par Issoire et Saint-Nectaire : 82 kil. ; — 6» par le Cendre, Saint-Amant-Tallende, le lac d'Ayda et Randanne : 58 kil. ; — 7° par la Queuille et la Bourboule : 65 et 8J kil.

1^ Par Ceyrat, Randanne et le lac de Guéry, 47 kil.

En quittant Clermont par ]e S. de la place de Jaiide, la grande route longe à dr.de jolis coteaux, et laisse du même côté le puy de Gravenoire {F. p. 47). — On croise le chemin de fer de Tulle.

3 kil. Beaumont (F. p. 80) dominé par les ruines du château du Mont-Rognon {V. p. 81).

6 kil. Ceyrat (1,322 hab.), traversé par la route.

— Au delà, à dr., beau pont do 9 arches jeté sur le ravin de Ceyrat. — La route décrit jusqu'à Randanne de fortes courbes.

9 kil. Sauhet. — A g. route de Romagnat et

plateau de Gergovie {V. p. 82). La route, taillée

dans le roc, domine la belle vallée de Ghanonat {V. p. 84).

LAC D AYDAT.

\{ kil. Varennes, hameau à l'O. du puy Giroux.

14 kil. Theix (château du XYiii*^ s., avec parc, et étangs peuplés de truites; école de pisciculture), ham. où débouche, à dr., la route venant de Clermont par Saint-Mart {V. p. 98).

15 kil. Fontfreide. — A dr., puys de Mey et de la Vache (1,170 mèt.), derrière lesquels se dresse le puy de Mercœur (1,254 mèt.), immense cône qui domine, au N. , le pay de Lassolas (1,196 mèt.), d'où part la large coulée de lave qui s'étend jusqu'au lac d'Aydat.

Après avoir dépassé un petit tunnel, on laisse à g. le ham. de la Cassiére, et, dans le fond de la vallée, un lac aujourd'hui desséché ; puis, au col de la Ventouse, la route de Saint-Amant-Tallende, conduisant au (2 kil. 1 /2) lac et au village d'Aydat.

[Le lac d'Aydat (825 mèt; d'altit.) a environ 4 kil. de circonférence et une profondeur qui varie entre 13 et 30 mèt. Il doit sa formation à un courant de lave, faisant partie de la grande cheïre du puy de la Vache, qui barra le conrs du ruisseau de la Veyre, dont les eaux s'accumulèrent derrière l'obstacle. Près de la rive N., est une petite île nommée île de Saint-Sidoine parce que la maison de campagne de saint Sidoine Apollinaire, maison qu'il appelait Avitacum, était dit-on, sur les bords du lac. Certains archéologues affirment cependant que la description de cette demeure, faite par le saint évêque, se rapporte mieux aux bords du lac Chambon. MM. Léon Chabory et le D"" Léon Vacher {V. VAîînuaire du Club alpin français de 1875) ont combattu cette dernière opinion, et ils ont fourni à l'appui de la première des arguments qui paraissent concluants. Ils croient que cette habitation était située

DE CLERMONT AU MONï DORE.

dans la prairie au S. du lac, dominée à FO. par le rocher sur lequel est assise la ferme de Poiidur.

Un joli chemin qui suit les rives doucement inclinées du lac conduit en quelques min. au v. d'Aydat (1,567 hah.), dans une situation charmante, sur les deux rives de la Veyre, à la base 0. du pwj de la Rodde (1,410 mèt.). On y voit les restes d'une maison de Templiers, et, dans Véglise, un tombeau portant l'inscription suivante : Hic siint duo innocentes et S. Sidonius.]

Après avoir visité le lac d'Aydat, on revient sur ses pas à Verneuge, d'où se détache à g. le chemin qui conduit au Vernet (934 hab.) et àMurols; el, reprenant la route de GlermonL au Mont-Dore, on laisse à dr. le puy de Vichatel (1,117 mèt.), qui porte à son sommet un joli cratère couvert d'arbres, et le puy de Charmont (1,138 mèt.), dont le demi-cratère, éguealé vers le S., a vomi une coulée de lave noire et compacte.

21 kil. Randanne* (relais), ham. dépendant d'Aydat, se trouve au S. du 2my de Montchal (1 ,107 mèt.), sur un plateau jadis désert et stérile, transformé par le comte de Montlosier en champs fertiles et en excellentes prairies. Le comte de Montlosier, membre de l'Assemblée constituante, puis de la Chambre des pairs sous Louis-Philippe, a été enterré en 1838, dans le parc du château, sous un monument du style ogival. M. J.-B. Bouillet a signalé un camp ou station gauloise, situé en face de ce château, sur le petit plateau des Cabanes, formé par une des branches de la coulée de lave du puy de la Vache. On a découvert sur l'emplacement de ce camp des haches gauloises en pierre et en bron/.e,

RANDANNE.

des instruments eii fer et une médaille consulaire d'argent.

En sortant de Randanne, la route tourne vers le S., en laissant à dr. celle de Rochefort par Olby (F. p. 99) pour se développer sur un vaste plateau, au pied des puys de la Taupe (1,086 mèt.), de Boursoiix (1,065 mèt.), de Combegrasse (1,118 mèt.) et de l'Enfer (1,080 mèt.); ce dernier est remarquable par un lac qui se trouve près de son sommet, •à 999 mèt. d'altit. , et par une vaste cavité, la 'Narse d'Espinasse, couverte de pâturages marécageux, qui s'étend à sa base, et qui n'est autre chose qu'un cratère plus large et moins profond que ceux des autres puys.

21 kil. A dr., chemin de Vernines-Aurières.

24 kil. La Baraque d'Espinasse; le ham. de ce nom est situé sur un plateau cultivé, dépendant de Saidzet- le -Froid (712 hab.). En se retournant, on embrasse du regard la chaîne des puys d'Auvergne. — A 4 ou 5 kil. de la Baraque, la route est dominé, à g., par le puy de Servière (1,235 mèt.), dont les bois renferment trois rochers monolithes, qui portent le nom de Trois-Filles, nom bizarre qu'explique une légende.

[En suivant la lisière du bois, on atteint en 10 min. le lac de Servière, nappe d'eau circulaire, d'une profondeur maxima de 23 mèt., occupant un ancien cratère et donnant naissance à la Sioule, affluent de l'Allier. — A peu de distance , au N.- 0. du lac, s'élève une butte artificielle (motte ou tumulus), de 120 mèt. de circuit à la base, et de 9 mèt. de haut. « Cette butte, dit M. Léon Ghabory, a été formée de main dliomme, en relevant circulairement la terre autour de sa base, de

DE CLERMONT AU MONT -DORE

sorte que le monticule semble s'élever du fond d'une vaste cuvette circulaire ». Auprès du monticule existe une enceinte, de 4 liect. de superficie, qui, probablement, a servi à.' O'ppidum ou de camp retranché, car les deux fossés qui l'entourent pouvaient recevoir les eaux du lac. En remontant à l'E. du lac, dans la direction du 'puy de Comperet (1,377 mèt.), sur un parcours de plusieurs kil., on rencontre des dépressions de terrain, de 12 à 15 mèt. de superficie, alignées sur files parallèles, et pratiquées, au nombre de plusieurs milliers, sur le flanc N. du puy de Comperet.

De l'oppidum, on peut, en quelques min., aller rejoindre, à travers bois, dans la direction de l'O., la route du Mont-Dore et gagner l'auberge du Pontde-Servière, non loin de laquelle le ruisseau qui coule au fond du ravin forme une jolie cascade.]

La route du Mont-Dore décrit ensuite une courbe et s'élève sur un vaste plateau dominant, à dr., la vallée à l'extrémité de laquelle on aperçoit Orcival (y. p. H2). Elle tourne ensuite à g., et passe auprès de la Roche Sanadoire qui se dresse en face de la Roche Tuilière, à l'entrée de la vallée de la Chausse.

La Roclw Sanadoire (1,288 mèt.), énorme masse isolée, est accessible, au N., par des gradins mal taillés. Sur le sommet était un château, le cli.-l. d'une prévôté royale, dont l'arrondissement comprenait 48 paroisses ; Louis 111, duc de Bourbon, le reprit aux Anglais après un siège de trois semaines.

Non loin de là, à l'O., est la Roche Tuilière (1,296 mèt.), ainsi nommée des lames de basalte que les paysans extraient de sa base, pour en couvrir les toits de leurs maisons.

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