‹ Le Mont-St. Michel au péril de la merChapitre 1 sur 61 · AVRANCHES · texte numérisé non relu

AVRANCHES

Conlances. le s Mai 1910, en l/t Fêle de Jeanne d'Arr

Cher Monsieuu i.ic Chanoine,

Je vous remercie de m'avoir communiqué les bonnes feuilles de votre nouveau livre : « Le Mont Saint-Michel au péril de la Mer », elj'e veux, sans relatai, vous adresser mes félicitations chaleureuses.

Cet ouvrage fera date dans les annales de notre chère Montagne; c'est, en quelque sorte, le monument commémoratif du XII»"' Centenaire des Apparitions de l'ange de la Patrie à Vévêque d'Avranches saint Aubcrt. L'entreprise avait ses d//}icullés : vous avez su les vaincre toutes. D'abord, il pouvait semble)' quelque peu téméraire de refaire cette glorieuse histoire après les Desroches, les Deschamps du Manoir, les Pigeon, les Brin, 1rs Cot^'oyer, les Féval... Vous avez pensé — et luagnifiquement prouvé — qu'il y avait place pour une œuvre qui réunirait, 'dans une synthèse originale et toujours lumineuse, tout ce qui a été écrit de plus précis, de jilus sur, de meilleur, touchant ta Merveille de l'Occident.

Kl pu/s, en procédant jiar tableau.r, vous avez rajeuni le sujet. Au surplus, vos observations personnelles piqueront l'intérêt de quiconque se sent désircu.v de connailre le Mont Saint-Michel, cl, davantage encore peut-être, ceux-là qui se flattent d'en avoir pénétré les secrets. Pour les uns et pour les autres, vous êtes un maître avisé, un guide charmant. Le Mont, le Mont-Tombe, le Mont Saint- Michiels, le Monastère, le Sanctuaire, la Cllé dos Livres, la Merveille,

le ChAtelet, la Bailliverie, Sainl-Michel dans la Chrétienté, le Mont autrefois et aujourd'hui, sont ronunc ait/on/ d'ccrins in'i'cieujc où roux are: scr/i, arec un <iri consomme, les Joyiiu.c de /'histoire Micheline.

Celle hisloire si émouvanlc, vous tarez étudiée con aniore ; vous l'ave: contée à i-arir. Vos tccteio-s t'aimeront à leur tour grâce à vous, et ainsi vous dédommageront du labeur de hénédictin ic'est te cas de le dire, ou jamais) que vous ont demandé et le dépouillement des vicu.r manuscrits et l'interprétation des assises en iijma tiques du « Mousticr ».

J'ous tenant à égale dislance de la critique imprudente et de l'aveugle crédulité, vous ti'étes pas de ceux qui pulvérisent, pour les piétiner, nos plus vénérables légendes. Avec une habileté trop rare, vous savez en extraire l'essentiel, le fait générateur, sans rejeter le manteau dont l'imagination populaire le vêtit au cours des siècles.

Quant au poème de granit qui déroule ses strophes incomparables au sommet du rocher fantôme, nul mieu.v que vous n'en a saisi les Iiarmonies enchanteresses ; nul jdus que vous n'était apte à en faire admirer les beautés.

Comment donc ne vous bénirai s-jc pas d'avoir écrit ces pages, toutes frémissantes de t'enlhousiastne te plus sincère, toutes remplies du savoir le mieu.c informé !

J'e.cprime le vœu que votre livre, digne de pi^endre place sur le bureaxt du metnbre de l'Institut le plus c.rigeant, figure aussi dans l'humble pupitre des élèves de nos tnaisons d'éducation, elles aussi véritables cités des livres, et dans toute bibliothèque paroissiale. Xos chers jeunes gens y apprendront à aimer davantage Saint Micliel et sa Montagne bénie parce qu'ils les connaîtront plus à fond, // ajijirecier plus Justement les époques et les Itommcs mêlés à cette longue et glorieuse histoire, et, par deiisus tout n bénir Dieu qui envoya Saint Micliel, et Jeanne d'Arc par Saint Michel, à la fille ainée de l'Église : et partant, à ne jamais désespérer de la France !

Je prédis à votre œuvre le succès. A ussi bien, tout ce qui touche il notre Montagne est a l'ordre du Jour. Les fctes jubilaires de l'an passé ont puissamment contribué à l'amener vers elle l'attention du momie reUgieu.r. Comme au moyen-âge, tes foules priantes y sont venues acclamer le « P?'ér6t du l'aradis ». — Pour des motifs moins élevés et encore très graves, te monde des artistes, des écrivains, des touristes de toute nationalité a jeté, ces tc7nps derniers, un cri

d'olorme : « le Mo»/, Jadis au péril de la mer », ne trouve, ont-Ils dit, « au péril dr la terre », el nous ne nous de'sintdrrssnns jias plus qu'eux de « l'insularité » de la Merveille. A loul point de vue, votre beau livre vient à son heure, el doit faire son ehrmin.

Kn rous no/nnutnt ndijuère eJtannine denui calliédrale,.fai voulu distinguer le saranl atni du Mont Saint-Miehel. fous gagnez une fois de plus, el de haute lutte, votre mosette, en donnant de votre science et de votre amour passionné de notre Montagne une preuve nouvelle el éclat a nie !

Je prie Dieu de béni)' l'ouvrage et l'auteur, et je vous réitère, cher Monsieur le Chanoine, l'assurance de mon très affectueuaattachement.

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