‹ Le montagnard (volume 2)Chapitre 4 sur 4 · GO · texte numérisé non relu

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Et Cassius, saisissant le verre placé devant le marquis, lui jeta au visage le vin qu'il contenait, ens'éeriant d'une voix plus haute que toutes les autres :

— A ta santé, marquis de Savernoy!

Devant cet immense outrage, devant cette indigne insulte, tous les traits du vieillard frémirent convulsivement, il ouvrit démesurément les yeux, recueillant toutes ses forces et toute son énergie dans le regard qu'il lançait à ces lîkhes insulleurs; puis sa tête se releva lentement vers le ciel, et si des hourras frénétiques n'eussent pas accueilli Taction de Cassius, on eût pu entendre la voix du marquis murmurer tout bas :

— Seigneur! Seigneur! votre divin fils sur la terre fut flagellé par les juifs...

Et quand il courba la tête sous cette pieuse résignation, les gouttes de son sang ruisselaient sur ses joues pâlies, côte à côte avec les gouttes de vin.

Mais, on doit bien le penser, la brillante inspiration de Cassius avait soulevé trop d'acclamations victorieuses pour ne pas trouver des imitateurs.

Caracalla, jaloux de mériter son nom romain, s'avança vers le vieillard, et après avoir rempli une seconde fois le verre qui était devant lui, il le lui lança de nouveau au visage en répétant d'une voix ironique :

— A ta santé, marquis de Savernoy!

Cette fois le visage du vieillard immobile etpàlecomme celui d'une statue de marbre, ne décela aucune émotion à ce nouvel outrage. Pas un frémissement dans lestrails; seulement sa pensée, plus complètement encore que la premièie fois, remonta tout entière vers le ciel, et il murmura du fond de son cœur :

— Les juifs lui ont craché au visage...

Ce fut alors au tour de chacun de reprendre ce verre vide, de le remplir et de le jeter à la face de cet homme dont les blessures avaient épuisé toutes les forces, et que des liens retenaient cloué à sa place.

A chaque insulte nouvelle, le marquis repliait en lui-

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