‹ Le morne au diable, drame en sept tableauxChapitre 27 sur 97 · TABLEAU II. SCÈNE II · texte numérisé non relu

TABLEAU II. SCÈNE II

DUPONT

Un salmis d'écureuils.

CROUSTILLAC

Des écureuils maintenant... et ça?

GRIFFON

Des filets de singes accomodés aux vers palmistes.

CROUSTILLAC

Capedebious ! des singes accomodés aux vers ! mais mordioux ! quel festin! Baltliasar en comparaison ne mangeait que des fèves.

GRIFFON

II faut bien faire honneur à son hôte.

CROUSTILLAC

Un hôte que vous ne connaissez guère; car vous ne me connaissez pas, mon brave père en Dieu.

GRIFFON

Très-peu, jeTavoue.

CROUSTILLAC

II faut que je me montre tel que le bon Dieu m*a fait : un portrait au vrai! au vrai? cela vous fait rire... et pourtant, foi de gentilhotume... cela vous fait rire encore... (Sérieusement,) Eh bien ! mon père, il y a un serment que je n'ai pas fait dix fois en ma vie... mais, voyez-vous... tout Gascon que je suis... Ton m'a cru... {Avec émotion.) quand j'ai juré par ma mère!

GRIFFON

Je vous crois, chevalier; pour tous, ce serment est sacré î

A la bonne heure ! Donc mon père, le chevalier de Croustillac avait un tout petit fief au fin fond des landes de Gascogne, etcomme tant d'autres gontilhommes campagnards, il était son propre métayer, poussant les deux bœufs de la charrue, le feutre sur l'oreille et la rapière sur le côte... Bon an, mal an, le petit fief rapportait cent vingt écus... nous vivions là-dessus... mou père, ma digne mère, moi et ma sœur... qui est bossue, la pauvre fille... Mon père mort, je dis à ma mère et à

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