‹ Le Moratorium Des Dépôts En Banque Et Des Comptes CourantsChapitre 27 sur 49 · COMPTOIR CRÉDIT INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

COMPTOIR CRÉDIT INDUSTRIEL

CRÉDIT LYONNAIS [SOCIÉTÉ GÉNÉRALE RS ie É e TOTAL

Capital et ré- j

SÉLVeS ee 425.090.000 377.247.500 240.902.700 52.410.375 |1.095.560.575 Encaisse et en :

banque. ...| 203.300.000 143.000.000 136.000.000 24.600.000 505.900.000 Dépôts de fonds.| 97.700.000 | 702.300.000 | 806.400.000 124.700.000 |2.613.100.000 Portefeuille

commercial.|1.585.300.000 |1.073.400.000 |1 188.700.000 123.400.000 |3.970.809.000

Reports, prêts et avances sur garanties| 410.200.000 412,000.000 | 263.000.000 86 700.000

Valeurs et par-

ticipations. .400.000 | 113.700.000 11 300.000 15.100.000 | 149.500. 000

Le]

Comptes cou-

rants crédi-

TOUTE RARE 1.405.200.000 Comptes cou-

rants débi- TéUrS EAU 732.200.000 | 660.500 000 | 201.300.000 23.000.000 |1.617.000.000 !

: Brian. — Il nous faut, d’ores et déjà, à l’occasion du tableau qui précède, faire une observation générale sur la facon dont sont établis les bilans de nos grands établissements de crédit. Nous avons vu qu’on reprochaït à ces bilans d’être trop obscurs, trop concis, et de ne pas mettre assez en relief la situation véritable des établissements auxquels ils se rapportent. Cette critique, ou plutôt ce desiderata pour l’avenir, nous le faisons nôtre. Essayons, en effet, d'étudier sincèrement le tableau ci-dessus. Que nous apprend-il sur la proportion, par exemple, des disponibilités et des immobilisations des quatre banques examinées ? Peu de choses, à la vérité, et beaucoup plus de probabilités que des faits tangibles et indiscutables. C’est pourtant là une des questions les plus importantes à résoudre pour connaître la solidité des banques de dépôts à un moment donné, pour savoir s’il leur serait possible à ce moment de faire face à leurs exigibilités d’une façon satisfaisante. Ces exigibilités comprennent les dépôts de fonds, les effets à payer et les comptes courants créditeurs. Parmi les dépôts, d’aïlleurs, certains sont à vue, d’autres à échéance fixe, et la distinction se manifeste généralement dans les bilans par l’existence de deux chapitres différents (Dépôts et bons à vue, — Bons à échéance fixe, pour le Crédit Lyonnais; Comptes de chèques, — Dépôts à échéance fixe, pour la Société Générale. De même pour le Comptoir d’Escompte et le Crédit Industriel et Commercial). Maïs quels sont les éléments qui forment la contre-partie des exigibilités immédiates? L'’encaisse et les fonds en banque, évidemment. Ensuite le portefeuille commercial. Maïs est-ce tout le portefeuille? Non, seulement la portion réescomptable à la Banque de France. Quelle est cette portion? Nous n’en savons absolument rien. De même, pour les avances sur titres ; certaines de ces avances peuvent être facilement mobilisables, sinon en totalité, du moins pour une forte partie: ce sont celles dont le gage, composé par exemple de rentes sur l’Etat ou d’obligations de chemins de fer francais, est de

ceux qu’accepte la Banque de France quand elle consent une avance. Donc, parmi les avances sur titres, certaines constituent pour les établissements de crédit qui les ont faites des disponibilités, d’autres des immobilisations. Or, nous avons vu, dans l’exposé préliminaire de cette section, l’importance que présente cette distinction; il serait donc particulièrement désirable qu’elle soit clairement exprimée dans les bilans et qu’elle apparaisse de la façon la plus nette aux yeux les moins exercés.

- Une profonde évolution s’est produite, en effet, depuis une trentaine d’années, dans la puissance des banques françaises de dépôts et dans le rôle qu’elles jouent dans l’organisme financier. Leur développement a été prodigieux, aussi bien au point de vue de l’importanee de leurs opérations que de leur diversité même. Et cependant, certaines méthodes sont restées routinières et ne se sont point améliorées ; aussi ne répondent-elles plus aujourd’hui aux besoins qu’elles prétendent satisfaire et ne correspondentelles pas davantage à la situation nouvelle que se sont acquises ces banques dans l’ordre social. Une de ces méthodes routinières est celle qui préside à la confection des bilans. Si elle était suffisante, certainement, au temps où les dépôts à vue ne dépassaient pas un certain chiffre et où les avances sur titres n’étaient que très peu en honneur, si elle pouvait se concevoir à l’époque où l’attention presque exclusive des établissements de crédit se portait sur l’escompte du papier de commerce et où le papier qu’ils escomptaient était presque toujours du papier bancable, elle ne cadre plus aujourd’hui avee la diversité des branches d’activité des grandes banques de dépôts, avec cette variété d'opérations qui, si elle est pour les banques un élément de prospérité et de sécurité dans les bénéfices, constitue tout de même pour la clientèle des déposants, en temps de crise, un véritable danger. Il est à souhaiter, et nous croyons même qu'il est du devoir du législateur d’en faire une obligation, que les bilans soient dressés en partant

LES SOCIÉTÉS DE CRÉDIT COMME BANQUES DE Dépôts 108.

d’une claire conception de la double fonction des sociétés de crédit : elles sont à la fois banques de dépôts et banques d’affaires, et chacune de ces qualités met à leur charge certains devoirs qu’elles ne peuvent méconnaître dans leur intérêt propre et dans l’intérêt de leur clientèle; il est done logique que leurs bilans fassent ressortir cette distinction et marquént mieux qu'ils ne le font actuellement. leur situation respectivement à ces deux points de vue. Somme toute, en effet, les établissements de crédit sont formés de deux départements (pour employer l’expression dont on se sert à l’occasion de la Banque d'Angleterre) : on ne peut dresser un bilan pour chaque département, mais du moins devrait-on s’efforcer dans les bilans de marquer d’une façon apparente cette double activité. Leur personnalité resterait unique, mais il serait du moins possible de dégager rapidement l’état de leurs opérations: leur crédit serait ainsi accru et leur puissance n’en pourrait être affectée. Voici, d’ailleurs, comment nous nous représentons ce que devrait être un bilan bien dressé; ce n’est pas à dire que le type en doive être immuable et ne sauraït être l’objet d’améliorations :

Tableaux.

Bilan de la Banque X... au...

ACTIF

1° Disponibililés immédiales.

en caisse.

Espèces à la Banque de France ou

dans les banques françaises.

: effets sur France Portefeuille re

en France, sur litres accep- Reports tés par la Banque de France en garantie.

Effets

à {sur France bancables.

l'encaissement

Rentes, actions, bons et

, obligations acceptés

PORAGUNE par la Banque de

ILres France comme couverture de prêt.

Avances ( Garanties acceptées par ue la Banque de France garanties comme couverture de

prêt.

2° Disponibililés précaires el immobilisations.

Espèces dans des banques étrangères.

Page 1