‹ Le MonteCristoChapitre 13 sur 144 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

RUE NOTAIWDAIIE-DES— VICTOIRES, N" il.

La htlw non affranchit* wrun» rrfuWn.

PARIS i DRPARTEMKKTS ;

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Sis moi* 4 ÉO I Six lo-ii» 5 âo

Pour l'Etranger, le port rit mti.

TouUt In demtindn d'nlxmnemeii» doivent tira adrvwfe* h H. I>It.\V7ltu, ru» K> im-Pumo^t-Vletoir», 11, nwti «o« ntliwT nvr Pttri», om un nuinfat «ur la Pottc. Eerh* trtt*K*:htan*M loi «dravc* pour Atltcr tont« Irum drttJitMioa. — (Affrnnrhir.)

CAUSERIE AVEC MES LECTEURS

Chers lecteurs,

Je vous ai dit, il y a huit jours, que, daas ma première causerie , je vous parlerais de l'Angleterre.

Oh I ne craignez rien,— il ne sera aucunement question de politique.

liais de cinq choses qui m'ont frappé.

Ces cinq choses qui m'ont frappé sont :

Une couleuvrine sons un hangar;

Un Ecossais sur un théâtre;

* u juge dans un calé ;

Un marchand dans un magasin

Un coq bous une cage.

Je commence.

Nous arrivâmes à Douvres à six heures du malin — lo chemin do fer venait de partir. Nous avions une heure a perdre en attendant le premier convni.

I) n'y a pas grand'chose a voir à six heures dn matin à Douvres.

— Don, me dlrei-vous, il y a la mer, et l'on ne se lasse pas de voir la mer I

— Vous avez raison, pour tout autre pays que Douvres mais a Douvres on ne voit pas la mer, on ne voit que lu brouillard.

Je ne sais pour combien de parties d'azote, d'oxygène ou d'eau, le brouillard entre dans l'air respirable des Anglais ; mais ce que je sais, c'est que les Anglais ne peuvent pas se passer de brouillard.

Les Anglais ont généralement le spleen au mois de Novembre.

Voua croyez qu'ils ont le spleen à cause du brouillard qui commence en novembre pour ne finir qu'en mai ? Point du tout.

Ils ont le spleen, parce que. pendant quatre mois, ils ont •té privés de brouillards.

Le brouillard leur manque !

C'est si vrai, que, dans les pays où il n'y a pas de brouillard, ils en font un, du moment où ils sa sont décidés à l'habiter.

Voir Gibraltar et Malle.

Le brouillard était inconnu à Gibraltar avant !70t, et à Malte avant 1800. Mais les Anglais ont pris Malte aux Français et Gibraltar aux Espagnols : — Gibrallai et Malte ont aujourd'hui du brouillard, comme Douvres et Southampton.

Vous me demanderez avec quoi les Anglais font leur brouillard?

Avec du charbon de terre, — je présume.

Mais il ne s'agit pas de cela. — J'ai constaté, en passant, cpie ce u était pas le bon Dieu qui faisait le brouillard, mais les Anglais ; c'est tout ce qu'il me faut.

Je disais donc, qu'A cinq heures du matin, il n'y avait pas grand'ebose à voir à Douvres.

Ce qui ne m'empêcha point de demander à une espace de cicérone parlant moitié anglais, moitié français :

— Uu'avez-vous à me montrer?

11 fut d'abord assez embarrassé, chercha un instant, et me dit :

— Voulez-vous voir la eoulcuvrirjc de la reine Anne?

— Va pour la couleuvritie de la reine Aune.

Nous nous mimes en route.

Chemin faisant, mon cicérone voulut m'expliquer ce que c'était que la reine Anne.

-Oht mon ami, lui dis-je, je connais la reine aussi bien que vous, et peut-être mieux. C'était nue grosse reine fort couperosée ayant eu douze ou quatorze enfants, dont elle; eut le malheur de ne pas conserver un seul pour lui succéder, aimant fort le vin de France dont I/>uis XIV se chargeait de lui faire sa provision, s'iuquietant peu de la religion, qui s'en alla tant soit peu au diable sous son régne, et à laquelle le statuaire charge de conserver sa ressemblance, eu mémoire de ces deux détails sans doute, a fait la mauvaise plaisanterie de couler à la porte de Saint- Paul une mauvaise statue de bronze qui tourne le dos à l'église et regarde le marchand de vin. Vous voyez bien que je connais la reine Anne presque aussi bien que mon confrère M. Scribe qui, sans douta pour être désagieablc à son ombre, a fait le Verre d Eau, a telles enseignes que la pièce commence par cette phrase :

• Monsieur le marquis, cette lettre parviendra à la reine : • j'en (routerai tes moyens, je vous le jure, et elle sera re- » çuc avec les égards dus à l'eniuyé d'un grand roi. •

— Je vois que vous connaissez la reine Aune, que vous connaissez M. Scribe.

— Je le sais par cu-ur, comme vous voyez, mon ami, puisque, à distance, je puis vous citer une phrase qui, a mon avis, est un modèle de langue.

— Mais vous ne connaissez pas la coulevrine.

— Cela, je l'avoue.

— Allons donc voir la coulevrinc.

La coulevrine de la reine Anne est une coulevrine comme toutes les couleuvrines. un peu plus longue peutêtre, voila tout.

Ce qui fait le charme de la couleuvrine do la reine Aaue. c'est son inscription.

Cette inscription indique lo degré d'affection que se portent les doux peuples— anglais et français.

Voici l'inscription de la coulevrine de la reine Anne : t Tenez-moi propre, chargez-moi convenablement, et » j'enverrai un boulet de Douvres à Calais. •

Merci, voisins.— Les petits cadeaux entretiennent l'amitié.

I n quart d'heure après, le chemin de fer nous appelait en toussant de toutes ses forces.

Nous partîmes. — Il me sembla que nous passions entre une falaise gigantesque et la mer, — je dis il me sembla, mais je n'oserais pas en répondre.

II faut que la vapeur ait une rude force pour couper un pareil brouillard.

Trois heures après, je crus m'apercevoir que nous passions sur des toits.

Nous entrions à Londres.

Il était arrête d'avance que nous irions loger à Leicester-square, c'est à-dire dans ce que I on appelle le quartier français. Nous n'eûmes donc que nos sacs de nuit à tirer d'entre nos jambes, qu'à appeler un cab, et lui crier : Sablonnière-IIâtel.

Vue des considérations qui m'avaient déterminé à loger à Leicester-Square, c'est que Leicesler-Square était dausle vobina^e de Coveutry-street, et qu'à Coventry-street Gordon Cumminp faisait son exhibition.

Maintenant, qu'est-ce que Gordon Cumming?

Jo vais vous dire cela, chers lecteurs.

Il faut vous avouer que je suis grand amateur de voyages, non seulement des voyages que je fais, mais de ceux que je lis. — On ne peut pas aller partout de sa personne, comme disent les généraux en chef dans leurs bulletins, mais le bvre à la main ou peut suivre le capitaine Cook en Oceanie , I.evaillanl en Afrique, le Père line en Chine.

Tout enfant, j'ai ete berce par des voyages.

Avouons encore une faiblesse, — c'est qu étant chasseur, les voyages qui m'amusent le plus, sont ceux qui contiennent des récits de chasso.

Or. il y a deux mois à peu près, A la suite d'une expérience à Montfaucon, dont vous a entretenu dans sou journal, la Science contre le Préjugé, mon savant ami, le docleur Meynard,— expérience qui. à la grande satisfaction de Devisme, avait parfaitement réussi/ 1}, nous dînâmes eu compagnie de médecins, de savants, de chasseurs et d'artistes.

Jules Gérard assistait à ce dîner. Jules Gérard, le tueur de lious, vous savez, et qui en est à son vingt-sixième lion.

Il y avait encore là un autre ami à moi, un Anglais, pardon, je me trompe, un Ecossais, grand chasseur, grand voyageur, arrivant de l'Inde, où il est reste neuf ans et où il a chasse le tigre comme tout Anglais ou Ecossais qui a ete dans l'Inde.

On parla des lapins de Bondy, des chevreuils de Villers- Colerets, des daims de Compiègne, des cerfs de Fontainebleau, des sangliers de Monlargis, et, en montant toujours, on en arriva aux tigres du Pendjab el aux lions de l'Atlas.

— Connaissez-vous Gordon Cumming ? demanda mon Ecossais à Gérard.

— De nom seulement.

— C'est après vous l'homme qui a tué le plus de lions.

— Oui, il en a tué vingt -deux.

— Sans compter cinquante éléphants, soixante rhinocéros. Et cinq ou six cents antilopes de toutes espèces.

— Je sais cela, dit Jules Gérard, et je compte aller ,i I/mdres tout exprés pour lui faire une visite de confrère.

J'étais profondément humilié ; il y avait à Londres un homme qui avait tué vingt-deux lions, cinquante éléphants, soixante rhinocéros et cinq ou six cents antilopes de tou-

.11 11 s'agit, Jaus la piche de la baleine, de substituer au harpon nu« balle conique et explosive.

tes espèces, et je ne connaissais pas cet homme.

— Quand allez-vous à Londres? demandai-je à Gérard.

— Oh 1 je ne sais précisément, répondit-il.

— Moi, j'y vais dans quelques jours ; le premier de uous deux qui fera le voyage annoncera à l'autre où demeure Gordon Cumming? dcmandni-je à Mackenzie.

— Où il demeure? je n'en sais rien. Mais son théâtre est situe Coeentry-Street.

~ Comment, son théâtre, il est directeur de théâtre?

— J'aurais du dire son exhibition !

— Cher ami, quesl-ce que son tfiédtre? qu'est-ce que son exhibition? Je suis profondément ignorant. IlciiMjignez-moi.

— C'est-à-dire que dans une grande paierie tapissée de peaux de lions, de peaux de tigres, de peaux de serpents hérisses, de cornes de springsboks, de gemsboks, de hartheesls, de wildebcesls, de défenses d'éléphants et de cornes de rhinocéros, il raconte lui-même ses chasses, faisant passer sous les yeux de ses auditeurs, et au fur à mesure qu'il raconte, les différents tableaux représentant les scènes les plus émouvantes do ses travaux herculéens.

— 'Nous irons voir cela, Mackenzic.

— Quand vous voudrez.

Quand vous voudrez était bien facile à dire. Moi aussi, comme Gérard, j'avais des empêchements pour aller directement à Londres ; d'ailleurs, pour aller à Londres, je m'étais donné un prétexte, et ce prétexte me fixait une époque.

J'avais prétendu, vis-a-vis de moi même, que j'avais besoin de voir les élections anglaises.

Vous comprenez bien que ce n'était pas vrai, et qu'à moins d'être atteint de dépravation politique, on n'éprouve pas de pareils besoins.

Mais quand je désire une chose, l'argent me manque parfois, les prétextes jamais.

Il en résultait quo tous les jours je parlais à Mackenzic de Gordon Cumming, lui faisant question sur question.

— Ecoutez, me dit-il un jour, il y a une chose bien simple à faire eu attendant que vous le voyiez, lui.

— Laquelle?

— Lire son voyage.

— Il l'a donc écrit.

— Oui ; c'est fort intéressant. Je vous apporterai cela demain.

— Vous l'avez?

— Non, je l'achèterai.

— Où cela ?

— Chez Stassin et Xavier, rue de la Banque.

J'appelai lui de mes secrétaires.

— Vite chez Stassiu et Xavier, rue de la Banque, les voyagea de Gordon Cumming.

— Cinq ans dechasset dans l'intérieur de l'Afrique, dit Mackenzie, voilà le véritable titre.

— Tu entends, Fontaine?

— Parfaitement.

— Dans un quart d'heure, mon livre.

— Je ne peux pas aller à pied rue de la Banque cl être revenu dans un quart d'heure.

— Prends une voiture.

Pour mon biographe, il y aura tout un inonde de réflexions philosophiques, physiologiques et morales, dans ces mots — prends vue voiture.

Que de fois, pour une chose qui valait vingt sous, mais que je voulais avoir tout de suite, ai- je fait prendre line voiture qui en coûtait quarante.

Je ne sais si Fontaine prit ou ne prit pas la voilure, niais un quart-d'heurc après, il rentrait triomphalement, son Gordon Cumming à la maiu

Je me jetai sur le livre, et, comme fait un enfant, je courus aux gravures.

Les gravures élaieut dignes du sujet.

C'étaient des éléphants faisant sauter, arbre par arbro,des forêts en l'air ; c'étaient des rhinocéros donnant la chasse au chasseur, an lien de la recevoir de lui ; c'étaient des myriades de chiens sauvages, la gueule ouverte et laqueue raide, entourant le narrateur dans l'intention bien visible de le dévorer : c'était Gordon Cumming, aidé de son petit Boschisman, tirant par la queue un boa de vingt-cinq pied de long, ou assassinant, à coups de couteau, un hippopotame dans une mare ; c'étaient, enfin, fixés sur le papier, les rêves les plus fantastiques que puisse faire un chasseur, soit pour son compte, soit pour le compte des autres. ^

F.n deux nuits et une journée, le volume compacto de Gordon Cumming, contenant à peu près cinq ou six de nos volumes ordinaires, fut dévoré.

Je n'en his que plus avide de voir Gordon Cumming et de causer avec lui.

Voilà pourquoi je vous disais, chers lecteurs, que je m'étais tout particulièrement logé àLciccsler-square, pour être dans le voisinage de l'exhibition de Gordon Cumming.

J'y étais.

Je courus aux affiches.

Tous les jours, Gordon Cumming avait séance de sept heures à dix heures du soir.

Les samedis seulement la séance était de jour, de trois à six heures de l'après-midi.

Nous étions justement arrives un samedi.

J'allai d'abord voir mon élection à Soulhwaik, — mais les élections n'étaient devenues qu'une chose secondaire.

C'était Gordon Cumming que je voulais voir.

Par bonheur les meetings étaient linis à deux heures, de sorte qu'à trois heures précises j'étais à l'ouverture du théâtre : j'entrai un des premiers et allai me placer sur une des bauquettes les plus rapprochées de l'avantscène. .

De là je regardai tout autour de moi.

Les souvenirs de Mackenzic lui avaient été fidèles ; la salle était bien telle qu'il me l'avait décrite : ce n'était le long des murailles que peaux de lions , peaux de tigres , peaux de panthères.

11 y avait la fameuse peau du boa de vingt-quatre pieds de long, que j'avais, dans la gravure, vu Cumming et son Hottentot tirant par la queue.

11 y avait des cornes de toutes les espèces — par milliers — les cornes on ne les comptait plus.

Il y en avait de courbes, de droites, de tordues, d'embranchées, do pointues, d'obtues, de fourchues, de mates, de luisantes, de rugueuses.

C'était, comme eût dit un gamin de Paris, ou Molière, s'il eût vécu de nos jours, c'était le désarmement complet de la garde nationale.

L'abord du théâtre était défendu par une haie de cornes de rhinocéros et de défenses d'elephants pesant de cinquante à trois cents livres.

Lavant-scène était pavé d 'écailles de tortues grandes comme des capotes de cabriolet.

Le spectacle était dans la salle avant d'être sur le théâtre,

l u piano place à ma droite s ; lit entendre.

Au milieu de toute celte décoration cornue, ce piano, jouant des polkas, faisait le plus drùle d'effet qui se pût voir.

\a> piano annonçait l'apparition de Gordon Cumming.

Gordon Cumming, IcsU et vigoureux bossais de cinq pieds six pouces, âgé de quarante-cinq aus à peu près, et vêtu de son costume national , en plissa entre le rideau et l'encadrement et parut sur le Proscenium.

Il fut salué par de nombreux bravos ; il était évident que les spectateurs étaient en partie des gens qui venaient , mais surtout des gens qui revenaient.

J'applaudis, comme les autres, et même plus fort que les autres. Cumming me remarqua, et, sans savoir qui j etais, me fit un salut particulier.

Puis il commença son speech.

Ceci c'était autre chose. Je comprends parfaitement l'anglais lorsque je le lis , pourvu que ce ne soient pas des vers de llyron ou de Burns ; mais je n'entends pas un mot do l'anglais quand on le parle.

A plus forte raison, quand celui qui parle anglais est un Ecossais.

Par bonheur, .je savais mon Gordon Cumming par cœur.

Ce qu'il disait, an reste, n'était qu'une espèce de discours préparatoire sur son enfance vagabonds an milieu des lacs, des torrents, des rochers cl des précipices.

la toile se leva, et Ton vit eu peinture, bien entendu, un enfant de quinze ans suspendu à une longue corde et essayant d'effaroucher deux ( normes oiseaux.

C'était Gordon Cumming dénichant des aigles.

A partir de ce moment, toute la vie de l'Ecossais passa sous les yeux du lecteur : chasse au spiïngsbook, chasse au gemsbook, chasse au hartkbeest, chasse au wildebeest, — chasse à la girafe, chasse au rhinocéros, chasse à l'éléphant, chasse au lion.

A partir de ce moment, je compris parfaitement, — et je pris, je l'avoue, un énorme intérêt aux aventures de ce vovageur, racontées et expliquées par lui-même.

Nous n'avons aucune idec de cette sorte de spectacle en France.

Chez les Anglais, peuple pratique, ils sont familiers. Si vous allez à Londres, chers lecteurs, allez voir Gordon Cumming.

Il va saus dire que je lui fis passer mon nom, que je restai après les autres cl que les autres partis, je causai nne heure avec lui.

Gordon Cumming parle, assez facilement le français.

Ce fut une seconde représentation ; mais, celte fois, pour moi seul.

Nous sortîmes à sept heures.

Nous pouvions, lo même soir, aller voir un autre spectacle, que l'on m'avait recommandé comme fort curieux :

— Le juge Nicholson

Si vous allez à Londres, et que vous égariez votre mil sur les murs, vous ne pourrez manquer de voir, parmi les autres affiches, une affiche représentant une grosse ligure rouge coiffée d'une énorme perruque, et, au bas de cette face joviale, ces mots :

— Juge Nicholson.

Vous demandez alors co que c'est que le juge Nicholson.

Celui à qui vous vous adressez regarde d'un air étonné et passe sans vous répondre.

Lu Anglais étonne fait quelquefois : Ilol S'il est trèsétonne, iï fait : Ho! ho! Mais, si étonné qu'il soit, il ne répond jamais.

Vous me demandez de quoi est étonné l'Anglais à qui vous demandez ce que c'est que le juge Nicholson.

Il est étonne que vous no connaissiez pas le juge Nicholson, voilà tout.

En effet, tout Londres connaît le juge Nicholson.

Je vous dirais bien ce que c'est que le juge Nicholson, mais la façon dont l'Anglais manifeste son étonnement, sans songer à repondre à la question qu'on lui fait, quand cettf; question l'etoune, est cause que je ne connais du juge Nicholson que ce que j'en ai vu.

Mais soyez tranquilles, chers lecteurs, ce que j'ai vu, je vais vous le dire.

Pardon, chers lecteurs, maison entre dans mon cabinet ; je suisà vous à l'instant même.

Savez-vous qui entre dans mon cabinet?

C'est mon imprimeur.

Devinez ce que vient me dire mon imprimeur

II vient me dire que non-seulement le journal est fait, mais regorge de copie.

Que, si je ne m'interromps pas ici, il ne pourra pas meltre ma Causerie.

Qu'elle a déjà dix pages de mon écriture, et que la manière dont j'y vais, elle menace d'en avoir vingt.

Que le Monte-Cristo n'en contient en tout que cin • quante.

Oue, si je ne veux parler ni de Montanelli, ni de M m « RUtori, ni de Gnzlan. ni de ta Famille Lambert, ni de Lafonr, ni de M«« Fargueil, ni de Lagrange, ni de M«« Bellecourt, on peut meitre m&Causerie.

Mais que, si je veux parler de tout cela, il faut qu.î le reste de ma Causerie soit remis au prochain numéro.

Au prrtchaiu numéro donc, chers lecteurs, les trois clioses dont il me reste à vous parler.

C'est-à-dire :

Un juge dans un cafe,

Un marchand dans un magasin.

Un coq sous une cage.

Donc, chers lecteurs, à jeudi prochain,— et en attendant

Vale et me ama, A. Dfv.vs.

P. S. Pardon, monsieur l'imprimeur, mais voici une petite lettre qui reclame sa place dans le post-scriptum. Je la décacheté à l'instant, Kt je lis :

Samedi .t.— Slonlt-Crislo restant.

Maître,

• J'ai vu jouer son drame en espagnol à Rio-Janeiro, • dites-vous, ou plutôt dit Berthaut-Monle-Hauban. Pourquoi pas en portugais ?

Est-ce un lapscr liitgus, comme dit le capitaine Berlhaud, ou une Ristori castillane etait-clle allée jouer au Brésil ?

Après tout, on dit bien j'ai vu Médie traduite en italien à Paris.

Quand les Mohicans paraîtront en volume, je saurai bien si M. de Monte-Hauban s'est trompé.

A jeudi et à toujours.

Pourquoi la semaine des quatre jeudis n'estr-elle pas une vérité pour le Monte-Cristo.

Tout à vous.

Vicomte de Coitutenav, si vous le permottez,

Un des premiers abonnés du Monte-Cristo, et qui, selon l'Evangile, sera aussi un des derniers.

Vous avez parfaitement raison, Vicomte; seulement ce n'est point un lapsœ liitgus. c'est un lapsus pluma'.

A partir d'aujourd'hui, le drame de Jean-Robert est traduit non-seulement en espagnol, mais en portugais.

Mille merci de la réforme que vous desirez introduire dans la semaine.

Ar.rx. Di mas.

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