‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 59 sur 160 · SALON DU CAPUCIN · texte numérisé non relu

SALON DU CAPUCIN

le pic du Capucin, le puy de Cliergue (1,667 mèt.), lepuy de Chabano (1,741 mèt.), le puy de l' Aiguille (1,827 mèt.), enfin le pic de Sancy.

De l'autre côté de la vallée, toujours en partant du village du Mont-Dore, sont : la Grande cascade, dominée par le puy de' Mareilhe (1,564 mèt.); le ravin des Ègravats et le ruisseau qui porte le même nom; le ruisseau des Édimbouches, dominé par le Roc de Cuzeau (1,724 mèt.); celui de la cascade du Serpent, dominé par le puy des Crebasses ; le ruisseau de la Dogne, au pieddupwy de Cacadogne (1 ,797 mèt.) ; et, en dernier lieu, le ruisseau de la Dore, qui prend sa source sur les pentes du puy du Pan-de-la-Grange , et la pente orientale du pic de Sancy. Ce côté de la vallée fera l'objet de la deuxième excursion.

Les personnes qui veulent se rendre au Capucin, course que l'on peut faire en voiture , doivent traverser la Dordog-ne sur le pont de pierre qui sert d'amorce à la route de la Tour-d'Auvergne , et suivre cette route jusqu'au plateau du Rigolet, où elles trouveront, à g., un chemin d'exploitation qui les y conduira. Celles au contraire qui veulent faire cette promenade à pied traverseront la rivière sur le pont suspendu et, à 500 mèt. du Mont-Dore, après avoir dépassé la croix du Jubilé, elles prendront, à g., l'ancien chemin de la Tour, qui s'engage dans une forêt. Après avoir gravi la côte pendant un instant, on rencontre un sentier portant cette inscription : Petit chemin du Capucin. On le suit et, lorsqu'il se bifurque, on prend le sentier de g., en laissant à dr. celui qui conduit au hameau de Rigolet-Haut. Lorsqu'on a atteint un vaste carrefour entouré de hêtres et de sapins, on s'engage dans le sentier que l'on a en face de soi, et l'on arrive, en quelques pas, au Salon du Capucin. Ce but de promenade, un des plus fré-

quentés, que les médecins conseillent surtout à ceux de leurs malades qui ne sont pas gravement atteints, mérite bien à tous égards sa réputation : c'est une clairière qui ressemble, en effet, à un vaste salon dont la nature a fait tous les frais d'ameublement et dont le sol est revêtu d'une épaisse couclie de gazon. Des troncs d'arbres et des pierres couvertes de mousse offrent aux promeneurs fatigués des sièges naturels, où ils peuvent se reposer. Le Salon, dominé au S. par un roclier taillé à pic, est traversé par un chemin qui j conduit. Des flancs de ce rocher se détache une aiguille prismatique dont l'ascension est difficile, et qui lui donne, dit-on, une vague ressemblance avec un moine encapuchonné, d'où son nom de Capucin (1,463 met.). Du sommet du Capucin on découvre un vaste panorama se déroulant depuis le pic de Sancy jusqu'à la Banne-d'Ordenche.

Le Capucin n'est pas éloigné de la montagne du Cliergue, du sommet de laquelle on voit, au N.-O., la vallée du ruisseau du Cliergue, qui forme, non loin de là, une cascade et, plus bas, fait mouvoir la Grande Scierie, puis alimente les cascades du Plat-à-Barbe et de la Vernière (F. p. 141).

Côtoyant ensuite le liane S. du Capucin, on aperçoit toute la vallée du Mont-Dore. Après être revenus sur leurs pas jusqu'à la base du Capucin, les cavaliers suivront le chemin qu'ils ont déjà parcouru jusqu'à l'embranchement du ham. du Rigolet. Arrivés au carrefour ( 7.- ci-dessus ), ils prendront en face d'eux le sentier de la vallée d'Enfer, qui court dans la direction du pic de Sancy. Les piétons peuvent suivre les crêtes du Cliergue et de la Prateau, mais ils feront mieux de choisir le chemin des cavaliers, traverser le vallon des Bivaiix-

Grands,, puis les Rivaux -Petit s, et, au-delà des burons du Sancy, pénétrer dans le vallon de Lacour En remontant le vallon de Lacour, dont deux énormes rochers gardent l'entrée, on arrive bientôt dans un immense cirque de 1,200 met. de longueur sur 600 met. de largeur, dont les gradins sont formés par des gisements de tracliyte. En face se dresse le roc de Courlande, terminé par un rocher de forme bizarre , sur les flancs duquel se dessine le sentier qui conduit à Chastreix {{ ,m hab.}. Sur la g. apparaît une vaste échancrure par laquelle les piétons peuvent pénétrer dans la gorge d'Enfer ravin sauvage, déchiré, nu, bordé de montagnes éboulées. Les cavaliers devront revenir aux burons du Sancy pour entrer dans la gorge par son ouverture sur la vallée du Mont-Dore. L'entrée de la gorge semble gardée par trois rochers auxquels on a donné le nom des Trots-Diables. En face de ces rochers, le roc d'Enfer, sur lequel des miniers de martinets ont élu domicile, est un digne pendant des roches voisines nommées Aiguilles et Cheminées du Diable. Le retour au Mont-Dore doit s'ef^ fectuer en longeant la rive g. de la Dordogne, que on traverse en face des Égravats, pour longer ia rive dr. ^

GRANDE CASCADE- LES ÉGRAVATS- CASCADEDU SERPENT CASCADE DE LA DORE - PIC DE SANCY

Du Mont-Dore à la Grande cascade, 2 kil. - De la Grande

cadein '"T"^' ^''^'^'^ ^ kil. De la cascade du Serpent au sommet du Sancy, 2 kil 600 mèt.

La Grande cascade, une des plus belles et des plus connues de l'Auvergne, s'aperçoit très-bien du pont

GORGE D'enfer. — grande cascade. 137^

de pierre. En sortant du Mont-Dore, on prend, à g., le chemin qui débouche en face de la halle. Après l'avoir suivi pendant 40 min. on atteint le cours d'eau qui a formé la cascade ; tournant alors à g., on gravit les pentes de la montagne ; au deuxième lacet, il faut laisser à g. l'ancienne route de Besse qui, passant au-dessus du Mont-Dore, conduit sur le plateau de l'Angle, poursuivre le sentier du Club Alpin, qui mène, en 25 min. environ, au pied de la cascade tombant du sommet d'un rocher de trachyte taillé à pic et haut de plus de 30 mèt. Une large excavation creusée dans le roc permet de passer derrière la cascade; on peut aussi, grâce à M. Reynard, membre du Club, qui a complété le sentier en faisant creuser le roc et placer une rampe en fer, atteindre, après avoir passé derrière la chute, le plateau des Fichacles, qui s'étend entre le puy de Mareilhe, à g., et, à dr., leSuquetde Claude (l ,^^'■16 mèt.), au pied duquel naît le cours d'eau qui forme la cascade.

Après être redescendu dans la vallée et avoir franchi ce ruisseau, on voit, à g., le Ravin des Égravats, formé, on ne sait à quelle époque, par la chute d'une partie du roc de Cuzeau. Franchissant le ruisselet des Égravats, et, peu après, la Dordogne dont on suit alors la rive g., on aperçoit bientôt, à g., la cascade du Serpent, formée par un mince ruisseau descendu du puy de Cacadogne, et que l'on prendrait, en effet, pour an serpent d'argent glissant à travers les arbres et les fleurs. En face tombe du sommet d'un rocher le mince filet d'eau de la Dore, au-dessous duquel serpente le sentier qui conduit à des mines d'alun aujourd'hui inexploitées. Traversant alors le ruisseau de la gorge d'Enfer, puis la Dore au point même

OÙ clic s'unit ù. la Dogne, née sur le puy du Pan-dela-Grange, le chemin s'élève en serpentant sur les flancs du puy de Cacadogne; il atteint, au pied du grand roc, une espèce d'esplanade où se trouvent des monceaux de pierres formant des murailles trèsbasses que l'on croît-être les restes d'habitations construites par une colonie espagnole attirée en cet endroit, il y a plusieurs siècles, par les pierres précieuses qu'on y trouvait.

Gravissant ensuite une côte rapide, on traverse bientôt le ravin de la Bagne, au point même où naît ce ruisseau. Le chemin laisse à droite les marais du Sancy, formés par la Dore, autre ruisseau que l'on franchit, et dont les eaux jaillissent, à g., au pied du Pan-de-la-Grange, sur lequel le Club Alpin Français doit faire construire une cabanerefuge; puis on atteint le col du Sancy : c'est en cet endroit, où le vent est parfois d'une violence extrême, que s'arrêtent les chevaux. De là un chemin en zigzag permet d'atteindre,' en moin-j. de 20 min., le sommet du pic de Sancy, la plus haute montagne de la France centrale (1,880 mèt.). Il existe au sommet une croix en fer, ébranlée par la foudre.

Le panorama qr.:; l'on embrasse du haut de ce sommet entouré de précipices est au-dossus de toute descriptioi». Au N. se déroule la vallée du Mont-Dore, encaissée entre les puys que nous connaissons : à di-., les sommets du Gacadogne, de Cuzeau, de Mareilbe, de l'Angle, etc. ; à g., le Cliergue, le Capucin; au N., le puy Gros, la Banne-d'Ordenche, à l'E. de laquelle on distingue le lac de Guéry dominé par la roche Sanadoire; plus à dr., le puy de la Tache ; et, à l'horizon, les monts Dôme. Vers le N.-O,. l'cpil plonge sur les forêts et les pûturages

Ca^^oado du Serpent,

de la vallée de la Burande et sur la colline basaltique de la Tour-d'Auvergne (V. p. 171), tandis qu'au N.-E. on aperçoit moins distinctement le lac Ghambon, une partie de la vallée de Chaudefour {V. p. 1 54) et, au-delà, la Limagne. Du côté du S. se dresse le puy Ferrand, derrière lequel se montrent, à dr. le puy Gros (1,804 mèt.), et à g. le puy de la Terdrix (i,732 met.). Le chemin qui conduit à Vassivières (4,800 mèt. ; F. p. 155) et à Besse (12 kil. ; Y. p. 159) passe entre ces trois puys, et sur le flanc N.-O. du puy de Pailleret (1,737 mèt.), à l'E. duquel se trouve celui de Chambourguet (1,513 mèt.). Au delà se déroulent de vastes pâturages mamelonnés, au milieu desquels se dressent d'anciens volcans et où s'étendent plusieurs lacs; le lac circulaire de Cliauvet (F. p. 158) attire principalement les regards. A l'horizon s'élèvent les cimes dentelées du Cantal, et, dans la direction de Besse, quelques sommets des Alpes vaguement entrevus.

Une demi-heure suffit pour descendre du pic de Sancy au col du même nom et monter sur le puy Ferrand (1,846 mèt.), qui n'est inférieur en hauteur qu'au pic de Sancy et au Plomb du Cantal parmi les montagnes de la France centrale. La vue dont on jouit du sommet de ce pic est à peu près la môme que celle du Sancv, et peut-être, plus belle car l'œil y embrasse la vallée entière de Chaudefour et, au S., le lac Pavin (F. p. 155), invisible du sommet du Sancy.

Si l'on veut rentrer au Mont-Dore en suivant le chemin des crêtes qui court sur les rocs de Cacadogne et de Cuzeau pour aboutir au plateau de l'Angle et à l'ancien chemin de Besse près de la Grande cascade, le trajet sera un peu plus long peut-être , mais on sera largement dédommagé de

ce surcroît de fatigue par les spectacles pleins d'une horrible grandeur que l'on rencontrera en côtoyant les précipices.

SALON DE MIRABEAU — CASCADES DE LA VERNIERE ET DU PLAT A BARBE — GRANDE SCIERIE

Du Mont-Dore au Salon de Mirabeau, 2 kil. 1/2. — Du Salon de Mirabeau à la Vernière, 2 kil, — De la Vernière au Plat-à-Barbe, 1 kil. — Du Plat-à-Barbe à la Grande Scierie, 2 kil. 1/2. — Delà Grande Scierie au Mont-Dore, 5 kil.

Cette excursion dans les ravins boisés et pittoresques qui débouchent sur la rive g. de la Dordogne, non loin du ham. de Genestoux, à 2 kil. au-delà du ham. de Queureilh, peut, en majeure partie, être faite en voiture. Après avoir dépassé le ham. de Queureilh, et 50 met. environ avant le pont de Mal- Sur, on trouve un petit chemin, entre deux murs, qui descend vers la Dordogne. Ce chemin, après avoir franchi la rivière sur un tronc de sapin, s'enfonce sous un berceau de verdure, et conduit, en 10 min., à une clairière entourée de sapins et dominée au S. par de hauts rochers à pic couronnés de hêtres, à laquelle on a donné le nom de Suloii de Mirabeau. Ce site, dégradé par la hache des bûcherons, a été souvent visité, en 1787, par Mirabeau-Tonneau , frère du célèbre orateur.

Si Ton prend le sentier pierreux et ombragé qui débouche de l'autre côté du Salon , en face du sapin isolé qui se dresse au milieu de la clairière, on monte, en 12 min., au ham. de Rigolet-Bas. Au delà, le chemin traverse des prairies et va se confondre ensuite avec la route qui, à g., conduit à la Grande Scierie. Tournant alors à dr,, on conti-

nue de descendre et Ton rencontre bientôt un écriteau qui, défendant de passer sans payer, annonce le voisinage de la cascade de la Vernière. En remontant un instant le lit du cours d'eau, on aperçoit la cascade qui se précipite d'un banc de rocher haut de 7 à 8 mèt. De chaque côté se dresse une roche de forme pyramidale couverte de sapins. Non loin de la cascade, jaillit une source d'eau minérale ferrugineuse.

"îlemontant ensuite le chemin descendu, et laissant à g. ceJui du Rigolet-Bas, par lequel on est arrivé, on aperçoit à quelques pas de là, sur la dr., une, maisonnette en planches où stationne le gardien (rétribution) de la cascade du Plat-à-Barbe, qui indique aux visiteurs l'escalier creusé dans le roc conduisant au balcon suspendu au-dessus du précipice : ce balcon est le seul point d'où l'on puisse bien voir la cascade (10 mèt. de hauteur).

Pour se rendre de la belle gorge où tombe la cascade du Plat-à-Barbe, à la Grande-Scierie, il faut remonter la rive dr. du ruisseau du Clieigue, qui alimente les deux cascades que nous venons de visiter. Le torrent bondit de rocher en rocher auprès de la route, qui entre bientôt dans la belle vallée de la Scierie. Le Capucin, le Cliergue et le plateau de Bozat (1 ,502 mèt.) ferment la vallée, à l'E., au S. et à l'O. La scierie, propriété de M. Bonnard, touche presque à la route de la Tour, par laquelle en une heure on pourra rentrer au Mont-Dore.

Les touristes qui, de ce point, désireraient aller jusqu'à la Bourboule,parlaRoche-Vendeix(y.p. 170), à peine éloignée de 3 kil., n'aurontqu'à suivre à dr. la route de la Tour. Arrivés devant une croix de bois plantée sur un rocher isolé au milieu d'un pré, ils prendront, 100 pas plus loin, un chemin

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