‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 63 sur 160 · GROTTES DE JONAS · texte numérisé non relu

GROTTES DE JONAS

second étage, qui est à près de 7 mèt. au-dessus du sol du précédent, on pénètre dans une vaste pièce de 5 mèt. 43 c. sur 3 mèt. 55 c, haute de 2 mèt. 20. c. A l'E. de cette pièce est une galerie à laquelle on arrive par 8 marches. Au-dessus du deuxième étage, on peut, en s'aidant d'une échelle, atteindre à une pièce éclairée par deux croisées, où l'on remarque une trentaine de trous formant poches, dont l'usage est difficile à expliquer. Enfin , une autre pièce existe au N.-O. de l'escalier, où une ouverture, en forme de trappe, permet de descendre dans une autre grotte. — Après le Palais, à l'extrémité E., il n'existe plus qu'une excavation, à laquelle on accède par 15 marches et qui affecte la forme d'une tour de H mèt. de circonférence sur 4 mèt. d'élévation. — A4 kil. des grottes de Jonas existe un dolmen remarquable.

En quittant les grottes, si l'on continue à appuyer sur la g., on s'élève insensiblement; bientôt on atteint un sentier qui conduit au-dessus du rocher, où l'on rencontre un chemin qui va directement à Lompras. Les piétons, en le prenant, abrégeront sensiblement le trajet qu'ils ont à faire pour retourner à Besse. — • Au Cheix, passe la voiture qui fait le service de Besse à la station de Coudes, en passant par Champeix. Enfin le retour au Mont- Dore peut ^'effectuer par Murols en suivant la voie que nous avons indiquée plus haut [V.. p. 152).

LA BOURBOULE.-

LA BOURBOULE

La station thermale de^la Bourboule* (840 liab.), placée à l'extrémité 0. de la vallée à laquelle elle donne son nom, est à 8o0 mèt. d'altitude, soit 200 mèt. de moins que celle du Mont-Dore : aussi la température y est-elle plus douce.

De même que le Mont-Dore, la Bourboale appartenait à la seigneurie de Murât. Il n'est rien moins que démontré que les Romains aient connu ces sources; mais il résulte de documents divers qu'elles étaient connues et appréciées depuis une époque très reculée. Les seigneurs de la Tour d'Auvergne prélevaient des droits sur l'hospice qui y était établi dès le commencement du xv® s.

Cette station balnéaire devient chaque jour de plus en plus importante. De vastes et confortables hôtels s'y élèvent de toute part. Elle est visitée chaque année par plusieurs milliers de baigneurs. L'effi.-acité de ses eaux, la pureté de l'air qu'on y respire, la beauté des sites qui l'environnent, tout concourt à assurer à cette station balnéaire un avenir de plus en plus prospère. -

Les sources étaient autrefois au nombre de six : le Grand-Bain; le Bagnassoii ou Petit-Bain; la Fontaine des Fièvres; la source du Coin; celles de la Rotonde et du Communal. Presque toutes ces sources ont été taries par suite du forage de puits artésiens de 75 mèt. à 85 mèt. de profondeur, au fond desquels on recueille aujourd'hui l'eau minérale à une température plus élevée) et en plus grande abon-

LA BOURBOULE

dance. Les sources thermales actuellement utilisées sont au nombre de sept :

1" La source C/iOwss?/ jaillit d'un puits artésien. Sa température est, au griffon, de 60°. Elle alimente une forte pompe qui fournit l'eau des bains, des douches, et de la buvette de l'établissement Chouss}' .

2° La source derrière est située sur la voie publique. A la suite de forages entrepris en 1876, la profondeur du puits dans lequel elle jaillit a été portée à 75 met.; sa température est de 60 au griffon. Le débit de ces deux sources est de 400 litres par min. La seconde suffit amplement à alimenter les établissements nouveaux de la compagnie fermière.

3° La source de Sedaiges est située sur la place, en face de l'hôtel Duliège; elle émerge d'un forage pratiqué jusqu'à 84 mèt. de profondeur. Sa température, au point d'émergence, est de 59°, son débit, do 270 litres par min.

4*^ La source du Puits Central, qui contient les mêmes éléments et à dose à peu près semblable que les sources précédentes, a une température de 40^. Son débit est peu important.

5° La source de la Plage est située sur le bord de la rivière; sa température est de 27*^.

6° et 7° Les sources Penestre n° 1 et Fenestre n° 2 sont situées sur la rive g. de la Dordogne, à l'entrée du parc de Fenestre. La première sort d'un puits de 3i mèt. de profondeur. La source n° 2 sort d'un puits de 08 mèt. La température de ces deux sources est de 19° et leur débit de 140 litres par minute.

Les sources Perrière, Sédaiges, de la Plage et du Puits Central alimentent des pompes mises en mouvement par de puissantes machines à vapeur. Les galeries souterraines, creusées pour recevoir les câbles de transmission de la force, ont un développe-

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ment total do 110 mèt. Tout étranger qui en fait la demande est admis à les visiter.

Le débit total des sources en 24 heures est environ de 943,000 litres. Les eaux de la Bourboule sont thermales ou froides, chlorurées sodiques, arsenicales, bicarbonatées gazeuses. Elles sont limpides, incolores, d'un goût salé, styptique (source Fenestre n° 2). Exposées à l'air, elles dégagent une légère odeur alliacée, et se recouvrent d'une pellicule irisée. L'eau est onctueuse au toucher; le dépôt qu'elle laisse est gris foncé et savonneux.

Ces eaux ont été analysées par MM. Duclos, en 1670; Chomel, en 1738; Lemonnier, en 1740; Bertrand, en 1823, et plus récemment par MM. Nivet, Lecoq, le baron Thenard, ^. Gonod, D. Lefort, et par l'École des Mines de Paris (31 juillet 1876).

Action physiologique et thérapeutique. — Ces eaux, éminemment excitantes du système nerveux et de la circulation, altérantes et reconstituantes, diurétiques, agissent énergiquement sur la peau et sur le système lymphatique, et ne causent ni constipation ni diarrhée. Quelques personnes en supportent mal l'usage interne .

La nature et les proportions de leurs principes minéralisateurs, ainsi que la haute therm alité de leurs principales sources, donnent à ces eaux une importance exceptionnelle.

Les principales indications thérapeutiques de la Bouri)oule sont la scrofule dans toutes ses manifestations, les maladies de la peau et les affections herpétiques des voies respiratoires.

Elles réussissent très bien aussi, surtout chez les sujets lymphatiques, contre les névralgies, le rhumatisme et la paralysie qui en est la suite. Elles conviennent parfaitement dans la cachexie paludéenne ; mais elles sont contreindiquées dans les engorgements du foie tenant à une autre cause. Il faut interdire cette station minérale aux malades disposés à l'hémoptysie. La gravelle, le diabète, l'albuminurie^ les maladies de l'utérus et beaucoup d'au-

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très sont encore réclamées, comme relevant de leurs eaux, par les médecins de la Bourboule.

La pléthore, la tendance aux congestions et aux hémorrhagies, les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux sont souvent des contre-indications aux eaux de cette station.

Les établissements exploités par la Compagnie des eaux de la Bourboule sont au nombre de trois : l'Établissement thermal, l'établissement Choussy, l'établissement Mabru.

L'Établissement thermal (bains de 1^® classe) a été construit entre la route et la rivière, en face du parc et des sources Fenestre. Ce somptueux bâtiment, dont une portion reste à construire, est l'œuvre de M. Ledru, architecte. Lorsqu'il sera terminé, il aura la forme d'un vaste rectangle. Quatre pavillons forment les angles; deux autres pavillons s'élèvent audessus de la partie médiane des grands côtés du rectangle. Les pavillons centraux, formant vestibule d'entrée, sont réunis par une large galerie qui sert de promenoir, où se trouvent les buvettes, et qui donnent accès dans les salles des grandes douches chaudes et froides. Dans ces pavillons sont les bureaux de l'administration et les cabinets de consultation pour les médecins.

Les galeries des bains s'étendent à dr. et à g. des pavillons du centre; sur ces galeries, dont l'une est destinée aux hommes et l'autre aux femmes, s'ouvrent 128 cabinets de bainr- précédés d'un vestibule, munis d'un système complet de douches (pression de il mèt.), et magnifiquement décorés et meublés. Dans les pavillons des angles ont été installés les douches ascendantes, les douches de vapeur, les chautfoirs, etc. Les petits côtés du rectangle sont affectés aux salles d'inhalation et de pulvérisation,

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précédées d'un vestiaire et à celles des bains de pieds .

Rétablissement Choussy, le plus ancien, renferme une buvette parfaitement installée et 57 cabinets de bains (67 baignoires). Les baignoires sont en fonte émaillée, comme dans l'établissement des Thermes ; chaque cabinet est muni d'appareils pour douches froides, chaudes et tempérées. On y trouve aussi des salles d'inhalation, de pulvérisation, d'aspirations, gargarismes, bains de pieds à eau courante ; une vaste piscine pouvant contenir 25 personnes, des appareils d'hydrothérapie, ainsi qu'un matériel important pour bains et douches de vapeur.

L'établissement Mabru, construit en 1869, renferme 29 cabinets de bains, une salle d'inhalation, une buvette et une salle de bains de pieds à cuvette de lave.

Un beau pont en fer, jeté sur la Dordogne, relie l'esplanade du Grand établissement à la rive g. de la rivière.

Au milieu du parc de Fenestre s'élève le Casino de la Compagnie (cafés, salon de lecture, salle de jeux, salle de théâtre).

Le Casino Chardon, entouré d'un jardin, s'élève aussi sur la rive g. de la Dordogne (café, salle de lecture, salle de bal).

La Bourboule, où les hôtels et les charmantes villas se multiplient chaque jour, est, comme le Mont-Dore, entourée de sites ravissants, vallons ombreux animés par de jolies cascades, gorges profondes au fond desquelles la Dordogne roule ses eaux, pics aigus dont l'ascension est relativement aisée. De la Bourboule on peut facilement aussi faire les excursions que nous avons décrites plus haut, et dont les unes sont comprises entre le Mont-Dore et la Bourboule et les autres au-delà. Il suffit alors

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de franchir la faible distance de 7 kil. qui sépare les deux stations de bains. — Nous décrivons cidessous les deux excursions les plus rapprochées de la Bourboule.

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