I.e Moiil, rempart el liolfllertos
LE CHAÏELEÏ Wi-
roleiit estre les officiers de l'orilonnance «. T'uis, « le u'ouverneur s'en l'etijunia à Paris », et un chroniqueur déclare l'avoir « vu deux fois céans depuis ».
Parmi les Huguenots demeurés à Ponlorson, il en est un, le sieur de Lorges, qui se distingua par la violence de son caractère et par la brutalité de ses actes, et dont la plus douce jouissance était de saccager les récoltes des pauvres paysans etdeles rouer de coups. En particulier, le jour de l'Assomption de l'année 1(144, durant la grand'messe, il vint chasser dans le bourg d'Huisnes et « gasta tellement les bleds que le curé, revestu des hal)ilssacerdc)laux, alla avec ses paroissiens sejetter aux pieds de ce Tolila et le prier, à mains joincLes, de considérer le tort qu'il faisoit au peuple en chassant ainsy, avec un si grand train de chiens, de cVievaux et de gens dans le milieu des champs remplis de bleds ijui dévoient estre recueillis de l)ref. » Il jeta des « paroles rudes ■> au curé, et « ne laissa de continuer sa chasse «. Ni lui, ni ses gens ne tinrent compte des oljservations tant des paysans (jue des religieux Montois et continuèrent à saccager les champs et les jardins de la contrée. Les paysans outrés résolurent d'arrêter les sauvages dé\astations du malfaiteur public. Le 17 août Ki'i'i, à Ardevon, ouvriers, domestiques et gens « qui faisoient la récolte des bleds prirent les armes et se présentèrent audevant de la meute des chiens, suivis de quantité de gens à pieds et à cheval, et parmi eux le (^hef de la bande ». Des explications on en vint à « qui'lfjues meslées », et l'un des chiens fut lui' cl'un coup d'épée.
Le sieur de Lorges se montra comme enragé de la mortil'un chien courant qu'il estimoit l.")0 livres : sur les observations du prieur, et de D. Romain Thérian, luocureur, alors à Ardevon, il passa dans un autre champ, promettant bien de se venger. Le soir même, aussitôt rentré à Pontorson, il réunit une troupe de « bandoliers » qui se couvrirent le visage d'un mas(iue, et, sous la conduite du sieur d'Alicourt. marchèrent sur Ardevon où ils pensaient surprendre les religieux dans les ténèbres de la nuit. Par bonheur, les moines avaient été coucher au Mont. Les bandits s'embusquèrent autour des logis, et au point du jour ils y pénétrèrent par surprise, tant et si bien qu'ils ont « oultrageusement bastu, maltrailté et excédé à coups d'espées, basions, d'arquebuses et autre armes, tant les domestiques que autres honnestes personnes, » Les moines résolurent de recouriraux voies de justice, et une information eut lieu sans retard. M. de Souvré, informé de ces violences, appuya la réclamation et l'intendant de la généralité de Caen poursuivit l'atfaire et « décerna prinse de corps », avec 12U0 livres d'amende. Le sieur de Lorges
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s'enfuit et demaiidu un accommodement qui eut lieu le 30 septembre 16'i5, par lequel il s'engagea à ne plus molester les persomies ni gâter les récoltes et à verser 400 livres de dommages-intérêts. Depuis lors, continue le chroniqueur contemporain, auquel nous avons emprunté ces détails pris sur le vif, « M. de Lorges est plus sage, il ne chasse plus si fort en Ardevon, il a retiré tous les cliiens que les subjecls de la baronnie luy nourrissoient, et je m'asseure que quand il attaquera les moynes du Mont, il songera auparavant en cette histoire. »
Vers 1(j58, la manfuise d'AIferac, « désirant avec une passion féminine d'estre saluée gouvernante du Mont, sous le nom de son fils âgé seulement de trois ou quatre ans, ayma mieux l'achepter à prix d'argent du marquis de La Luzerne que de s'exposer à recevoir un refus de sa Majesté. Elle fut reçue en grande pompe et solennllé par ses officiers et soldats et tous les bourgeois de cette ville, et plusieurs habitants des villages d'alentour furent mis en armes ; l'on tira toute l'artillerie. Le R. P. prieur l'alla saluer et luy envoya le pain et le vin qu'on a coustume d'envoyer par civilité aux personnes de qualité. Un an après, elle fut bien aise de trouver l'occasion de se défaire de son gouvernement en recouvrant son argent, entre les mains de M. le marquis de La Garde-Fouquet, parent du surintendant. Le gouverneur vint le 27 juin Ifi.'iO.fut receu honorablement par le major Bernier de la Lande et de tous les bourgeois et fut saluédel'artillerietantdela ville que du chasteau,oùle R. P. prieur, suivi de deux ou trois religieux, l'alla saluer et recevoir». « L'an ICtil, le surintendant ayant esté disgracié et arresté prisonnier à Nantes au mois de septembre et de là envoyé au chasteau d'Angers, peu de temps après. Sa Majesté fit envoler en ceste place trente soldats sous la conduitle du sieur de Selorges, lieutenant au régiment de Picardie, afin de s'asseurer de cette place et du fortdeTombelaine ». On connaît « le gouverneur de ce Mont et celui de Tombelaine, nommé le sieur de Fresne, l'un pour estre parent du surintendant et l'autre pour estre l'un de ses domesticjues, et l'un et l'autre do ses créatures. » Mais, par suite de la gène des habitants, le prieur obtint du roi qu'il ne restât que quatre soldats, payés par le capitaine.
Sur la fin de HM'A, « le marquis de La Garde, ainsi obligé jiar le roi, vendit son gouvernemeut du Moût 10. 000 escus à M. de la Chastière, tourangeau de la maison de Candé, lequel y envoya un major et fitson entiée le 20 juin l(i(i2. Il fut receu solennellement des l)Ourgeois et des habitants des (juatre paroisses, et de toute l'artillerie. Le prieur alla au-devant de lui, le harangua, le conduisit à l'église.
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[mis dans le monastère où on luy présenta une collation fort magnifique en la salle des hostes. » « Après son entrée, il vescut l'espace de deux ou trois mois en fo.t bonne intelligence avec les religieux, mais aj)rès il fit beaucoup de remuements sans qu'aucune de ses entreprises ayt réussi à son honneur, et enfin après avoir demeiu'é en ce Mont environ un an, il s'en est retourné à Paris sans avoir acquis en ce lieu aucun profit ny honneur, ny amys, ny contentement. I) Après un séjour d'à peu près une année, marqué par cjuelques ditrérends, M. de la Chastière s'en alla, pour revenir avec sa femme et ses enfants vers la fin de l'été 1G64. Par ses exactions, le gouverneur eut le tort li'indisposer les religieux et les habitants. Par crainte des Anglais, il demanda au roi de détruire Tombelaine, idée c[ui fut trouvée « absurde, impie et dommageable », ou d'y mettre deux compagnies. En conséquence, le 10 janvier 166G, on vit arriver une compagnie de piétons du régiment de Picardie, capitaine Berger, (jui était en garnison dans les places des environs. Le 7 mars 10(10, il arriva une seconde compagnie du régiment de Picardie, avec pour capitaine M. le baron de Broyé.
Le gouveineur exerça maintes vexations à l'égard des religieux à propos des clefs du poulain, des provisions, des fenils, jusiju'à changer les gardes des serrures. « Le 17 mars ayant reçeu, par ordre du roy, le connestal)le de Fougères et le sieur des Fauscheries advocat et seneschal du prieuré de Villamer, pour prisonniers d'estat, avec charge de les bien garder », le gouverneur en profita pour « s'emparer de la chamlire dite de l'abbé, derrière rombeiiiine, piatcau et vue s. k la grande salle dudit abbé, où se voist
cette belle cheminée sur le manteau de huiuelle est une vigne de pieire artistement travaillée. » « Le G juillet, une compagnie de piétons du régiment de Normandie remplaça celle de M. de Broyé, avec pour capitaine Champellier. » Gomme « les vexations et algarades » du gouverneur ne faisaient qu'augmenter, les religieux adressèrent une plainte à l'abbé de Souvré, qui fit parvenir une supplique au roi en le priant de faire une enifuète. Le roi commit à cet effet Ghamillard, intendant de justice en Normandie, assisté de M. de la Broise, procureur.
Effrayé par cette perspective, le gouverneur grincheux vit son
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insolence se changer en crainte, et « la tristesse le saisit de telle sorte qu'il tomlia au lit, saisi d'une fiebvre continue qui ne le (juitta point qu'avec la vie, au bout de 13 ou 14 jours ». A l'appel soudain de sa l'cninie effrayée, le pi-icnr ot h' ciin'' lui donnèrent les derniers sacri'inentsiiu'il recul avec desst'Utiinenlsde repentir, et en rocomdant aux siens « de vivre en gens de bien et de ne pas suivre ses
mauvais exemples. »
« Le lendemain l'J juin.
il fut enterré devant la i-liaiielle du gi-and autel dr Sl-Mi,li,>l, dans la iief, proche le piliei- du lir-uitier, selon la prière qu'il en avoit faite. »
D'après les annales Montoises , .M , de la Chastière qui. paiait-il.
aurait été d'aiiord niouie et de l'ordre de Malle, avait uni son existence à une femme « altière, arrogante, de glands despens, voulanl rouler le carrosse avec grand train : ils ont esté bienlost au bout lie leur i-ollet (d de leur aigcid. » De là, les désordres et les injustices, (pii Ici u- attirèrent mènii' la il ai ne du peuple. Kn (piiltaiit le Mfiiit. la ri'iiiiiii' du goiiverii !• Il r Ile I rou va d'amis n n I 1 o part; « ajirès avoir rodé en divers lieux, écrit une cliriiiiiqih'. lin ilit (|ii'ellr est à Paris, oi'i elle \it assez misérable et liiiiiiilii''i'. "
Plaignant d'avdir nu gmiverueur aussi « liiauiiiqiie » i[ue le précédi-nt, les leligieux insistèrent auprès de leur ablié cnnnnentla-
Am. M'S^ IP.ùUL^ftc VjcoÎ'cs .-ii '.'vclUnuiit <jiufi»\.L cjniuiitreUs Siu.ttrticii ym j; h ^ttLvtnt A Ikùri dcd-t-'in^l'c.
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