TABLEAU II. SCENE II
trace de descente hostile ne vint juslifiercescrainles ; la curiosité n'en fut que plus excitée, cl de tous, j'étais celui qui restait le plus tard sur la plage pourcxaminer îes nîouvemcns du vaisseau mystérieux. Une nuit j'allais me retirer, lorsque deux hommes que je n'avais pas aperçus, sortent de derrière uneroche; l'un d'eux vient à moi, et d'une voix accentuée, mais qui n'avait rien de menaçant, me dit : Mon père, veuillez me suivre. J'obéis; dans une petite auj-c voisine une pirogut; nous attendait... Pendant le trajet, pas un mot ne fut échangé; à bord on nous reçut avec respect, etTonme conduisit dans la chambre principale, oii l'on me laissa un moment seul ; mais bientôt je vis rentrer mon guide; il tenait par la main une jeune fille d'une éclatante beauté. Tous deux, en silence, se mirent à genoux devant moi; je les regardais et je voyais des larmes dans leurs yeux... ce moment élaitsolennel... Mon père, me dit le jeune homme, je suis proscrit; cet ange a accompagné ma fuite... nous sommes libres... Elle n'a qu'un père retenu loin de nous, et qui l'a confiée à ma tendresse; moi, j'ai cessé d'exister pour le monde... mon père, bénissez-nous ; je promets entre vos mains d'avoir pour elle toutes les tendresses. Et moi je promets, dit une voix angélique, d'avoir assez d'amour pour qu'il oublie et ne sache plus qu'il a souffert dans le passé... Quand sous le sceau de la religion j'eus connu leur nom, leur infortune, je consacrai leur union, et jamais le prêtre n'appela sur un jeune couple avec une plus sainte ardeur les bénédictions du Dieu qui console. Depuis ce temps-là, chevalier, ma vie a un intérêt, et mon cœur n'est plus vide.
CROUSTILLAC
Ils sont restés près de vous ?
GRIFFON
Ils n'ont jamais habité le Macouba.
CROUSTILLAC
Et la jeune femme?