XI. — LA MERVEILLE (Suite
Ce iMOnument osl iniTM-illnisfiiirnl l)ii'ii «'-lahoun'.
(C/ironii/ucs Munloises],
ahcnl axa falit liheUi. a-t on dit des livres, et cela n'est pas moins vrai des monuments. Depuis la chute du chœur en l'rJI, l'église avait gardé sa cicatrice, impuissante à se refermer. Cependant, du sein des luttes douloureuses l'abbatiale devait sortir plus rayonnante ipie jamais, et bienti'il on allait voir s'élancer vers le ciel le suj)erbe chevet que l'on a si justement nonnné Lk (1u.\nd- ŒnvHE. Lecaiilinal ('.uillaume appela les faveurs de la cour romaine sur .son couvent que les désastres, les incendies et les « misères » des guerres avaient affreusi'un'iit endonmiagé. Par bulle du 21 août 1445, Eugène IV accorda pour deux ans une indul-
L\ Mi:uvi;ii,LE
gence plénière « à tous qui feront quel(jue aumône pour les réparations dn monastère », à l'occasion de la S. Michel : à son tour, on 1450, Nicolas V accorda une indulgence plénière en forme de jubilé à tous les pèlerins qui « aumosneront pour la fabrique d'icelle église. » L'abbé du Mont ne s'arrêta pas en si bonne voie. Le cardinal légat du pape en France continua d'intéresser le Saint-Siège, qui donna de nouvelles indulgences, si bien qu'en « quelques aimées d'offrandes on recueillit (i.UdO livres », en plus des revenus de la manse al)batiale.
Guillaume d'Estouteville vint au Mont, y demeura peu de temps, s'éprit du projet de reconstruction de l'église et « fit commencer le chœur et les chapelles de ce monastère, que nous voyons à présent estre une des plus hardies entrepi-ises du royaume ». Il éleva « le grand-œuvre a fundatnen//.i depuis le rocher jusques à la voiilte du haut des chapelles du circuit, qui furent achevées et couvertes de plomb, et les dix pilliers autour du grand autel furent eslevez jusques à la hauteur des dites chapelles et du circuit sur lesquels pareillement et sur la voulte du point rond où est si ttué à présent le grand autel, fut mis et apposé du pji.'mb pour conserver le tout de l'injure de l'air. » A titre de souvenir documentaire, on plaça les armoiries de l'abbé « en la costière du côté du logis abbatial » et sur deux pierres proches du grand autel, et on grava la date l'i^O du côté nord, « près la petite sacristie », à l'endroit où nous l'avons fait revivre il y a plusieurs années, en faisant tomber le badigeon des caractères gdlhiqui's sans d'ailleurs connaître le texte du chroniqueur Montois.
On dut interrompre le travail, par suite du " grant coutage des matériaux qu'il falloit aller quérir des isles de Gersé, Grenezé et Chauzé et jiuis monter sur ce rocher avec de grans frais. » Par bonheur, des circonstances permirent de reprendre la construction. En l'i-'iS. .\rthur III de Bretagne octroya aux religieux la permission de prendre, durant deux ans, de la pierre à bâtir dans son duché ;
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puis, le 26 octobre 1460, François II de Bretagne, venu en pMerinage, renouvela cette donation, permettant aux moines de prendre de la pierre dans son duché pendant'^.") ans. Enfin, en 1478, « les gens du cardinal d'Estouteville tirent parachever le lambris on voûte de la nef de l'église; » et son successeur, André Laure (liS'J), lil nu'Itre les verrières aux chapelles.
Epris tout à la fois de dévotion puiu* les reliques et ûo goût pour les objets d'art, le sous-prieur et trésorier Ouiliii iinuette, qui
devait être plus tard prieur de Saint-Victor au Mans, dota l'abbatiale de riches présents. On sait que le chef du martyr S. Innocent, compagnon de S. Maurice, fut apporté d'Italie par l'abbé Suppo. En l'iT'i. Oudin fit exécuter im « vase » ou reliquaire d'argent, en forme de tête, du poids de IG marcs et enrichi de » plusieurs pierreries et cristaux fort beaux et de valleur »; sur le piédestal, une « petite plaque d'argent » portait les armoiries de l'abbaye, telles que Louis XI les avait concédées : « De sable semé de lt)co(iuilles d'argent, au chef cousu d'a/ur. chargé de trois fleurs de lys d'or ».
Dans sa vénération pour S. .Hubert, le trésorier commanda une châsse en forme de nef, représentant « le dessein et modelle pour parachever l'esglise, de la mesme structure comme elle est autour du grand autel ». Cette œuvre magnifique, commencée en l'iTO, ne fut achevée qu'en 1474 et son poids était <Ie 88 marcs. .\u rapport d'un chroniijuour, fr. Bouette « s'est servy de la vieille châsse, ijui estoit fort richement composée par les abbés du temps passé, pour la faire mettre en meilleur ordre, ce ([u'il n'a pu faire qu'avec de grands frais ». En outre, par ses soins, le bras de S. .Vubert, séparé du reste des reliques, fut « richement enchâssé » dans un reliipiaire de forme brachiale, comme le Moyen âge nous en a conservé. D'autre part. I». Bouette avait fait « enchâsser richement » les reliques que les papes avaient envoyées de Home aux premiers temps du monastère. Cette châsse étoit " un beau reliipiaire en forme de i)ulpitre, à l'un des costés duquel est une pierre de porphyre ou de jaspe garnye autour d'un cercle d'argent doré et ciselé et par derrière, qui est de l'autre costé, couverte d'argent •>. Siu' le reliquaire
I^aiinc^u l'xlciievii >. pour aimes de G. d'Estouteville.
LA MERVEILLE 2ol
était gravée Tindication des reliques y contenues et assez « difficiles à lire : » et cette série était répétée plus ostensiblement sur « un escripteau de parchemin ».
Le zèle que le cardinal d'Estouteville avait mis à éiliOer l'abljatiale, son successeur André Laure rapporta dans la décoration de l'intérieur. La peinture sur verre est une véritable fée dont les ressources merveilleuses donnent aux édifices religieux le charme souverain de la couleur et des souvenirs les plus éloquents. Tandis que le midi plus ensoleillé demande aux peintures murales le soin de reproduire les scènes de l'iconograiihie chrétienne, le nord, moins bien partagé au point de vue du soleil et manquant des grandes surfaces remplacées jiar de nombreuses fenêtres, a confié aux verrières la mission de parler à l'esprit en même temps (ju'aux yeux. De là, le développement considérable de cet art dans les régions septentrionales. Or, répot[ue qui nous occupe vit cette branche de la peinture atteindre en France un épanouissement vraiment merveilleux, et le Mont-Saint-Michel en reçut le magnilique rayonnement,
André Laure « fit vitrer de vitres pointes les chapelles de l'église ». En 1488, « il fit parachever les vitres et pointures d'icelles en toutes les chapelles d'icelle et y mettre ses armoiries. Il lit dépeindre sur l'une des vitres, l'histoire de la fondation de l'église de ce Mont en l'honneur de S. Michel, par S. Aubert, évêque d'Avranches, et, sur une autre, le Sacre des roys de France, où on voit d'ordre les douze pairs de France, chascuns tenant en leurs mains ce qu'ils doibvent porter à l'archevesque de Reims, pour mettre sur la personne du roy. » André Laure apposa ses armoiries « en plusieurs endroits des vitres et celles du cardinal d'Estouteville » ; on sait qu'il porte : « D'or au chef de vair, d'argent et de gueules de deux lires. » Il fit « pareillement mettre la belle vitre qui se trouve dans l'ovalle du corps de garde de Belle-Chèse, en laquelle il a aussy fait apposer ses armes et celles de France, supportées par deux cerfs portant le collier couronné. »
En 1488, l'abbaye fut dotée d'un de ces pupitres en métal dont l'usage commençait à se répandre dans les grandes églises. Il consistait en un aigle en cuivre posant sur un globe, porté par un piédestal, dont le donateur, Gillain, habitait au Mont avec sa femme ; à l'extrémité de la queue de l'aigle, « en une pièce raportée », se voyaient deux personnages à « demy-corps pose/ en bosse », qui ont été pris pour les portraits des bienfaiteurs. Autour du piédestal on lisait : « En l'an mil quatre cent quatre vingt et huict fut donné à Monsieur Sainct Michel pour le service et usage de ceste son esglise cestuy
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K^'Iise abbatiale du Mont ?;cf et transept romans, cliœiir ogival.
aigle par Jehan Gillain l'aisné, lors procureur il<^ ci'tte abbaïe. » En ce temps-là, une donatrice otîrit un petit calice d'arjfent doré « à pans et faict à l'anctique, avec la païenne cavée en dedans ; » le pied portait un écusson « chargé de coquilles sans nomljre », et, audessous , on lisait :
« Susanne La Tassine m'a offert a Monsieur St-Micliel. »
L'd'uvre capitale ilicssait vers le ciel sa tiijilc nef aérienne (pii a soulevé l'admiration dos siècles. Les al)bés s'at tac] lèrenl désormais à emln'liir les autres parties du c o u v imi t .
« L'an ir)08, Guillaume de Lamps fit bastir le logis aljbatial. avec la chapelle, jeu depaulme, cave, esquurie en lias du monastère au milieu de la hauteur du rocher ; i! lit pareillement aplanir le jardin pour aller au logis et en iceluy jardin, là où il se logea en attendant qu'il fit mettre les arlisants qu'il avoit de coutume de tenirchacun jour en besogne, qui estoient plus de 80, après le logis neuf de l'abbé, qui est dans l'enclos du monastère. » En outre, G. de Lamps bâtit h le logis de l'Aumosnerie. tant pour les moines que pour les pauvres, la belle cysterne, u'uvre tout à tait rare. avec toutes les murailles d'autour, lialustres, iilomlieries, fit parachever la cysterne dite du Sollier, laquelle le cardinal d'P]stouteville avoit faict commencer en jestantles fondements du orand ihuviv, v manipiant la plombeiii'. le couvercle et les tuyaux ".
En l.'iiiil, l'abbé voyant " l'esglise fort mal couvert»! vers la nef, la lit recouvrir ton ta neuf de belle ai doise; » il 0 fit parachever le logis abbatial, les degrés pour moniei- mu Sault-
\ni-ienn»' rileruoel pont du x\' s.
Transept du si* s
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Gaultier, le mesme Sault-Gautier, la galerie d'icelluy, le petit pont r[ui prend de la salle du dit logis à réglise, de pied droit : il lit couvrir de plomlile dit lo^ds, gallerie et pont pouràquoy parvenir, il avoitfaict abattre les degrez simples par lesijuels on montoit jiisques dans l'église et les murailles qui estoient à costé ; et lit faire au lieu de tout cela le Sault-Gaultier, la gallerie et les corps de logis au bout du bas desquels est la cuisine, appelée la cuisine de l'abbé, où il fit venir la cysterne du SoUier ; et lit faire une belle cave au dessoubs d'icelle et fit si bien joindre ces corps de logis neufs avec celuy qui est audessus de la chapelle de Sainte-Catherine, et les fit couvrir de plomb au nyveau, lequel logis ainsy joint donne jus jues à la bailliverie où, à présent, loge le lieutenant de la garde de cette place, lequel est divisé par un degré qui prend vis-à-vis d:' la cyterue du SoUier, du bas de l'œdifice en hault. " De jjIus, G. de Lamps fit refaire le clocher de l'église, réparer les débris de la dite église, atteinte jadis aux murs et à la couverture ; en particulier, il répara « les murailles des chapelles de la Trinité en hault, avec ses armoiries sur un pil- Jier, etdeSt-Martin en bas ; de Jaquelle chapelle St-Martin, auparavant ({ue cet abbé eut fait bastir l'aumônerie et la cyterne. on alloit de plainpied en cet endroit où estoit
pour lors le cymetière des raoynes. » On sait que la restauration actuelle a rétabli le passage à travers les soubassements.
L'un des meilleurs titi'es de gloire de G. de Lamps est la continuation du Grand-Œuvre, ((u'il jirit au point où le laissa G. d'Estouteville, c'est-à-dire « jusipies à la parfaicte voulte des chappelles du circuit, et les dix pilliers d'autour le grand autel, jusques au hault d'iceux, les voultes étant au-dessus, comme aussy du dit circuit, imparfaictes. Guillaume de Lamps fit continuer le tOTit jusques aux secondes vitres, et pai-achever tous les pilliers et 'gardefoux cju'on voit au-dessus des chappelles susdites en dehors, et s'il ne fut mort que de vieillesse, il auroit fait achever l'église totalement, cardes aussytost qu'il fust esleu abbé, il mit des ouvriers après cette
chevet lie réalise
ch.ipelles .ibsidnles. (errasse et eonti-eforls, s\'' et xv[^ siècles.
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besongne. » Enfin labbé, à cause des guerres et des craintes de famine, se souvenant des services rendus pendant la guerre de Cent ans par celui dont on voyait les vestiges dans lîelle-Cliaise, « lit le moulin à chevaux dans la chapelle S. Martin. soul)s la croisée de l'église, lequel a par après esté grandi-iuent utile au monastère durant les li,L;aes des princes. »
G. de Lamps lit marcher de front le goût de la construcliou et celui de la décoration. « Peu de temps après sa promoliou, il commença à faire orner le monastère et les dépendances, Innt en ornements d'église que des bastiments. » En particulier, « l'an l."ji)U, il lit faire celle vieille chapelle de damas blanc figuré, semé de grandes tleius, sur laquelle nous voyons encore des l\nns. ([ni sont les armes do cet abbé, et plusieurs (t, première lettre de sou nom, et un baston pastoral, et il fit faire plusieurs autres ornements à l'église qui n'apparoissent plus ; » enfin, il " arhepla pour dix mille livres d'argenteries, sçavoir plusieurs vases d'or et d'argent, et autres orfebvries pour servira l'église, et fit apposer sur chacune pièce le dicton souvent répété : Recours à Dieu. » Parmi ces pièces, il y avait « un calice, qui est le plus beau de cette abbaye, un fort beau Ijassin, deux grands vesseaux, deux chandeliers ; «seulement un chroniqueur émet quel(|ue doute au sujet du « beau plat d'argent doré remply de coquilles dans son fonds, et du beau calice d'argent doré, semé de fieurs de lys, à cause c£ue sur iceux ne se voit ny le dicton : Recours à Dieu, ny ses armes. »
G. de Lamps « fut enterré derrière le chœui', dans la chapelle de Notre-Dame, oii on voit son sépulcre au costé de l'évangile, relevé, et au-dessus son effigie en bosse revestue pontificalement, et sur deux lames de cuivre ses beaux faicts y sont gravez, le tout ainsy construict par Jean de Lamps, l'an l.')l'i, son frère, lors al)bé du monastère. » .\vec le soubassement rehaussé de statuettes, l'effigie du défunt et le couronnement d'armoiries et d'ornements, ce moimment présentait une œuvre très intéressante, dans le goût di- la Renaissance française, et dont nous regrettons de ii.' pas i-i>iinailn' l'auteur.
L'abbé Guériii Lauir- porta aussi son attention sur la décnration ilerablialiale. 11 d(jla l'autel Saint-SauviMii- il'uii r('t;ilili' iniporlaul à coloimes de bois finiment ouvragées, sur les(iuellos se vnyaifutses armes. On y remarquait, en particulier, une superbe l'ièfa on pierre, de la main d'un excellent artiste, et, selon la noie d'une chroiuque. « la Vierge de Pitié, l'image de laquelle tenait Nostre-Seigneur mort entre ses l)ras, est parfaictement bien l'aict. et autrefois une pièce
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des plus estimées en ce lieu. » Hélas ! ce groupe a été mutilé, mais nous avons eu la joie de retrouver la touchante tête du Christ dans l'ancien musée paroissial, où nous en avons pris une reproduction.
S'il faut en croire un chroniqueur, Jean de Lamps « eust mieux faict de rebastir la vie régulière dans son cloistre de ce monastère que de refaire les murailles d'icelluy, et les beaux manoirs de Brion et Loyselière, à présent des nids de hiboux et de chahuants. » Du moins on doit lui savoir gré d'avoir poursuivi et achevé le Grand-Œuvre.
(I L'an l.l'Jl, l'abbé fit parachever tout le haull de l'œilifice autour du grand autel, que Guillaume avait continué jusques au hault des premières vitres, et nostre .lean de Lamps le lit parachever tout ainssy et de la mesme sorte que nous le voyons cejourdhny, et mettre jusques à la dernière ardoise de la couverture. A la voulte, il fit mettre les armoiries de France, celles de l'abbaye et les siennes ; l'écusson desquelles le cardinal Le Veneur, qui luy succéda et qui n'y fit rien de bien, fit effacer et raturer et en icelluy appliquer les siennes, voulant ce cardinal s'attribuer par ce moyen l'honneur qui ne lui appartenoit pas et qui n'estoit deub qu'à nostre Jean de I^amps » (1).
Les fenêtres élancées appelaient la radieuse mosaïque d'émaux transparents qui donnent aux sanctuaires de si délicates irisations, supérieures aux tentures les plus diaprées. « I^'an 1.^','2, Jean de Lamps fit appliquer les vittraux du hault du dit œuvre, tant en ce cju'avoit fait son frère que ce que luy avoit faict parachever, trois desquels il fit orner de très rares paintures.de touttes sortes de fines couleurs. Et au Ijas du vitrail du milieu, il fit mettre les armes de France et les armes de la Normandie, « un écusson de gueules à deux léopards d'or », et, au vitrail du costé de l'épistre, il fit mettre les armes du cardinal d'Estouteville et son effigie en painture rouge au-dessus, avec les armes du dit cardinal sur le costé de l'oratoire sur
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à i'L'ylise paroissiale.
(I) Jean de Lniiips portail : « d';iigenl au lion de gueules ». tandis que son frère Guillaume avait : « parti d'argent et d'azur au lion de l'un dans l'autre. »
LA MEllVEll.l.b:
lequel il est de genoux, es quelles armes le dit cardinal Le Veneur fit mettre les siennes en ce dit oratoire et eflacer celles des d'Estouteville, pour qu'on creust à l'avenir que le cardinal dEstouteville ainssy représenté estoit l'eftigie du cardinal Le Veneur. Kl du costé de révangile, dans le 3" vitrail, .lean lit mettre son efiigie en habit
monaclial avec un baston pastoral ensa main et ses armoiries en dessoubs. »
Le sculpteur mariait agréalilement son ciseau au i)inceaudu peintre pourTembellissemcnt de l'abliatiale, et jiari'ois c'était pour honorer la mémoire des abbés eux-mêmes, 'iuillaume de Lamps ayant été « inhumé dans la chapelle Niitre-Dame, 1 1 e r r i è r e le chœur, Jean lui lit élever un tombeau dans lecjuel il plaça les restes de son frèi-e en l.")l 'i. ». « Ce beau et magiiitique sépulcre se voyait dans cette chapelle au coin do l'autel, du costé de l'évangile ». L'ablié apparaissait sur le cénotaphe, <■ eslevé en l)0sse au-dessus et vestu des habits pontificaux, avec deux placques de cuivre à costé de luy, contenant tous les beaux faicts de cet abbé, et au-dessus de tout, joignant la muraille, ses armes portées splendidement par deux anges. « \ son tour, Jean recueillit les témoignages de gratitude des moines même après sa mort. Le lomlieau qu'ils érigèrent à sa
Église. « coDlrcforl-vis » et « escalier de denlelle ».
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mémoire dans cette même chapelle, du côté de l'épitre, consistait
en un pilier sur lequel était représentée « son effigie en bosse, à
genoux, avec lliabit monacal ■> ; ils y ajoutèrent
ses armoiries; « d'argent au lion de gueules ».
Jean de Lamps est le dernier abbé a ensépub
turé I) dans l'abbatiale ; les commendataires
vivaient trop en dehors du couvent pour songer
à y recevoir la sépulture. Les monuments
funéraires furent brisés à la Révolution ; et,
en ISi.j. à l'occasion des fouilles, on découvrit
les restes des deux abbés avec des fragments
d'habits sacerdotaux, cjui ont été déposés dans
le Musée, tandis que la Bibliothèque nationale
conserve les dessins des deux mausolées. Au
point de vue de la forme, il y a lieu de rapprocher ce monument de celui qui subsiste en